MALADIES DE LA CHOROÏDE
Article 1.— Congestion de la choroïde. — Hypérémie delà couche
chorio-capillaire.
caractères anatomiques et physiologiques. — Les yeux, dans un bon nombre de cas, n'offrent aucun symptôme extérieur, qui dénote la souffrance dont ils son! le siège. Toutefois, un certain degré de conjonctivite est chose commune dans les circonstances de ce genre. L'engorgement et la teinte d'un rouge sombre des vaisseaux sous-conjonctivaux (injection variqueuse, page 4-2) pourront principalement mettre sur la voie de la lésion pour laquelle on est consulté.
L'examen ophthalmoscopique démontre que la couche vasculaire de la choroïde est plus hypérémiée que dans les conditions normales; l'injection pathologique des artères et des veines est surtout d'une constatation manifeste, quand elle s'étend plus particulièrement à quelques parties de la couche compromise. La congestion choroïdienne ne sera guère appréciable chez les bruns , à cause de l'accumulation du pigment qui la masque à nos regards ; elle le sera beaucoup;, par contre, chez les blonds, et à une période avancée de la vie, par suite de la dépigmentation et de la décoloration de l'enduit pigmenteux à cet âge. Un bon nombre de sujets , d'ailleurs , offrent physiologiquement le fond des yeux plus rouge qu'on ne le rencontre chez d'autres sujets, de même qu'il en est dont la face est plus colorée que chez d'autres. Un tempérament sanguin, un repas copieux, et bien d'autres causes fournissent les motifs de ces différences. Ce n'est donc que l'ensemble des symptômes et les caractères subjectifs surtout qui, dans l'espèce, motiveront le diagnostic. Ces derniers sont ceux des amblyopies dites sthéniques ou congestives. Nous signalerons un sentiment de roideur et de tension dans le globe, un trouble léger et rémittent de la vision, par suite de l'action compressée des vaisseaux choroïdiens sur la continuité de la rétine, la kopiopie, parfois la perception d'étincelles et de mouches. Le plus souvent, d'ailleurs, les vaisseaux rétiniens participent à la souffrance de là choroïde (hypérémie rétino-choroïdienne).
Généralement, les phosphènes sont exaltés ou exagérés dans les congestions choroïdiennes. Un rien les produit ; mais, c'est là le début. Plus tard, ils peuvent devenir ou rouges, ou, ce qui est plus commun, assez sombres, difficiles à percevoir ; puis, ils cessent d'être perçus, avec l'aggravation de la maladie choroïdienne dont la congestion était le premier symptôme (Cuépin).
étiologie. * Paâsagèré chez quelques sujets en proie à une polvémie cérébrooculaire fortuite, cette condition morbide, .pie je rencontre journellement peut se perpétuer longtemps cbez les individus qui sont privés d'exercice appliquent mmoderément les yeux, se servent de lunettes trop fortes, abusent des explo-
Ii.>2 livre u. — MALADIES nu globe oculaire.
rations au microscope. On l'observe fréquemment chez les hémorrhoïdaircs chez les individus affligés de constipations opiniâtres, chez les femmes, à l'époque de la grossesse, H après celle de la ménopause.
traitement. — L'hypérémie choroïdienne réclame, avec plus ou moins d'énergie, la médication des amblyopies congestives, avec les modifications que comporte l'appréciation de la cause qui a pu lui donner lieu ou qui peut l'entretenir.
Article 2. — Choroïdite.
Cette variété pathologique se montre le plus habituellement à l'état subaigu ou chronique. Les trois formes qu'on lui a assignées sont : 1° la forme congéstive ; 2° la forme exsudative; 3° la forme atrophique. Cette division est en harmonie avec la saine observation des faits. Nous ne saurions mieux faire que de l'accepter.
CARACTÈRES ANATOMIQUES ET PHYSIOLOGIQUES1. 1° Choroïdite COngesttVC. — Elle
n'est, dans sa période la plus bénigne, que l'exagération de la forme que nous avons décrite dans l'article qui précède. Le fond du globe présente, au lieu d'une teinte rosée, une coloration d'un rouge foncé, uniforme ou presque uniforme ; derrière les vaisseaux plus superficiels de la rétine, se dessinent d'autres tubes vasculaires tortueux, inégaux, gorgés de sang. Us figurent à merveille, dit M. Follin, une injection, très-fortement réussie, de la couche vasculaire de la choroïde. Les vaisseaux sous-conjonctivaux sont généralement turgescents; un anneau bleu , le cercle arthritique de Beer (page 289) peut encadrer la cornée. L'obscurcissement plus ou moins rémittent de la vue, la sensibilité des yeux à la lumière , les photopsies ont ici une intensité plus forte qu'au degré signalé dans l'article précédent. Des malades annoncent que la lumière d'une bougie leur paraît comme entourée des couleurs de l'arc-en-ciel; quelques-uns voienj des tâches jaunâtres, verdâtres ou bigarrées. Nous avons souvent noté de la névralgie ciliaive et des élancements douloureux dans les ramifications du ncif frontal. La forme qui nous occupe est constamment associée à un certain degré d'hypérémie rétinienne (rétino-choroïdite).
Dans quelques cas, et si le mal fait des progrès, le globe devient dur, la sclérotique bleuâtre ; la pupille est sujette à se déformer soit par synéchie posta rieure (irido-choroïdite), soit que la choroïde, plus turgescente ou adhérente à la sclérotique, dans un ou plusieurs points, entraîne l'iris vers elle, directement ou par l'intermédiaire des nerfs ciliaircs. A un degré plus grave encore, la maladie est susceptible d'aboutir au staphylôme seléro-choroïdien, à celui du corps ciliaire, à la cirsophthalmie, à l'ophthalmite, à la phthisie du globe. Dans d'autres cas, elle passe au glaucome.
2° Choroïdite exsudative ou plastique. — Cette transformation de la choroïdite chronique a lieu après une durée variable de cette dernière. Ce laps de temps est généralement long dans les cas habituels ; la mutation peut se constituer
1 Voiries planches VIII, IX cl X.