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CHAPITRE IX.— MALAIOES HE LA CI10R0ÏRE ET HE LA RETINE

Mercunaux. — C'est dans le groupe des amauroses sthéniques qu'il faut placer le mercure, que Delpech considérait comme le moyen le plus eflicace d'abaisser l'intensité de la vie, et dont Travers a dit qu'il l'avait vu trop soûlent arrêter soudainement l'aniaurose, pour ne pas l'estimer beaucoup plus baut qu'aucune autre substance de la matière médicale. 11 paraît fonctionner ici en procurant la résolution d'obstacles divers, d'épanchements crâniens ou autres qui créent et entretiennent mécaniquement Le trouble de la vision (page I 10). Le sublimé à faibles doses, et longtemps continué, nous a rendu à cet égard le plus de services. Sous son influence, une boule noire, que Gaudet distinguait de l'œil droit, diminua peu à peu à un point tel, qu'elle se transforma en un croissant de même couleur ; ce dernier se convertit à son tour en un nuage qui liait par s'évanouir. Le sublimé fut encore le principal remède que j'employai cbez Lefèvre, de Vitré (llle-et-Vilaine), qui se présenta pour la première fois à mon dispensaire en janvier 1852. Sa vue, à cette époque, se trouvait dans des conditions déplorables ; il était souvent assailli par l'apparition de corps étincelants et de filaments de toute nature; la flamme d'une bougie lui semblait plus volumineuse qu'elle ne l'était en réalité et déchirée sur ses bords., Or, à son départ de Paris, en juin de la même année, tout brouillard avait disparu ; les objets les plus minutieux étaient aisément distingués ; telle était même la portée de la vue que Lefèvre avait pu apercevoir un ballon dans les nuages1.

Belladone. Aconit. — Les propriétés hyposthénisantes de la belladone ont été invoquées contre les amauroses sthéniques; on l'a administrée à l'intérieur, combinée parfois avec le calomel, ou à l'extérieur2. On peut formuler partie égale d'extrait de belladone et de cérat, avec quantité suffisante d'huile, pour faire une pommade homogène, laquelle est destinée à des frictions sur la région fronto-temporale. La belladone m'a paru principalement indiquée, quand une •vive photophobie et des photopsies dénotaient un état d'éréthisme de la réline (page 125). L'extrait alcoolique d'aconit mérite de figurer également en première ligne dans les médications de ce genre (page 127),

Dérivatifs cutanés. — Juge-t-on l'intervention des vésicatoires efficace dans le traitement des aumauroses sthéniques, il ne faudra jamais les poser trop près de l'organe malade (page 112). Quelques autres éléments thérapeutiques, appartenant à cette même catégorie, ont été précédemment signalés (page 114), et nous aurons encore à y revenir.

Remèdes divers. Moyens hygiéniques. — Nous employons peu la limonade sulfurique et l'eau de Rabel, que plusieurs oculistes conseillent dans les conditions

1 L'observation qui a trait à ce malade a été consignée par moi dans Y Union médicale {De C efficacité du sublimé corrosif dans quelques amauroses non syphilitiques, année 1852, p. 442). Lefèvre, que je vuis de temps à autre, habile aujourd'hui Paris. Sa guérison est complète,

2 Le principe homœopathique similia similibm curanlur paraît avoir été heureusement appliqué dans un fait cité par le P. Debreyne. Les instillations d'une soluliou bel- Iadonée dans un œil mydrialique déterminèrent h. contraction de la pupille, d'où le retour de la vision à des conditions normales.

(j2() LIVRE H. — MALADIES DU GLOBE OCULAIRE.

(|iii nous occupent. La santonine, préconisée contre les choroïdites exsudatives* s'est montrée, dans notre pratique, d'une inefficacité complète. Les précautions hygiéniques, et surtout le repos des ■yeux, sont ici d'une grande importance (page 496). L'existence de la photopliobic pourra militer pour la prescription de verres fumés (page 202).

2° amauhoses astiiéniques. — Les stimulants, les antiparalytiques proprement dits, sont applicables à cette catégorie d'alléctions amauroliques. Une grande circonspection doit être apportée dans le choix et dans le mode d'administration de ces agents, de ceux surtout qui ont le plus d'énergie. Graduer la stimulation, c'est-à-dire commencer par des excitants faibles pour s'élever peu à peu à d'autres phis énergiques, est une règle dont il ne faut pas se départir, si l'on veut obtenir des succès dans le traitement des amauroses de ce genre. Par une vive excitation, l'organe frappé de torpeur est susceptible de se congestionner, de s'enflammer même, et de devenir le siège d'une complication pernicieuse qui n'existait pas auparavant.

Mélanges pour frictions et vaporisations . — Les stimulants du degré le plufaible que nous employons sont les alcoolats de romarin, de lavande, de mélisse, le baume de Fioraventi, avec ou sans addition de camphre, d'éther sulfurique, d'huile essentielle de girofle ou de menthe. Le malade en verse une cuillerée à café dans la paume de la main, pour frictions sur le front et les tempes, si les deux yeux sont affectés, sur le front et la tempe, du côté compromis, si un seul organe est envahi ; puis les yeux ou l'œil sont exposés à la vapeur du même remède, que l'on peut encore respirer par les fosses nasales. Jugeons-nous que la lésion demande une impulsion plus énergique, nous ajoutons aux agents mentionnés, à la teinture alcoolique de noix vomique ou à toute autre, une certaine quantité d'ammoniaque, en général, au début, d'un demi-gramme à un gramme de cet alcali pour 30 grammes de véhicule. A un degré plus avancé, la strychnine peut entrer dans la composition des mêmes mélanges. La dose est généralement de 10 à 30 centigrammes de cet alcaloïde pour 30 grammes d'excipient. '

Pellier conseille d'ajuster à une bande qu'on attache au front , pour la nuit seulement, deux compresses arrosées de baume de Fioraventi. et qu'on laisse flotter devant les yeux. Quelques-uns de mes malades m'ont dit avoir appliqué avec succès sur le front, et durant la nuit, une compresse imbibée d'un mélange de trois cuillerées d'eau, une cuillerée de vinaigré, une d'eau de Cologne et une pincée de sel. Il nous arrive souvent de prescrire un mélange d'ammoniaque et d'éther, de chaque de 2 à 4 grammes pour I S grammes d'alcool à 40 degrés. On en verse quelques gouttes dans une œillère, et l'organe affecté est soumis à la vapeur qui s'en exhale.

Nous recommandons quelquefois l'application, sur les paupières fermées, d'un sachet de camphre arrosé d'éther (page 175). Le sachet peut encore être rempli d'un mélange de ebaux et de sel ammoniac (page 170). Nous conseillons souvent encore de présenter les yeux à La vapeur d'une infusion de Heurs d arnica

1 Bulletin de thérapeutique, t. LVIII, p, 500.

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