‹ Traité théorique et pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 295 sur 501 · CHAPITRE ÏX. — MALADIES T)E 1A CHOROÏDE ET DE LA RETINE · texte numérisé non relu

CHAPITRE ÏX. — MALADIES T)E 1A CHOROÏDE ET DE LA RETINE

peu près complet, pottttfé rester que le procédé capital de la médldatioïi dé la

îùydriase (page 396).

Stemutatoires. — Les sternutatoires, expédient trop délaissé dans les gouttesseivincs torpides, et à juste titre recommandé par Wenzel et par Walther, m'ont rendu, dans ce genre d'affections, des services signalés. Ils appellent le sang aux yeux et aux régions voisines, ce qui a fait dire à Cullen que leurs effets s'étendaient à tous les vaisseaux de la tête; ils impriment aux globes frappés d'ancsthésie une stimulation salutaire, par l'intermédiaire d'éléments nerveux d'une susceptibilité exquise, communs à l'organe" de la vue et à la membrane pituitaire. Le cerveau participe à l'ébranlement qu'ils occasionnent, et qui est tel parfois qu'on a vu des éternuments violents déchatonner des cristallins.

La sensibilité non identique, chez les divers sujets, de la membrane de Schneider peut militer pour des modifications dans le choix des poudres à renifler en guise de tabac, et dans le nombre plus ou moins considérable des prises quotidiennes. Le sucre suffit, chez quelques-uns, pour procurer un effet sternutatoire. On peut se contenter parfois, surtout au début, de recommander au malade de placer sous l'orifice des fosses nasales le mélange stimulant, et d'en humer seulement l'arôme. Dans les cas où les naiïnes sont sèches, on secondera l'action des errhins par des fumigations préalables avec la vapeur d'eau ebaude.

Je conseille lavératrine unie au sucre candi et à la poudre de Saint-Ange. J'emploie plus fréquemment un mélange debétoine, d'asaret et d'ellébore blanc, racine recommandée par Celse. Il ne faut pas pulvériser trop finement ces dernières substances ; on ne les réduit qu'en poudre grossière, précaution destinée à les empêcher de tomber dans la gorge.

Ware, qui a fait connaître plusieurs exemples d'amauroses dans lesquels les sternutatoires constituaient l'élément principal de la médication, paraissait avoir une prédilection particulière pour le turbith minéral (sulfate jaune de mercure). Il prescrivait une partie de turbith pour vingt parties de poudre de réglisse. Maunoir a rapporté, dans la Bibliothèque universelle de Genève, l'histoire d'une dame âgée d'une cinquantaine d'années, et amaurotique de l'œil droit depuis douze ans, et de l'oeil gauche depuis huit mois. Les exutoires, la pulsatille et d'autres moyens s'étaient montrés stériles contre la cécité complète, qui existait aux deux yeux, quand, encouragé par les succès du praticien anglais, Maunoir fît l'essai du turbith minéral associé à une poudre aromatique. L'errhin n'amena qu'une sécrétion peu copieuse de la membrane pituitaire, mais ses effets furent surprenants ; l'amaurose subit à gauche un amendement assez considérable pour permettre à cette dame délire les gros caractères.

Introduction de topiques entre les paupières. — Cette voie d'introduction des remèdes nous paraît encore par trop négligée des praticiens, dans la médication des amauroses. Maintes fois, j'ai observé qu'en vertu de la synergie anatomique qui unit tous les éléments appelés à concourir à l'acte de la vision, la stimulation qui, des tissus externes, retentissait vers les tissus internes, constituait une réaction générale dans l'appareil oculaire, laquelle était d'un puissant secours pour l'amélioration des fonctions visuelles. Maunoir a rapporté un fait très-

02i LIVUP. H. MALADIES DD GLOBE OCULAIRE.

concluant en faveur de cette opinion. Un jeune Anglais avait été opéré de la cataracte, à l'âge de onze ans et à l'aide de la discision, par cet éminent praticien • le succès avait été complet. Pus tard, ayant alors dix-huit ans, il contracta une double amaurose en Portugal, à la suite d'un refroidissement. Un long traitement subi en Angleterre fut infructueux. 11 se rendit à Genève, où Maunoir eut recours, sans aucune amélioration, à des expédients nombreux : exutoires, électricité, vomitifs, arnica, ctc, Il prescrivit alors une infusion de piment (capsicum annuum) h instiller soir et matin entre les paupières. Le globe droit resta aniaurotique ; mais la vue se reconstitua dans le globe gauche au point que ce jeune homme fut en état d'embrasser une carrière scientifique. Les collyres de strychnine ont été très-préconisés par M. Heyfelder.

Electricité. Procédé de l'auteur. — On a relaté des merveilles de l'application de l'électricité au traitement de l'amaurose. Bien qu'elle ne constitue pas une panacée dans cette circonstance, on ne saurait méconnaître que l'ébranlement qu'elle détermine dans le cerveau, dans les nerfs oculaires et dans leurs aboutissants, n'ait dans la thérapeutique de cette maladie une grande importance, comme nous l'avons vérifié maintes fois, et comme l'ont vérifié avant nous beaucoup d'expérimentateurs. Si nous en croyons M. Fabré-Palaprat , un malade, affligé depuis treize mois d'une goutte-sereine complète, récupéra à un point tel la sensibilité de la rétine par la galvano-puncture, qu'il distinguait les aiguilles d'une montre. Un beau fait de guérison par l'appareil de rotation électro-magnétique est dû au docteur Hœring (de Heilbronn). Depuis deux ans, et à la suite d'une fièvre typhoïde, son malade était inhabile à reconnaître les personnes qui l'entouraient; l'œil gauche, le plus compromis, ne distinguait pas le jour d'avec la nuit. Après la trente- sixième séance, les pièces de monnaie étaient aperçues, tant du côté gauche que du côté droit. Huit autres séances, qui fui uni surtout consacrées à l'œil gauche, eurent pour résultat de ramener la vue à un degré tel que le sujet pouvait lire les caractères d'un journal.

Fig. 24.

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La machine d'induction que représente la figure 24 est Yappareil électro-médical de M. Gaiffe. Il a, y compris la pile, la forme et le volume d'une trousse (35 millimètres d'épaisseur, 10 centimètres de largeur et 17 centimètres de longueur). La pile consiste en une petite cuvette rectangulaire en gulta-pcivlia. Une cloison la sépare en deux compartiments, qui contiennent chacun un couple composé d'une plaque de charbon et d'une plaque de zinc. L'instrument de M. Gaiffe est un appareil portatif, fidèle, peu dispendieux. Nous l'avons adopté

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