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CHAPITRE IX.— MALADIES DR LA CHOROÏDE ET DE LA RETINE

Lad Ion de son passage à Lyon Scblesinger applique son procédé à toutes les amauroses, pourvu que le sujet soit capable de lire des lettres d'un gros caractère avec les lunettes qu'il lui fournit. Les verres piano -convexes dont il se sert le] plus communément sont parfois remplacés par des bi-convexes. Un œil fet-il seul atteint, cas le plus rare, Scblesinger le fait travailler en tenant l'autre l'orme avec une pelote préparée pour cette destination. Le numéro du verre qui scia le plus à la portée de la vue du malade sera celui auquel on s'arrêtera en premier lieu. Si les deux yeux sont inégaux en force, on cherche pour ebacun d'eux un numéro approprié. Les premières lunettes une fois choisies, le traite^ ment marche avec simplicité. Dès que Ton est parvenu à lire quelque temps sans fatigue avec un verre, on en adopte un autre d'un numéro plus élevé. On est souvent contraint, au début, de faire déchiffrer des caractères d'une grandeur plus qu'ordinaire ; à mesure que la vision s'améliore, on en diminue les dimensions et l'on arrive insensiblement au caractère usuel. La durée des exercices est subordonnée à la lassitude que les organes éprouvent; on doit, au commencement du traitement, faire lire à plusieurs reprises, mais peu cà la fois. Au bout d'un certain nombre de jours, huit ou dix ordinairement, le sujet peut déjà lire deux heures et quelquefois plus dans la journée. 11 est essentiel qu'il travaille alors avec persévérance. Quant au temps pendant lequel il conservera les mêmes verres, il est subordonné aux progrès que fait la vue et au plus ou moins de facilité avec laquelle les yeux s'adonnent à la lecture. S'il importe que ceux-ci aient acquis un certain degré de force avant qu'on ne leur livre d'autres numéros d'une convexité moindre, on ne doit pas non plus les laisser trop longtemps sur le même numéro ; autrement ils deviendraient paresseux et auraient plus de peine à se servir d'un numéro supérieur. La durée du traitement dépend de l'état plus ou moins avancé de la maladie. Elle est généralement de trois, quatre ou sis mois.

Scblesinger, comme on l'a dit, ne se bornait pas toujours à l'emploi des verres convexes. Les sujets, atteints d'amblyopie , étaient-ils myopes, il procédait à l'exercice de l'organe avec des verres concaves de moins en moins forts.

Le procédé qui vient d'être décrit demande, dans son application, beaucoup d'habitude de la part du médecin et une très-grande patience de la part du malade. Dans les quelques circonstances où je l'ai employé, il m'a paru offrir une efficacité fort encourageante contre des lésions d'une curation si épineuse. Abstraction faite des cas où l'exploration ophthalmoscopique repousse l'emploi de cet expédient, il y aura lieu de songer à une méthode qui repose sur une loi physiologique dont nous trouvons chaque jour l'application , savoir, que le développement et le pouvoir d'action des organes sont en rapport avec leur exercice. Après avoir cité quelques faits cliniques en sa faveur, Bonnet ajoute ', qu'au milieu des obstacles qu'opposent les affections amaurotiques à nos moyens curatifs, les exercices avec les lunettes doivent occuper une place importante

i Chavériat, De l'amaurose et du Iruilement de quelques-unes de ses variétés par les lunettes. Thèse inuiig. Montpellier, 4 850. 1 Bulletin de thérapeutique, t. LUI, p. 353.

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dans la thérapeutique. En ignorer l'existence ou en méconnaître l'utilité, c'est se priver d'une ressource précieuse qui , toutefois encore , nécessite une étude approfondie.

Remèdes internes. — Parmi les moyens que nous administrons le plus souvent à l'intérieur contre les amauroses Lorpides, nous citerons l'infusion d'arnica que nous faisons fréquemment édulcorer avec le sirop d'écorec d'orange, l'infusion vineuse de racine d'angélique, les ferrugineux. Nous prescrivons l'extrait alcoolique de noix voinique en pilules, à la dose de fi centigrammes par jour, au début ; nous en élevons graduellement la quantité jusqu'à production de quelques secousses. Regarder, avec Giacomini, la strychnine comme hjposthénisante, et l'appliquer à la médication des amauroses sthéniques, me paraît une théorie dangereuse et peu en harmonie avec les symptômes que de hautes doses de cette substance ont engendrés : roideur, soubresauts dans les membres, secousses convulsives et tétaniques, serrement des mâchoires, opisthotonos, perceptions d'étincelles électriques, etc. MM. Trousseau et Pidoux font obser^ ver qu'on a vu, dans des paralysies récentes, les désordres cérébraux qui les avaient causées revêtir, sous l'influence de la noix vomique, une intensité nouvelle. Ils ajoutent, par contre, que dans des paralysies anciennes, sympto* matiques d'épanchements sanguins dans le cerveau ou de ramollissements, on en a obtenu des résultats inespérés qu'aucun autre agent n'aurait pu, fournir. Ne combattez les congestions, dans leur période active, que par les antiphlogistiques et par tous les moyens propres à enrayer le flux sanguin; plus tard, le système nerveux reste-t-il engourdi, la noix vomique, la strychnine, la brucine, peuvent, comme l'électricité, venir le remuer, le stimuler utilement1.

De toutes les affections dont se compose le domaine de l'ophthalmologie, les lésions amaurotiques sont celles qui exigent les connaissances les plus étendues sur la pathologie et sur la thérapeutique générales. On peut établir * que le choix des remèdes sera réglé d'après la constatation des symptômes avec l'ophthalmoseope, d'après le type sthénique ou asthénique du mal, et surtout d'après la cause présumée qui l'a fait naître; ce dernier point est essentiel cL nous demandera encore quelques détails. De ce qtie les rares expédients généralement employés dans l'espèce , n'ont pas été couronnés de succès chez un malade, faut-il toujours en conclure que. la science doive rester muette et n'ait plus qu'à confesser son impuissance? Je le croyais autrefois; l'expérience démontré le contraire, et, dans ce moment encore, je me plais à montrer aux médecins, qui fréquentent mes consultations cliniques, Mademoiselle Lair(de Montmartre), naguère aveugle par une amaurosc, avec atropine des papilles et qui a recouvré la vue, après un traitement de cinq mois. Les préparations martiales et la pommade de Gondret me paraissent avoir ici le plus contribué au succès de la cure.

1 Voyez, en outre, pour le selon et pour l'application du feu, le? p. 1 l i cl Miivanlcs.

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