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CHAPITRE IX. — MALADIES DE LA CHOROÏDE ET DE LA RETINE

des deux . as cites par ecl illustre chirurgien, il s'agit d'une femme de quarante ans, donl l'œil droit, examine après la mort, présentait une conformation ovale ei était plus volumineux que son congénère. Une tumeur oblongue, grogse comme une petite noix, existait sur l'hémisphère postérieur delà sclérotique, en dehors de l'entrée du nerf optique. La cornée et les humeurs de l'œil conservaient leur transparence. La rétine manquait dans la cavité du slapylôme; la choroïde, décolorée dans cette région , n'offrait plus, comme dans l'étal sain, un réseau de capillaires sanguins; la sclérotique était amincie au sommet de la tumeur, cl son épaisseur y égalait à peine celle d'une feuille de papier à écrire. Scarpa apprit que cette femme avait, depuis quelques années, complètement perdu la vue de ce côté. Dans le second fait, mentionné par le même auteur, les lésions étaient à peu près identiques, si ce n'est que le corps vitré était entièrement fluidifié. « 11 est remarquable, ajoute le professeur de lavie, que dans les deux cas que je viens de rapporter, le staphylôme de la sclérotique correspondait au côté externe de l'entrée du nerf optique. Les observateurs parviendront, peut-être , à l'aide de faits ultérieurs , à déterminer les caractères diagnostiques de cette sorte de staphylôme de la sclérotique; mais, il me paraît douteux qu'il soit jamais au pouvoir de l'art, je ne dis pas de guérir, mais seulement d'arrêter les progrès d'une affection que sa nature, autant que son siège, rendent inaccessible à tous nos moyens chirurgicaux. »

caractères anatomiques et physiologiques1. — La sel éro-choroï dite postérieure se présente très-souvent à l'observation. 11 est rare que, dans une séance ophthalmoscopique, je n'en montre un ou deux exemples aux médecins qui fréquentent mes consultations cliniques. Elle comprend trois degrés (division d'Ed. Jaeger). Nous supposerons, dans notre description, l'examen pratiqué par le procédé de l'image renversée.

Premier degré. — Le bord externe de la papille conserve sa netteté physiologique; son bord interne est côtoyé par un croissant dont le bord concave se confond avec les limites papillaires, tandis que son bord convexe est dirigé vers la région de la macula. On dirait, au premier aspect, que la papille a subi une certaine déformation, qu'elle est devenue transversalement elliptique. Mais , si vous l'explorez avec attention, vous ne tardez pas à vous convaincre que le plan qu'elle présente peut être divisé en deux parties : l'une, d'un blanc rosé, qui est la papille proprement dite, tandis que l'autre d'un blanc mat, est l'appendice falciforme qui est venu s'ajouter à la papille. Cette différence de teinte, entre la papille et- la tache anormale, provient de ce que la première a conservé ses dispositions primitives, tandis que la seconde est constituée par une petite portion de la sclérotique devenue visible à travers la choroïde et réfléchissant la lumière. Le pigment choroïdien y a disparu; souvent les granulations pigmentaires sont manifestement refoulées vers la marge interne de l'appendice. Les vaisseaux rétiniens, artériels et veineux, n'ont subi, d'ailleurs, aucun dérangement; après avoir quitté la papille, ils sillonnent la surface de la plaque nacrée et se continuent au delà de ses limites interne-.

«Pl. V11L fig. 2; pl. IX, fig. <f et 2.

030 UVIIB II. — MALADIES Ml GLOBE OCL'LAUIK.

région dans laquelle ils paraissent quelquefois moins accentués ù cause du plan plus ou moins foncé placé derrière eux. Le diagnostic différentiel de la tache qui constitue, le slaphylômc postérieur et d'un exsudât, situé au-devant de la rétine, c'est que, dans le premier cas, les vaisseaux sont visibles , peuvent môme être nettement suivis dans leur trajet sur la plaque, tandis que, dans le second, ils sont cachés par l'obstacle et ne sont appréciables qu'au delà de ses limites. Parfois, par exemple, vous apercevez un vaisseau, qui passe sous l'un des bords du produit plastique, et vous retrouvez ce même vaisseau sortant de dessous le bord opposé. Le diagnostic est certainement plus épineux, quand un exsudât choroM dien est accolé à la papille, car alors il est borné en avant par les vaisseaux de la rétine. Toutefois , l'aspect bien connu du slaphylômc postérieur pour les observateurs habitués à sa constatation les induira rarement en erreur.

Cette première phase de la lésion n'est communément signalée par aucun tiouble bien gênant dans les perceptions visuelles. La vue peut continuera êtro nette , mais la myopie plus ou moins forte qu'offre le malade est généralement associée à un certain degré de kopiopie, quand il se livre longtemps à des effort! de vue sur des corps petits et rapprochés.

Deuxième degré. — il est caractérisé par l'agrandissement de la plaque cidessus décrite. Non-seulement son bord interne s'est éloigné de l'insertion du nerf optique, mais elle se propage encore, avec une largeur variable, vers les limites supérieures, inférieures et externes de la papille, qui en est complet tement ou presque complètement entourée. Il résulte de là que la tache générale^ avec la papille qui y est enchâssée, se présente habituellement sous forme d'un cône tronqué dont le sommet est tourné en dedans. Les phénomènes fonctionnels ont dû naturellement subir une mutation proportionnée aux conditions matérielles. Si le sujet continue à distinguer plus ou moins nettement les objets, la myopie et l'asthénopie ont éprouvé un accroissement notable.

Troisième degré. — Les dimensions de la plaque nacrée ont tellement augmenté dans tous ses diamètres qu'elle apparaît immédiatement à l'observa-, leur armé de l'ophthalmoscope. Elle offre une configuration en général transversalement ovalaire. Parfois la papille atrophiée est presque invisible au milieu de la tache ; dans quelques cas, elle se présente sous forme d'une sorte d'ombre rougeâtre, du centre de laquelle on voit émerger des vaisseaux qui se dirigent ensuite en divergeant. Souvent la continuité de la plaque montre çà et là des amas pigmenleux. C'est surtout à ce degré de la lésion que les contours de la tache sont pourvus d'une très-grande irrégularité ; ils sont dentelés, déchiquetés, plus ou moins profondément échancrés. Rien de plus commun encore comme des îlots dépigmentés qui régnent à une distance peu considérable de la plaque générale ; on dirait une planète autour de laquelle gravitent un ou plusieurs satellites ; parfois ces appendices sont unis à la tache principale par une sorte de pédicule, sous forme de promontoire. On a généralement noté que l'ouverture pupillairc avait subi un certain degré de dilatation et que, l'iris était refoule en arrière, par suite de l'augmentation de capacité de la chambre antérieure.

Si, dans cette dernière période du mal, les perceptions visuelles ont éprouve

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