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CHAPITRE IX. — MALADIES DE LA CHOROÏDE ET DE LA RETINE

montana, avec addition, au moment de son emploi, d'une certaine quantité de sons -carbonate de sonde et de chlorhydrate d'ammoniaque.

Pommades en onctions sur la région pèri-orbitaire. — Je prescris les frictions sur le front avec la pommade de strychnine1, parfois avec celle de vératrine*. Turnbull a notamment insisté sur l'efficacité de cette dernière substance contre les affections amaurotiques.

Vésicatoires. Pommade de Gondret. — Les vésicatoires volants promenés sur la région fronto-temporale sont un expédient fort en vogue dans la médication des gouttes-sereines ; placés là, ils stimulent l'organe de la vision par l'intermédiaire des rameaux nerveux qui se distribuent dans le pourtour orbitaire, d'où il résulte qu'utiles dans les amauroses asthéniques, ils doivent être exclus du traitement des amauroses sthéniques et des ophthalmies. Des praticiens prescrivent l'emplâtre cantharidé ordinaire, celui de Janin, les mouches de Milan, topiques auxquels on donne le diamètre approximatif d'une pièce de deux francs. On a parfois porté le nombre de ces mouches à vingt, à trente et même à cinquante ou soixante. Dupuytren était dans l'usage de maintenir chaque vésicatoire en suppuration pendant trois jours ; un second était appliqué plus ou moins loin du premier, et ainsi de suite. Ce chirurgien traitait la plupart de ses amaurotiques en débutant par une saignée du bras suivie d'un émétique, puis d'un purgatif drastique, et ensuite d'un séton à la nuque ; dès que la suppuration de celui-ci était bien établie, il commençait l'application des vésicatoires volants sur le front, les tempes et la région mastoïdienne. Le papier suppuratif d'Albespeyres et le taffetas Leperdriel méritent d'être conseillés pour les cas où l'on désirerait ne pas obtenir la dessiccation immédiate de la plaie.

Nous mentionnerons le procédé du docteur Pritchard, qui divise le cuir chevelu, depuis le front jusqu'à l'occiput, et remplit de pois l'incision. Un exutoire de ce genre paraît avoir été fort efficace dans un cas d'amaurose complète, après la non-réussite des saignées et de la salivation mercurielle.

Parmi les agents de cette classe, l'application de l'ammoniaque, pure (page 1L2) ou associée à des corps gras, me paraît le moyen le plus digne d'être recommandé.

Quelques détails relatifs à la composition et à l'emploi de la pommade de Gondret ont été précédemment exposés (page 112). L'habitude clinique peut seule déterminer les cas où il faut insister sur l'application du remède porté jusqu'à la vésication ou jusqu'à ïa rubéfaction, en interrompre l'usage ou s'en abstenir. 11 faut, chez quelques malades, provoquer la vésication dans une séance et n'aller que jusqu'à la rubéfaction dans la séance suivante. Les réactions produites seront étudiées avec le plus grand soin, et combattues, si elles sont trop fortes, par des fomentations réfrigérantes, despédiluves, des purgatifs, des ven-

' On peut formuler, dans ce but, 8 grammes d'axonge, 2 grammes de savon blanc 4 grammes de baume de Fioraventi et '1 0 centigrammes de strychnine et au delf«

« Les doses progressives que nous avons adoptées dans la composition de ces nom rn.de. soni de 25, 80 75 centigrammes à 1 gramme de véralrine, avec quantité Lffisante d'alcool, pour 4 5 grammes d'axonge. 4«anuie suffi-

(JCJ<2 l.IVRF. h. — MALAMF.S DB CÎ.OBtf OCULAIRE.

louses. C'est un lion signe, disait l/isfranc, ipiand un Oeil manifeste de la sensibilité ou de la douleur sous l'influence de là préparation ammoniacale, ce phénomène indiquant que l'innervation se ressenl de l'action du médicament et n'y reste tias1 rebellé. C'est ainsi que des membres paralysés deviennent parfois le siège de souffrances plus ou moins vives, avant de récupérer le jeu de leurs fonctions.

Une persistance opiniâtre dans l'emploi des moyens sur lesquels on fonde quelque espoir est chose capitale dans le traitement des maladies d'une curation épineuse, et ce précepte doit s'appliquer à l'expédient qui nous occupe. Si j'en ai vu les bons effets se manifester au bout de quinze ou vingt jours, il faut, dans d'autres cas, eteomme Lisfranc l'a souvent remarqué, un mois, deux mois et plus. Il n'y eut de l'amendement qu'au bout de trois mois, chez l'un de ses malades, qui finit ensuite par guérir.

Le derme dénudé par l'ammoniaque peut servira y déposer de la strychnine. On commence par la dose quotidienne d'un centigramme de cet alcaloïde, dont on élève progressivement la quantité à celle de trois ou quatre centigrammes par jour. Le plus souvent, nous appliquons sur la plaie, que nous laissons sécher un* rondelle de papier chimique (papier Fayard) ; cette dernière est préalablement saupoudrée d'Un mélange de strychnine à la dose indiquée, et de tO ou 15 centigrammes de poudre de noix vomique.

Cautérisation de la cornée. - Taylor traitait les amauroses par des frottements exercés sur la cornée avec une pierre-ponce ou avec une lame d'or garnie de petites aspérités en forme de râpe. L'inutilité de ce moyen n'est pas son moindre inconvénient dans l'opinion de Boyer ; il peut ajouter à la maladie rétinienne une opacité incurable du miroir. Le docteur Serre (d'Âlais) avance, au contraire que l'oculiste anglais a dû à ce traitement des résultats merveilleux. Partant de là, M. Serre a proposé, non-seulement contre la mydriase, mais encore contre la goutte-sereine, la cautérisation de la cornée, vers son pourtour, avec le nitrate d'argent fondu. Ce praticien fait observer que la cinquième pan e demeurant parfois insensible aux médications portées sur les rameaux épanouis dans le cuir chevelu et à la face, on attaque plus directement certains troubles paralytiques de l'œil, en établissant la stimulation à la surface de cet organe luimême • elfe se transmet de là, par les nerfs ciliaires, au ganglion ophthalmique, nuis àl'origine et aux faisceaux principaux du trifacial, comme a la rétine au ne t que, au cerveau lui-même. Dans sa pensée, le but de cette opération es d'engendrer une réaction, une lièvre nerveuse et vasculaire dans le bulbe a c l'amaurose frappe de stupeur, d'où une surexcitation, qui peut en fair Tti eTrlm ner la'vue. Dès que le procédé dont il vient d'être question a fait son npa , lion dans le domaine médical, il a été essayé contre les troubles amaurl . " vision par quelques praticiens; mais soit que les avantages qu on n binent étéUîes ou nuls S soit qu'il n'ait été q"ammen^ex périmenté, il est certain qu'il est tombé, quant à l'amaurose, dans un oubli a

i Consulte,, pour un cas d'amélioration d'une affection amaurotique par >» ùon du segment inférieur de la cornée, le Bulletin de thérapeutique, t. XLI, p. r*

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