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CHAPITRE I. — DIAGNOSTIC

foires de ce diaphragme. Us diffèrent, en général, pour chaque couleur normale et débutent au petit cercle. C'est ainsi qu'un iris peut devenir verdatre d un brun rougeàtre, cuivré, etc. ; il peut aussi paraître couvert d'une sorte de fumée blanchâtre ou mêmed'unc matière lymphatique épaisse, et présenter des tumeurs nommées condylomes et qui nous ont toujours paru une émanation du mal vénérien Dans le glaucome, dans quelques choroïdites, des taches plombées sont susceptibles de se montrer sur la cloison iridienne. Des racontés en sillonnent parfois la surface, surtout dans ses inflammations chroniques. L iris, guéri d'une phlegmasie, peut rester pâle, décoloré, disposition que j'ai également rencontrée, dans quelques cas, quand une cataracte, opérée par discision, avait demandé un temps très-long pour se résoudre. Remarquez, d'ailleurs, qu'une coloration iridienne qui, dans un globe enflammé, diffère de celle de son congénère, ne dénote pas toujours une iritis, les deux iris pouvant congénitalement varier de teinte (hétérophthalmos). L'iris est sujet aussi à être le siège d'une foule de bigarrures qui ne constituent pas une condition pathologique, mais dérivent d'une conformation native.

L'iris peut être fendu à l'instar d'un bec de lièvre (coloboma de l'iris) ; il peut être soudé aux parties limitrophes ou être en proie à des mouvements ondulatoires (iridodonésis). La pupille peut être rétrécie spasmodiquement (myosis) ou par des adhérences; on la trouve parfois oblitérée (atrésie de la pupille). Elle peut être déformée (discorie), déplacée (corectopie) ; il peut y avoir plusieurs pupilles (polycorie). La dilatation anormale cet orifice constitue la mydriase.

Le pigmentum iridien remplit aussi un rôle dans le diagnostic. Accumulé sur la capsule antérieure, il donne lieu à la forme, dite pigmenteuse, de la cataracte. Il peut se déposer par points ou par plaques sur les fausses membranes qui encombrent la pupille, garnir les liens qui constituent les synéchies et s'incruster même dans les opacités cornéales. Les taches, dites de rouille, que l'iris présente si souvent, proviennent d'une sorte de transsudation congénitale du pigment, qui tapisse la face postérieure de ce diaphragme, à travers la trame organique de cette membrane.

11 y aurait erreur à croire que la pupille fût constamment dilatée et immobile dans les affections amaurotiques. Nous verrons plus tard qu'elle peut même être contractée ; souvent nous l'avons trouvée pourvue de mobilité, disposition rare dans la goutte- sereine avec cécité complète, mais susceptible néanmoins d'exister, dans cette circonstance. Au rapport de Lucas, les cinq enfants d'un ministre protestant, tous nés aveugles, sans pouvoir distinguer le jour de la nuit, avaient cependant les iris sensibles à l'action des rayons lumineux.. J'ai observé plusieurs faits du même genre.

L'interprétation du phénomène qui nous occupe a donné lieu à des hypothèses de toutes sortes, sans que cette question épineuse ait été résolue définitivement.

Il paraît probable, d'après Mackenzie, que dénué, dans cette occurrence, de sensibilité pour l'impression de la lumière, le cerveau conserve encore le pouvoir de réagir sur la troisième paire, et de lui fournir l'impulsion nécessaire à la mobilité iridienne. Dans sa pensée, une maladie qui intéresse les tubercules

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quad ri jumeaux ou, en d'autres termes, l'origine des nerfs optiques, ou qui affecte une partie quelconque du iractus opticus, entre ces tubercules et le point de communication qui lie les nerfs optiques à ceux de la troisième paire, quel que soit le lieu où celte communication s'accomplit, doit engendrer la cécité, mais laisser intacte l'influence des nerfs optiques sur la troisième paire. Les gouttes sereines, au contraire, dans lesquelles les pupilles sont dilatées .et immobiles, ne dépendraient-elles pas, d'après le même auteur, d'une lésion intracràniennc plus étendue, ou localisée de telïé sorte qu'elle comprenne la partie du cerveau dans laquelle les nerfs optiques impriment leur influence à la troisième paire?

Lusardi attribue la possibilité des mouvements de l'iris, en présence d'une rétine frappée d'inertie, à l'excitation, aux vibrations variables, que reçoivent, de la part des rayons de lumière, les filets nerveux épanouis dans ce diapbragme. Lorsque, dans l'amaurose, dit-il, cette cloison est immobile, c'est que la maladie a envahi non-seulement la rétine et le nerf optique, mais encore les nerfs émanant du ganglion opblhalmique. Ce dernier et les filets qu'il fournit sont-ils dans leurs conditions plrysiologiques, l'innervation de l'iris n'est plus en souffrance, et il est apte à se mouvoir. Si le contraire a lieu, dans la mydriase idiopathique, cas dans lequel la vue est conservée et la mobilité indienne abolie, c'est qu'alors la rétine est saine et le système ciliaire affecté.

On a allégué la persistance de l'intégrité des filets ciliaires répandus dans la réline et signalés par .Tiedemann et Ribes. Dans cette hypothèse, l'impression engendrée par un corps lumineux excite les filets ganglionnaires de la membrane sensitive, puis réagit sur les nerfs de l'iris.

Dans les amauroses unioculaires, la pupille de l'œil compromis a parfois les mômes diamètres que la pupille de l'œil sain, et est tout aussi mobile que celle de ce dernier, tant que les deux globes sont soumis à l'action de la lumière. Mais, vient-on à boucher l'organe non altéré, laissant son congénère seul exposé au grand jour, on y voit l'ouverture pupillaire se dilater, et conserver cet état d'agrandissement, jusqu'à ce que l'œil sain soit découvert; les deux pupilles se contractent et se dilatent alors ensemble. Nul doute, dans cette occurencc, que le mouvement transmis au cerveau, par l'intermédiaire du globe non amaurotique, ne retentisse dans l'œil lésé, mais seulement eu égard à l'un des éléments nerveux chargés de la mobilité indienne, c'est-à-dire de la troisième paire demeurée saine. Cette affinité entre les deux yeux est démontrée par bien d'autres faits cliniques sur lesquels nous reviendrons plus lard. 11 arrive parfois encore, dans les amauroses unilatérales, que la pupille de l'œil malade soit pourvue de mobilité, mais d'une mobilité lente, paresseuse et peu étendue, tant que cet organe est seul soumis aux alternatives de lumière et d'obscurité, ses mouvements venant égaler en intensité ceux de l'iris cle l'autre globe, quand ce dernier est successivement démasqué ou couvert par le soulèvement ou rabaissement de la paupière supérieure.

Il résulte des expérimentations du professeur Longet que, quand on soumet à une irritation mécanique ou galvanique un seul des tubercules quadnjumeaux ou bijumeaux, selon l'espèce animale, celte irritation n'excite pas uniquement les contractions de l'iris opposé; ses effets se manifestent aussi dans

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l'iris du même côte. M. Longet a également constaté des mouvements simultanés dans les deux ouvertures pupillaires, en pinçant ou piquant, après division le bout encéphalique d'un seul nerf optique. 11 se rend compte de ces résultats, en admettanl que, dans les deux cas, une lumière subjective impressionne l'animal; il cite, à l'appui de son explication, la réaction des deux pupilles qui suit la sensation lumineuse procurée à l'aide d'un seul nerf optique sain, quand l'un des yeux est atteint d'amaurose complète. Les faits pathologiques en apparence opposés, et dont les uns semblent démontrer la décussation et les autres la non-désussation des nerfs optiques, ne sont nullement en contradiction, d'après ce physiologiste distingué ; tous s'expliquent, à l'aide d'un entrecroisement particulier de ces derniers nerfs.

M. Brown-Sequart a observé que, lorsqu'on a ouvert la pupille et en même temps les deux tiers de l'iris et qu'on fait tomber les rayons lumineux sur le tiers resté libre de ce diaphragme, la pupille se resserre. Le phénomène, dit-il, trouve son explication dans ce fait bien connu qu'une fibre musculaire n'a besoin, pour se contracter, que d'être excitée sur un point quelconque de sa longueur. La lumière de la lune, bien que son intensité ait été évaluée à trois cent mille fois, au moins, au-dessous de celle qui vient du soleil, peut faire contracter aussi l'iris de l'homme et des mammifères.

Chambres oculaires. — Quelques conditions font varier la capacité des chambres. C'est ainsi que la chambre antérieure peut être rétrécie par une synéchie antérieure, par une cataracte volumineuse qui refoule l'iris en avant, et même par une simple turgescence sanguine de ce diaphragme, dans les amblyopies congestives. La chambre postérieure, déjà si exiguë, peut être abolie par une cataracte adossée à l'iris, par des brides établies entre ce diaphragme et la cristalloïde antérieure. Du sang (hypohœma), une matière lymphatique ou puriforme (hypolympha, hypopyon), peuvent s'accumuler dans cette partie de la cavité ophthalmique.

Lorsque la matière colorante de la bile se mêle au sang, comme dans la fièvre jaune et dans l'ictère, la sclérotique, d'abord, et, à un plus haut degré de la maladie, l'humeur aqueuse, se colorent en jaune en même temps que l'iris change de couleur. Cette membrane devient verte, lorsque sa couleur normale était bleue (Ruete).

Appareil lenticulaire. — Une opacité blanche, grisâtre ou jaunâtre, placée derrière la pupille et plus ou moins éloignée d'elle, se voyant de côté comme de face, et entourée d'un anneau noir, dont nous expliquerons plus tard la condition anatomique, indique communément une cataracte cristalline, qui peut offrir des variétés nombreuses appréciables surtout à l'éclairage oblique. Les mouvements de la pupille sont habituellement normaux dans cette forme morbide; dans quelques cas, ils sont bornés et peuvent même être abolis. Les cataractes capsulaires pures sont aujourd'hui à peu près rejetées du cadre nosologique; le sac capsulaire toutefois peut être occupé par des produits pseudo-membraneux, qui, émanant des parties voisines, sont susceptibles d'apporter dans la vision des troubles sérieux.

Corps vilré. — 11 peut être le siège d'un degré plus ou moins avancé de liqué-

■48 LIVIIK l. — CONSID&UTIONS GENERALES.

l'action, devenir trouble, ôtr :cupé par des obstacles de tous genres: corps flot

tants, épânchements sanguins, paillettes de choies Lërine , cysticerques , états pathologiques pour la constatation desquels l'ophthalmoscope nous est d'un grand secours.

Fond de l'œil. — Rien que quelques décollements de la rétine, le l'ongus médullaire de cette membrane, les produits plastiques qui le simulent, etc., puissent être appréciés à l'œil nu ou à la loupe, on en aura surtout une idée précise par l'exploration oplithalmoscopique.

Le fond des yeux des amaurotiques présente souvent une pâleur insolite, une teinte blanchâtre, phénomène noté déjà par Haller, par Lassùs, parJanson (de Lyon), par un grand nombre d'autres auteurs, et qui en impose quelquefois pour un commencement de cataracte. On admet généralement que c'esl le tissu rétinien, altéré dans sa texture moléculaire, et ayant perdu sa transparence, qui devient visible. On a dit que le trouble en question pouvail être aperçu davantage dans les yeux à iris bleu ou à teintes claires, à cause de la' coloration moins foncée du pigment. Je ne crois pas, comme semble le penser Carron du Villards, que ce symptôme dénote plutôt un commencement de désorganisation de quelques feuillets de l'hyaloïde.

Abstraction faite de certains glaucomes à invasion foudroyante, et qui offrent d'ailleurs des caractères pathognomoniques , on peut établir qu'une congestion cérébro-oculaire récente ne produit pas de trouble amaurotique au fond des globes. L'amaurose dite congestive, avec existence de cette opacité, n'est plus constituée par une congestion pure et simple; un travail phlegmasique s'est établi, travail procédant, en général, sourdement, avec lenteur, en donnant heu à des mutations matérielles. Aussi l'observation démontre-t-elle que c'est surtout dans la goutte sereine rétinienne invétérée que la teinte opalique se manifeste. Une femme, devenue aveugle, depuis peu de temps, par suite d'une amaurose sthénique, étant venue à succomber, Langenbeck en lit l'autopsie, et trouva les rétines frappées d'un haut degré d'hypérémie, bien qu'avant la mort le fond des globules parut d'un beau noir1.

11 faut, dans l'appréciation de la teinte qualifiée d'amauro tique, avoir égard aux particularités suivantes, qui peuvent s'ajoutera celle-ci ou en simuler l'aspect.

1° Très-fréquemment, chez les sujets âgés, le fond des yeux se décolore, par suite de la diminution d'action de la choroïde et d'une décroissance dans la sécrétion pigmenteuse. C'est encore à la diminution d'action du système vasculaire de l'œil qu'il faut attribuer d'autres mutations surgissant à une période avancée de la vie : l'aplati sèment du miroir, la presbytie, le cercle sénile, le gé rontoxon delà lentille, etc. Beer admet que l'amblyopie des vieillards peut être la conséquence du défaut du pigment choroïdien , la rétine étant, dans cette circonstance, trop fortement impressionnée par la lumière.

2" Les cristallins, chez les gens âgés, contractent, dans la région surtout du noyau, une teinte louche.

i A. Kussmaul, Die Furbènersclwinungcn im Gnmde des menschlielten Auges. Ileidelberg, 1845.

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