CHAPITRE IX. — MALADIES DE LA CHOROÏDE ET DE LA RETINE
; patient se plaint de douleurs cl si les conjonctives s'injectent. Jfl PW8 affirmer I que je n'ai jamais observé de faits où l'électricité, administrée suivant nia mé- I tliode, ait entraîné des conséquences de quelque gravité pour l'organe visuel. ! Elle a constamment été tolérée pendant dix minutes, un quart d'heure, une demi-heure et plus, sans inconvénient et sans aucun danger.
Chez quelques-uns de mes malades, le brouillard, qui obscurcissait la vue, diminuait ou disparaissait par l'électricité pour reparaître au bout d'un temps plus ou moins long. Chez Atzly, par exemple, attaché à l'octroi de Paris, la cessation de ce phénomène morbide, qui élaitd'un quart d'heure ou d'une demi-heure au début, a fini par être de deux ou trois heures, et plus tard de quatre ou cinq heures. Cet homme, qui, quand j'en entrepris le traitement, ne se conduisait qu'avec peine, a reconquis par l'électricité la faculté de lire l'écriture manuscrite. «Hier, me disait-il, le 14 février 1851, j'ai fait des chiffres toute la journée sans fatigue. » 11 m'annonça, le 2-4 mars suivant, qu'il avait classé la veille des insectes de petites dimensions, occupation à laquelle il avait été contraint de renoncer depuis plusieurs années, et qu'il avait lu une vingtaine de pages en petits caractères.
L'amaurose est-elle uni-oculaire, je dispose les pôles de telle sorte que l'un d'eux est mis en rapport avec le globe affecté , tandis que l'autre est appliqué sur un point plus ou moins éloigné de cet organe 1
Dans un autre procédé, auquel j'ai recours quelquefois, le chirurgien se fait conducteur lui-même. Pour cela, celui-ci et le patient s'étant mis en rapport avec l'appareil galvanique, en tenant chacun d'une main un manipule tubulaire adapté à un cordon conducteur, le praticien promène sur les voiles palpébraux, sur le pourtour orbitaire, les extrémités du médius et de l'indicateur de la main restée libre, en exerçant sur ces régions une pression légère. J'ai vu des médecins qui donnaient lieu chez un même sujet à des impressions plus vives que ne l'étaient celles que lui communiquaient d'autres praticiens, ce qui paraît provenir de la finesse plus ou moins grande de l'épiderme de la part de celui qui applique l'électricité, et surtout des conditions de moiteur de la peau 2.
Exercice de l'œil malade. Procédé de Schlesinger. — On a observé des anesthésies uni-oculaires qui diminuaient d'une manière notable après la perte de l'oeil sain, lequel avait supporté seul ou à peu près seul jusqu'alors le poids des fonctions visuelles. Cette amélioration dans de telles circonstances ne doit point être perdue pour la pratique. On procède à l'exercice forcé du globe malade en cou- 1 rant chaque jour, et pendant un temps plus ou moins long, l'organe non altéré d'un bandeau »; un tel mode de gymnastique oculaire demande toutefois un
1 Consultez, pour plusieurs observations de réussite obtenue par ce procédé et recueillies a ma clinique, le travail du docteur Clavé (Essai sur l'amaurose, thèse inaugurale. Paris, <I8o2).
* Des malades affectés de névralgie faciale ont été plus particulièrement soulagés par l'application de ce procédé.
a Pour ne pas fatiguer par compression l'œil sain durant ces exercices, j'ai fait confectionner un petit appareil, qui consisie dans une sorte de cage métallique garnie de soie, et fixée au pourtour de la tête à l'aide d'une branche élastique. L'organe es» mis
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assujettissement auquel peu de sujets consentent ù se soumettre avec la régulà| rité qu'exige là réussite. Demours, qui y attachait un grand prix, assigne aux premiers exercices quotidiens un laps de temps d'un quart d'heure à peu près; on en augmente la durée peu à peu, et l'on en vient à faire agir le globe affaibli pendant deux ou trois heures. Cet oculiste ajoute qu'il a souvent commencé par donner à déchiffrer des lettres d'un pouce de hauteur; l'œil put lire quelques mois après le titre d'un ouvrage, puis des mots imprimés en lettres capitales, et finalement une impression ordinaire.
Il y a une hyperbole immense dans les assertions de M. Schlesinger, qui a prétendu qu'avec certaines lunettes, et sans autres secours, on pouvait guérir des. cataractes, des pannus, des ophthalmies variées , la presque totalité des lésiong oculaires susceptibles de survenir pendant la durée de la vie humaine. On ne saurait néanmoins méconnaître que combattre l'inertie de la rétine par son stimulant normal, la lumière, ne soit une idée heureuse et féconde déjà en résultats pratiques d'une haute importance. M. Florent Cunier rapporte qu'un homme, en traitement depuis six mois pour une amaurose asthénique, suite d'excès de masturbation, ne pouvait plus distinguer que les grosses lettres des affiches, et ne sortait qu'avec un guide. Bien qu'il eût renoncé à sa funeste habitude, la détérioration de la vision avait résisté à tous les moyens mis en œuvre. En quinze jours, Schlesinger lui fit lire du petit-romain avec le n° 24. M. Cunier ajoute que cet homme finit par recouvrer une excellente vue, et il cite des faits analogues extraits de sa propre pratique. « Schlesinger, continue l'auteur l, a obtenu quelques bons résultats incontestables. Mais on peut aussi l'accuser d'avoir fait bien du mal en prescrivant l'usage des lunettes à des personnes atteintes de congeftions encéphalo-oculaires, de photophobie habituelle, etc. Ces malades ont vu .leur état s'empirer; force a été alors de recourir à la médecine, qui n'a pas toujours réussi à détruire le mal qui venait d'être produit. — Les verres employés par Shlesinger étaient piano-convexes. 11 commençait par déterminer la portée du foyer visuel. Un amaurotique, par exemple, réussissait il à déchiffrer le double-canon à trois pouces de distance , des verres de 3 1/4 pouces lui étaient remis, et il devait, les yeux armés de ces lunettes, s'exercer à la lecture une partie de la journée. Une fois que la fatigue survenait, l'exercice devait être suspendu. Dès que le malade était parvenu à distinguer nettement les lettres, il prenait des verres de 3 1/2 pouces. La convexité était ainsi diminuée dç 1/4 de pouce en 1/4 de pouce jusqu'au n° 5. C'est par demi-pouce que la décroissance avait lieu alors jusqu'au n° 9, où elle commençait par pouce, et à partir du n° 12 par 2 pouces jusqu'au n° 24 ou 36, dont l'usage devait être continué pendant longtemps. »
Nous ne passerons pas sous silence quelques autres détails de la pratique de M. Schlesinger, qui nous sont fournis par le docteur Chavériat, lequel a assisté à de nombreux traitements dirigés avec le plus grand succès par l'oculiste alle-
ainsi à l'abri de la lumière, lont en conservant le pouvoir d'exécuter tous les mouvements possibles sous le monocle.
1 Ânnaleë (Toculistique, t. VU, p. 88.