DE L'HYALITE ET DE LA SYNCHYSE
L'inflammation de la membrane hyaloïde (hyalite, hyaloïdite) serait caractérisée, d'après quelques auteurs, par l'existence d'un obscurcissement profond, étendu et d'un blanc légèrement grisâtre; ce symptôme serait associé à une diminution, parfois même à la perte de la vue et à des douleurs, le plus souvent obtuses, dans les profondeurs de l'organe et dans la tête. Il résulte de la constitution delà membrane hyaloïde (page 16) qu'elle n'est pas plus sujette à être frappée de phlegmasie que la capsule cristalline; l'hyalite doit donc être rayée des cadres nosologiques, les caractères qui lui ont été attribués dénotant toujours la souffrance d'éléments voisins du corps vitré, et plus particulièrement de la choroïde. (Voy. Glaucome.)
Le réseau délicat qui contient l'humeur hyaloïdienne est-il détruit plusou moins par la dissolution et la disparition de la trame qui le constitue , le corps vitré subit un ramollissement ou une liquéfaction qui porte le nom de synchyse ou de synchysis. Quand cette altération s'est élevée à un haut degré de développement, elle se révèle par de l'iridodonésis (page 399), et le plus souvent parmi état de mollesse et de flaccidité du globe très-appréciable au toucher.Dans quelques cas néanmoins, cet organe est plusrénitent que dans les conditions physiologiques, état qui s'explique par un excès d'humeur aqueuse accumulée dans la coque ophthalmique et par la turgescence vasculaire de ses membranes. La luxation, le déchatonnement même du cristallin, susceptible de devenir plus ou moins rapidement opaque, peuvent être les conséquences de la liquéfaction du corps vitré. Dans d'autres circonstances, celle-ci semble n'avoir envahi que quelques couches isolées de la vitrine; il est difficile d'admettre que les corps flottants dont il sera bientôt question puissent obéir aux mouvements d'ascension et de dépression auxquels ils sont livrés, si le corps vitré conservait l'intégrité de sa consistance normale, si son cloisonnement restait partout intact, s'il n'y avait point une dissociation des cellules hyaloïdiennes dans une région plus ou moins étendue. Le mouvement parfaitement libre des corpuscules dans le corps vitré ne suffit pas, a-t-on dit, pour dénoter une destruction quelconque de s trame. Nous ne saurions, provisoirement au moins, adhérer à une telle opinion.
gC)2 UVUK II. — MALADIES DU GI.OBK OCULAIRE.
Dans quelques cas d'ailleurs nous avons vu les corps voltigeants ne monter et ne descendre que dans un espace circonscrit, ce qui semblait indiquer une localisation très-bornée du ramollissement.
Les causes dusyncbysis échappent fréquemment à nos recherches. 11 paraît le plus communément lié à une souffrance des parties profondes de l'organe visuel, et plus particulièrement de la choroïde. On a invoqué une condition pathologique inconnue de la cinquième paire, qui préside aux fonctions de nutrition et°de sécrétion dans l'oeil, les blessures et les contusions de cet organe, etc. L'usage prolongé des mercuriaux serait susceptible de donner lieu à la synchyse d'après Beer et Fabini. Nous avons vu trop de sujets largement user des préparations hydrargyriques, sans être atteints de cette maladie, pour que nous adoptions une telle opinion; si elle était exacte, les doreurs sur métaux, lesétameurs de glace, les divers ouvriers adonnés à la manipulation des substances mercurielles ne seraient-ils pas prédisposés au synchysis?
traitement. — Cette maladie paraît au-dessus des ressources de l'art. On a proposé contre elle la salsepareille, le ealamus aromaticus , le quinquina, les ferrugineux, les vins généreux, une alimentation substantielle. Le sujet est-il d'une complexion faible ou débilité par des maladies antécédentes, rien n'empêche de recourir à ces agents, sur lesquels on ne peut compter beaucoup, bien que nous devions ajouterque Chelius dit avoir vu le synchysis, à ses débuts, tresheureusement modifié, chez des individus cachectiques, par l'emploi des toniques des frictions spiritueuses sur la région circumorbitaire, et l'application souvent réitérée des exutoires sur le trajet du nerf frontal. Il me paraît rationnel d'avoir surtout égard aux conditions intra-oculaires qui semblent tenir le synchysis sous leur dépendance, et d'agir en conséquence.
J'ai rencontré des malades qui ne trouvaient aucun soulagement dans 1 em ploi des lunettes, quelles qu'elles fussent; d'autres voyaient mieux avec d verres concaves, quelques-uns avec des verres convexes. Ces différences exph auent la divergence des auteurs en ce qui a trait à la portée de vue dans la synchyse. Toutefois, c'est la myopie qui m'a paru lui être le plus communément associée.
CORPS FLOTTANTS, CHOLESTÉRINE , ENTOZOAIRES, &ANCHEMENTS SANGUINS ET AUTRES ALTÉRATIONS DU CORPS VITRE.
Les corpuscules de dimensions variables, qu'on voit flotter dans la vitrine , W semblent reconnaître une origine sujette à varier. Nul doute qu .1 n y a t dan certains cas migration vers le corps vitré de quelques parcelles du pgfl» choroïdien. Dans d'autres circonstances , ce sont des exsudais plastiques, productions fibro-albumincuses , soit que ces obstacles aient pour poini