CHAPITRE IX. — MALADIES DE LA CHOROÏDE ET DE LA RÉTINE
avec rapidité chez les syphilitiques. Je donne dans ce moment des soins à un homme qui a été traite avec succès, il y a dix-huit mois, d'une iritis droite par M. Chassaignac. Huit jours suffirent pour que la vue,. naguère très-satisfaisante, fût aholie à l'œil droit par une choroïdite exsudative fort étendue. Tantôt, la couche exsudée à la surface de la choroïde et dans son stroma est nébuleuse, comme séreuse, et communique au tissu qu'elle recouvre une teinte louche; tantôt la production plastique est solide, d'un blanc jaunâtre ou grisâtre, et se présente, dans quelques cas, sous forme de petites taches plus ou moins confluentes (choroïdite pointillée ou disséminée), tandis qu'elle donne lieu, dans d'autres circonstances infiniment plus nombreuses, à des plaques, à des bandelettes, à des amas irréguliers, qui dérobent à la vue de l'observateur l'aspect des tissus sous-jacents. La perception de mouches fixes par rapport à l'axe de la vision et la méropie accompagnent plus particulièrement ces dernières dispositions du produit exsudé. La pression que subit la rétine entre la choroïde et le corps vitré, et les désordres si complexes, susceptibles de surgir dans de telles conditions au fond de l'œil, ne peuvent qu'imprimer une grande variabilité à la manifestation des caractères fonctionnels.
Quel que soit d'ailleurs le mode de distribution des exsudats choroïdiens, ils sont bornés en avant par les vaisseaux rétiniens que l'on voit serpenter au-devant d'eux, tandis que le contraire a lieu pour les exsudats de la rétine.
Certaines ossifications et pétrifications du fond de l'œil sont attribuées par M. Hasner à la métamorphose d'exsudations fibrineuses fournies par une choroïde chroniquement enflammée. Ce praticien reconnaît, toutefois, que les exsudations albumineuses de la choroïde sont plus fréquentes que les fibrineuses. On peut, dit-il, en les traitant par la chaleur constater facilement la grande quantité d'albumine qu'elles contiennent.
3° Choroïdite atrophique. Atrophie choroïdiennne. — Cette troisième forme peut s'associer à celle qui précède. La macération du pigment en constitue l'un des caractères pathognomoniques. Ce remarquable travail se révèle au début par l'apparition, sur une ou plusieurs parties de la choroïde, de taches d'un jaune orangé, plus ou moins étendues, plus ou moins irrégulières. Elles dénotent l'atrophie de la couche antérieure de la membrane. Le pigment y a changé de couleur • la portion des vaisseaux choroïdiens, qui correspond à ces plaques, continue à les sillonner comme dans les conditions normales. Peu à peu ces plaques deviennent plus grandes ; pendant cette évolution, d'autres sont susceptibles de surgir sur des régions plus où moins éloignées de celles qui précèdent. Après avoir conservé, durant un temps variable, leur aspect safrané, les plaques peuvent devenir ternes, puis blanchâtres ou blanches; l'atrophie et la ddpigmentation sont complètes alors dans la partie qui correspond à chaque tache et l'on y dislingue, à travers les points amincis de la choroïde, la teinte de la sclérotique.
Un autre caractère de la choroïdite atrophique consiste dans les modifications qui envahissent le mode de distribution du pigment choroïdien. Tandis qu'il disparaît dans quelques parties, il continue à subsister dans d'autres, à être refoulé
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môme dans certaines parties du lissu choroïdien, de telle sorte que ce dernier contracte un aspect bigarré, offrant çà cl là des traînées, des bandes , des îlots obscurs. Les lacunes décolorées, et reflétant plus ou moins la lumière, qui les séparent, sont les unes linéaires allongées, incurvées, lesaulrcs arrondies, étoilées un déchiquetées. I/enscmblc des dispositions, qui viennent d'être signalées etqui transforment le fond de l'organe en une véritable mosaïque, en une sorte de peau tigrée, cstd'undesjdiénomènes les plus curieux que nous a révélés l'exploration opbltbalmoscopique. L'altération de la nutrition choroïdienne n'est bornée, dans d'autres cas, qu'à des portions limitées de la membrane.
11 y aurait erreur à croire que la vision subit toujours un trouble grave dans les formes qui viennent d être décrites. Elle peut rester bonne, tant que la rétine est saine et que surtout la région de la macula n'est pas compromise. J'ai observé des malades, atteints de choroïdite atrophique, qui lisaient courammeut les plus petits caractères. Il n'y a, dans quelques cas, que diminution de la vision excentrique. Toutefois, le défaut d'absorption des rayons lumineux dans les parties dépigmentées du fond de l'organe, où ils sont au contraire réfléchis en sens divers, donne lieu le plus habituellement à un certain degré de confusion dans la vue. Les régions de la rétine, qui sont dégarnies de pigment, deviennent plus sensibles à la lumière, d'où la photophobie qui affecte fréquemment cà genre de malades.
traitement. — La médication des choroïdites congestives rentre dans celle des amauroses de ce genre (page 616). M. Mackenzie qui préconise l'arséniale de potasse, comme hyposthénisant vasculaire, dit avoir observé des sujets cbez lesquels il améliorait la santé et la vue; la dose habituelle qu'il prescrit au début est d'un trente-deuxième de grain, trois fois par jour, en pilules. Un exutoire puissant est indiqué dans les cas graves (page 1 14). La forme exsudative réclame l'emploi des mercuriauxet des iodiques; le sublimé surtout ne doit point être oublié (page 619): est-elle d'origine vénérienne, on agira en conséquence. Dans la forme atrophique enfin, je me borne à la médecine du symptôme, conseillant aux uns les hyposthénisants, aux autres les ressources des amauroses torpides (page 620). J'ai vu les stimulants, convenablement gradués, soulager, dans les cas de ce genre, un bon nombre de malade?.
Je dois mentionner ici une préparation qui, longtemps continuée, m'aétéutile dans les deux dernières formes de la choroïdite. On fait infuser A grammes de llcurs d'arnica dans 125 grammes d'eau bouillante, l'on y ajoute 2 grammes d'iodure de potassium et l'on édulcore avec 25 grammes de sirop de gomme. la dose est de trois cuillerées à bouche par jour.
Article 3. — Scléro -choroïdite postérieure.
Le skiphylùme scléro-choroïdien antérieur a été déjà précédemment décrit (page 332). Le stàpriylôhie postérieur ou rétro-srlérolical (staphyloma poslicum; choroïdite atrophique postérieure) n'était qu'imparfailcmcnl connu avant la découverte de l'ophtnaimos'côpe, car il n'avait été signalé que sur le cadavre, dans l'un de ses modes les plus avancés. Scarpa en lit le premier mention. Dans I un