GÉNÉRALITÉS
Dans son aeccptipn la pli|S générale, l'amaurose peut être définie un affaiblissement pu la suppression des fonctions dévolues à la rétine, que cette membrane soit clle-inéiue. primitivement affectée, ou que les désordres aient pourpoint de départ des organes en cçrrélatjon avec elle. La dénomination de goutte-sereine (suft'usio nigra) provient de l'idée que les anciens se faisaient de la nature de cette maladie. Ils s'imaginaient, en effet, qu'une humeur, assez transparente pour ne point altérer l'aspect normal de la pupille, se déposait dans le champ de celle-ci, de manière à intercepter la progression des rayons lumineux.
A un faible degré, l'amaurose est désignée sous les noms à'hebetudo visas , Wamblyopie. A une période plus avancée, c'est l'amaurose confirmée, incomplète quand le sujet voit encore, complète quand il ne voit plus.
Le professeur Jûngken a essayé de préciser ces dénominations. 11 y a, dit-il, hebetudo visus lorsque le malade aperçoit encore des objets d'assez petites dimensions, mais n'est plus- en état d'appliquer ses yeux, comme dans les conditions habituelles. Une amblyopie existe quand la vision est assez trouble pour que les petits corps ne puissent plus être distingués qu'imparfaitement. Dans l'amaurose proprement dite, les petits objets échappent aux regards, les plus volumineux étant constatés seuls d'une manière plus ou moins lucide, ou se dérobant complètement à la vue.
On peut admettre, en thèse générale, que la cause prochaine des maladies qui nous occupent réside, soit dans une compression exercée sur la rétine ou sur les parties d'où elle émane, soit dans un changement de structure de l'un ou de l'autre de ces organes, soit enfin dans un trouble nerveux, ce qui parait plus rare, l'idée d'une amaurose purement fonctionnelle étant même rejetée par des ophtalmologistes.
Les deux yeux ne sont pas toujours envahis en même temps. L'un est fréquemment affecté plus ou moins longtemps avant l'autre. Parfois encore un œil reste sain durant toute la vie, pendant que son congénère est amblyopique ou affligé d'une cécité radicale. On peut établir en principe qu'il n'existe pas de danger pour le globe qu'a respecté la maladie, quand l'autre est devenu amaurotique par une cause tpute locale, comme une lésion {raumatique qui n'a sévi que sur cet organe. La perturbation visuelle est-elle due à une congestion cérébro-oculaire, franche ou sourde, à quelque vice constitutionnel, comme une syphilis invétérée, on ne saurait disconvenir qu'il n'y ait là une prédisposition qui demande à être surveillée avec soin.
documents écologiques. — Des erdauts naissent amaurotiques sans présenter aucun symptôme d'épanchement dans la cavité crânienne, aucune condition appréciable qui pujsse nous expliquer la privation de la vue. L'observation démontre qu'elle est presque toujours incurable dans cette occurrence; elle dé-
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pend, on ellct, do vices organiques congénitaux, auxquels il ne nous est pas donné de remédier.
On a vu la cécité amaurotique s'établir subitement (apoplexie oculaire), pendant des éternuments violents, par une commotion quelconque du cerveau ou de l'œil ; des symptômes de congestion vers la tète ont parfois précédé ou accompagné l'accident; il s'est manifesté dans d'autres cas, sans signe de polyémie céphalique , le malade perdant en un clin d'oeil et radicalement la faculté visuelle. Chez M. P..., la cécité surgit soudainement à un œil par les vomissements du mal de mer. Il est rare , d'après mes observations, que la vision s'éteigne ainsi aux deux yeux à la fois. Le cerveau m'a souvent paru le point de départ de tels désordres ; une goutte-sereine et un strabisme paralytique se sontils manifestés tout à coup, il y a des probabilités pour une lésion encéphalique. Il existe encore des amauroses par congestion subite ou par déchirure des vaisseaux des profondeurs de l'organe visuel, cas dans lesquels la trame nerveuse de la rétine peut être comprimée ou déchirée, et sa faculté sensoriale émoussée ou éteinte.
Des sujets ont été frappés de goutte-sereine pour avoir subitement exposé à l'éclat d'un jour vif leurs yeux qui en étaient privés depuis longtemps. On sait d'ailleurs que les prisonniers enfermés dans des cachots ténébreux finissent par ressembler, quant à la vue, à certains animaux nocturnes, "destinés par la nature à poursuivre leur proie dans les ténèbres, comme la chouette, le chat-huant ; il leur suffit du petit nombre de rayons épars dans l'obscurité pour en recevoir des impressions profondes, et distinguer des objets d'un petit volume et invisibles pour toute autre personne. J'ai été consulté par un bon nombre de malades chez lesquels des affections amaurotiques avaient pour source une contemplation prolongée des éclipses du soleil.
Les lésions du même genre peuvent reconnaître pour cause une lumière vive réfléchie par un mur blanc, par des rochers élevés, par un sol couvert de neigé ou d'un sable fin. Si une lumière trop éclatante est funeste à l'œil, il ne faut pas en conclure que moins elle est intense, plus elle exerce sur cet organe mie influence salutaire. Des occupations exigeant des efforts de vision lui sont tr&j fatales à un jour insuffisant, ce qui s'applique encore au travail, le soir, sur les objets de couleur sombre.
La fatigue longtemps prolongée de l'organe et son application sur des corps dont le petit volume demande de grands efforts de vue (hypéropsie) ont sur l'on] une action pernicieuse, surtout chez les presbytes. Contrairement au myope, le presbyte est destiné par la nature à la contemplation d'objets éloignés. Obligezvous sa vue à s'ajuster à la perception de corps minutieux et placés près des yeuxj elle le pourra, dans beaucoup de cas, si les globes sont doués d'une organisation vigoureuse; elle faiblira dans d'autres, et sa souffrance se traduira par de la lassitude d'abord, et plus tard par l'amblyopiç, appelée avec juste raison presto tique, et par des désordres plus graves. C'est ainsi que les sujets élevés à la vie des champs et se couchant avec le soleil seront susceptibles de devenir amaurotiques, si vous en faites des horlogers ou des graveurs travaillant aux lumières artificielles. On devra conseillera ces malades, qui ne pourront abandonner