CHAPITRE IX. — MALADIES DE LA CHOROÏDE ET DE LA RETINE
depuis quelque temps à nos consultations cliniques, et nous ne saurions assez en recommander l'emploi1.
Je ne me servais au début que d'excitateurs métalliques montés sur des manches isolants. Muni de deux de ces instruments, préalablement accrochés à deux cordons conducteurs ou fils de cuivre entourés de soie, je les promenais
i Description et usage de cet appareil. La machine d'induction, la pile et les accessoires habituels sont renfermés dans une boîte rectangulaire ABCL\ qu'une traverse saillante EF divise en deux parties tout à fait séparées l'une de l'autre, et ayant chacune son couvercle GH, IJ.
La première case est divisée elle-même en deux compartiments : l'un renferme la pile L serrée entre deux ressorts qui élablissënt les communications; l'autre renferme un tubeK plein de deutosulfate de mercure, et une petite cuiller servant de mesure.
Pour faire fonctionner l'appareil, on met dans chacune des auges de la pile deux cuillerées de sel mercuriel, après quoi on ajoute de l'eau en quantité suffisante pour que la surface inférieure des zincs baigne dans le liquide. Le bourdonnement du trembleur Q annonce aussitôt le passage du courant.
11 faut avoir soin que l'échancrure pratiquée sur la cuvette de la pile soit du même côté de la boîte que la tête du tube gradualeur.
La partie située de l'autre côté de la traverse EF renferme la bobine M, sur laquelle sont roulés les fils inducteur et induit.
Le bouton plat R est la tête du tube graduateur; en le tirant plus ou moins, on peut augmenter ou diminuer la puissance de l'appareil.
Al'autre extrémité de la bobine se trouve le trembleur Q et le levier P. Les secousses peuvent être déterminées par les vibrations du trembleur et par des pressions exercées avec le doigt sur la tête de la tige P. Pour produire des commotions rares, il faut d'abord interrompre la communication qui existe entre le ressort Q et le bouton 0 en dévissant ce dernier jusqu'à ce que sa pointe disparaisse dans la pièce qui le supporte.
Sur la traverse EF viennent aboutir en 1 les extrémités du fil dans lequel se développe l'extra-courant, et en 2 les extrémités du long fil dans lequel naît le courant induit.
Les letlres P (positif) et N (négatif) indiquent la direction des courants.
On place une des extrémités de chaque cordon conducteur dans les entrées <l si l'on veut se servir du courant du \ " ordre, les entrées 2 donnent le courant du 2e ordre, et les entrées PP NN donnent les deux courants réunis.
Les autres extrémités des cordons entrent à frottement dans les manches isolants, sur lesquels se vissent les réophores. Ceux-ci se composent : \ ° d'une paire de manipules ou porte-éponge N; 2» d'un excitateur à olive; 3° d'un excitateur sphérique; 4° d'une brosse métallique.
La séance terminée, on videra et on lavera la pile, qui peut être replacée sans inconvement dans son compartiment garni, ainsi que le couvercle GH, d'un enduit imperméable et inattaquable.
La pile peut fonctionner sans être rechargée pendant une séance d'une heure ou pendant deux séances d'une demi-heure, etc.. en ayant soin, après chaque opération, de la sorfr de son compartiment, et d'enlever les zincs afin qu'ils ne soient plus en contact avec le hqu.de. Les pièces de cuivre rouge incrustées dans la cuvette de gutla-percha doivent être conservées dans un parfait état de propreté, si l'on veut que les commun»canons se fassent toujours bien. Le prix de l'appareil est de 45 fr, chez. M. GaifTe fabricant d tnstruments de précision, rue de Savoie, n- 4. (Prospectus de Vautour.) '
Vcur le chap.ire su.vant, pour quelques détails sur l'application de l'électrici é aux paralysies sensitives et motrices. uectricne aux
020 I.1VKIÏ 11. MAI.AUIF.S DU CLOBE OCUI.AIHK.
sur les paupiàrâB, au front, aux teDdpâB, aux joues, sur les côtés (lu nez, derrière les oreilles, dans la partie antérieure, de la cavité nasale. Dans quelques cas, le malade tenait d'une main un manipule tubulaire de cuivre, adapté à l'un des cordons, ou bien encore celui-ci était attaché à une plaque métallique placée à la nuque, derrière Tune des oreilles ou au front du patient, tandis que je n'agissais sur la lace qu'avec un seul excitateur. Les résultats qu'engendraient ces manœuvres consistaient dans des contractions musculaires violentes; les secousses étaient fréquemment assez douloureuses pour que les malades retirasses] la tète en arrière afin de les éviter. Le procédé dont j'use plus particulièrement aujourd'hui me paraît infiniment plus avantageux; il est d'ailleurs moins assujettissant pour le médecin , qui peut conduire plusieurs traitements à la fois. Deux petites éponges iines, plates, imbibées d'eau simple ou d'une eau salée ou acidulée, sont appliquées sur les paupières fermées du patient. Elles sont maintenues en place par une pièce de taifetas gommé ou de toire cirée (toile à broder), échancrée à l'endroit du nez. Deux boutons de cuivre, avec tige perforée à son bout antérieur, traversent la bande dans les parties qui correspondent aux globes oculaires. On commence par accrocher l'extrémité recourbée de l'un des conducteurs à l'orifice qui termine l'une des tiges de cuivre; puis l'on approche de la seconde tige le bout de l'autre conducteur, pour s'assurer si la dose d'électricité est trop faible ou trop forte; on l'amoindrit ou on l'augmente en enfonçant plus ou moins dans l'appareil le graduatcur. Dès qu'on a déterminé celle que le patient peut supporter, on fixe l'extrémité du second conducteur, et le malade reste en rapport avec la machine pendant tout le temps qu'on le désire. 11 y a d'ailleurs une grande variabilité chez les divers sujets, eu égard à la susceptibilité pour l'électricité. Les uns en tolèrent des doses énormes, d'autres sont impressionnés par les doses les plus minimes.
Administré suivant le mode qui vient d'être indiqué, le fluide agit d'une manière douce, continue, uniforme sur la région oculaire et les parties voisines. Toute souffrance est épargnée au malade, qui ne ressent guère qu'un fourmillement, lequel n'est presque jamais traversé par l'apparition de corps étincelanls, qu'il faut éviter autant que possible, suivant le conseil de Walther. Peu à peu les yeux rougissent et deviennent parfois larmoyants. Des sujets ont conservé un ou deux jours une injection conjonctivale légère; d'autres n'ont accusé que de la démangeaison et du picotement. L'époque de la séance sera choisie avec avantage pour l'introduction de préparations médicamenteuses entre les paupières. Rien ne favorise l'action résolutive ou stimulante des topiques employés comme le mouvement produit par l'électricité dans l'innervation de l'organe visuel.
Pour retirer de ces expédients des bénéfices de quelque importance, il faut en réitérer souvent l'application : tous les jours ou tous les deux jours. Les premières séances seront courtes; on les prolongera plus tard, suivant le degré de tolérance; nous avons l'habitude de laisser reposer de temps à autre nos malades pendant leur durée. Le docteur Crusell, qui rapporte (pie le galvanisme détermina une fois la perte de l'œil, insiste sur la précaution de ne pas trop en continuer l'action et de ne point lui imprimer une trop grande force; son application ne dépassera pas, d'après lui , deux minutes, et même elle sera moindre si le