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CHAPITRE Vli. — MALADIES DU SYSTÈME LENTICULAIRE

11 fit confectionner, dans ce but, une aiguille, dite à succion, qu'il nous paraît superflu de décrire; on l'introduit à travers la sclérotique, comme dans e manuel de l'abaissement ; on ponctionne la lentille, à travers le feuillet hyaloidien du sac capsulaire, à sa partie inférieure, externe et postérieure ; des que I instrument aété ainsi engagé, on le tient immobile et on fait le vide.

Celte ressource nous paraît peu propre à figurer dans une pratique rationnelle. Une cataracte dure ne peut être pompée ; le procédé, sur ce premier chef, blesse inutilement l'organe et ajoute des complications à la maladie capitale. La cataracte est-elle molle, elle ne le sera, assez habituellement, que dans ses couches périphériques, qui pourront être aspirées, à la rigueur, mais le noyau restera en place, d'où résulte une opération incomplète. L'aspiration ne saurait donc être restreinte qu'aux cataractes liquides. Or, comme celles-ci sont rares, et comme il suffit paur en triompher, en fort peu de temps, d'une simple division de la cristalloïde antérieure, je me demande à quoi peut aboutir un expédient qui offre, outre une manœuvre compliquée et vulnérante, le désavantage d'une prédisposition aux cataractes secondaires.

Dans une note adressée à l'Académie des sciences (séance du 8 octobre 1860), M. Tavignot a donné la description suivante de son procédé applicable au traitement de la cataracte, et qu'il appelle Méthode galvano-caustique :

« L'appareil instrumental se compose de la pile Grenet à pédale et de deux tiges conductrices appropriées. Ces deux tiges , en ivoire , sont tout à fait pareilles et terminées à une extrémité par le prolongement du cordon métallique central auquel vient s'adapter le fil conducteur de la pile, et à l'autre extrémité par un pas de vis qui sert à recevoir une aiguille à cataracte de 16 à 18 millimètres de longueur. Tout ayant été disposé pour l'opération , le chirurgien y procède de la manière suivante :

Premier temps. — L'une et l'autre main armée d'une tige galvano-caustique, il dirige leur fer de lance de manière à traverser la circonférence externe de la cornée dans deux points différents, mais non opposés, le premier correspondant au diamètre transversal , et le deuxième au diamètre vertical de l'œil. C'est la ponction externe qui est pratiquée la première ; l'inférieure l'est ensuite et presque aussitôt.

Deuxième temps. — 11 suffit de presser avec le pied sur la pédale de la pile pour rendre incandescent l'un des fers de lance tenu en contact avec l'autre; on peut alors, à l'aide de mouvements de jonction et de disjonction des aiguilles, détruire la capsule antérieure dans toute l'étendue du champ pupillaire, et réduire simultanément le cristallin lui-même en une sorte de détritus informe dont la résorption fait ensuite promplement justice.

Troisième temps. — On cesse la pression exercée avec le pied; dès lors la pile ne fonctionne plus, et les aiguilles, refroidies, sont dégagées rapidement de la chambre antérieure de l'œil.

Cette opération est d'une exécution très-rapide , peu douloureuse et d'une précision extrême, à cause de l'immobilisation absolue du globe oculaire. Grâce à la transparence de la cornée, on peut suivre un à un chacun des mouvements imprimés aux instruments, calculer leur portée et régulariser ainsi leurs effets.»

£>i)0 L1V1UÎ H, — MALADIES DU GLOBE OCULAIRE.

Ce procédé, qui n'a été appliqué que par son auteur, n'a point encore reçu la sanction de l'expérimentation clinique.

Les personnes livrées à l'exercice de la médecine vétérinaire s'accordent à considérer les chiens et surtout les chevaux comme étant le plus exposés à la cataracte parmi les animaux domestiques. Elle est le plus habituellement occasionnée chez le chien, comme chez l'homme, par les progrès de l'âge; dans le cheval, elle semble plus commune pendant la jeunesse, et son apparition est fréquemment accompagnée de l'écoulement de matières muqueuses par les fosses nasales et de fluxions oculaires, qui causent plus souvent toutefois des opacités à la cornée que dans le système lenticulaire. On a remarqué que les chevaux habitant des pays marécageux y étaient plus particulièrement sujets.

Les circonstances, qui font parfois disparaître cette affection dans l'espèce humaine, peuvent avoir les mêmes effets chez les animaux. Tel était le cas d'une vieille chienne dont parle Saint-Yves : «On fut un jour surpris, dit-il, de ce que cette chienne, contre son ordinaire, voyait à se conduire. J'aperçus dans l'un de ses yeux une cataracte qui était à moitié tombée, de telle sorte qu'il passait assez de lumière dans le fond de l'œil pour qu'elle vît. »

L'indocilité des animaux s'oppose à ce qu'on pratique chez eux l'extraction; l'abaissement, et au besoin la discision, sont les seules méthodes applicables. Quant au choix des aiguilles pour la réclinaison par scléroticonyxis chez le cheval, à la manière de contenir l'animal, de le soigner avant et après l'opération, etc., nous ne saurions mieux faire que de renvoyer le lecteur à l'excellent travail de M. Leblanc K D'après M. Dupuy, les conditions morbides de quelqu'un des filets dentaires de la cinquième paire peuvent, chez les chevaux, exercer sur les suites de la dépression une grande influence , la faire même manquer entièrement. On consultera avec intérêt à cet égard une communication faite par lui à l'Académie de médecine 2.

i Leblanc, Traité des maladies des yeux observées sur les principaux+animaux domestiques, principalement le cheval. Paris, 1 824 . s Voir la Gazette médicale de Paris, année 1838, p. S\0.

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