‹ Traité théorique et pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 303 sur 501 · CHAPITRE IX. — MALADIES DE LA CHOROÏDE ET VÈ LA RETINE · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. — MALADIES DE LA CHOROÏDE ET VÈ LA RETINE

lequel la myopie n'a fait qu'augmenter au lieu de diminuer par les progrès de Page, l'un est fondé à présumer l'existence d'un slaphylùmc postérieur. Parmi tes influences susceptibles d'en seconder l'invasion, on a cité les taies centrales, par suite des efforts d'accommodation qu'elles nécessitent. La maladie, d'ailleurs, brocède toujours avec beaucoup de lenteur. Elle peut s'arrêter dans son premier ou sun second degré, et cesser de faire des progrès ultérieurs.

« Je crois toujours, dit M. de Graefe que c'est à un état inflammatoire chronique qu'il faut attribuer l'allongement postérieur du globe oculaire, tout en reconnaissant que c'est à des recberches anatomo-pathologiques à mieux nous instruire sur ce point. En tout cas, la pression des muscles oculaires est un facteur important, et la dépression qu'ils déterminent marche tellement côte à côte des altérations inflammatoires chroniques, qu'il serait très-difficile de séparer ces doux états. L'utilité d'une thérapeutique antiphlogistique argumenterait aussi en laveur d'un élément inflammatoire ou congestif, qui ne peut pourtant pas

expliquer l'étiologie du mal La liquéfaction presque constante du corps vitré

dans la scléro-choroïdite postérieure est très-propre à la rapprocher de l'hydroplithalmos. Le caractère commun des affections réunies dans un tel groupe serait : ectasie partielle ou étendue de la sclérotique, avec atrophie des parties con ligues de la choroïde, liquéfaction du corps vitré, et une série d'altérations inflammatoires, en partie concomitantes, en partie consécutives, dans les membranes internes et les milieux réfringents. »

traitement. — Eviter la fatigue de l'organe visuel, ne pas se servir de verres concaves, porter au grand jour des verres fumés, et combattre les complications congestives, tels sont les principaux éléments qu'on a fait entrer dans la thérapeutique du staphylôme postérieur. S'il sont impropres à guérir le mal, nul doute qu'ils ne soient aptes à en enrayer les progrès. Les préparations belladonées ont encore été conseillées comme moyen de délente de l'organe visuel.

Article 4. — Glaucome.

On désigne généralement sous le nom de glaucome (glciucoma, glaucosis) une maladie offrant pour traits principaux une teinte glauque ou d'un vert sale, plus profondément située que l'opacité de la cataracte, une dilatation et une immobilité de la pupille, avec perle ou altération très-considérable de la faculté visuelle.

caractères anatomiques et physiologiques. — Dans mon Traité de l'amaurosc, je m'exprimais ainsi : « Un obscurcissement concave et verdàtre règne au fond de l'œil dans le glaucome; l'iris est modifié dans sa couleur ; la pupille dilatée éprome souvent un déplacement tel, vers les angles de l'œil , qu'elle représente la forme des pupilles des animaux ruminants; la sclérotique est plombée, bleuâtre dans toute son étendue ou dans des régions plus ou moins circonscritesles vaisseaux variqueux de la conjonctive offrent d'ordinaire la disposition dési-

1 i Archiv fUr Ophlhulmologie , t. I , seconde partie, p. 310. — Annules d'oculisli* l, XXXVI, p. 47o.

(J4.0 LIVRE II. MALADIES ni) GLOBE OCULAIRE.

gnée par les Mlernands bous le nom d'injection arthritique ou abdominale. Si Le glaucome peut s'établir peu à peu avec l'allure propre aux ophthalmies internes de marche chronique, et avec les caractères d'une choroïdite subaiguë, il est susccplihlc aussi de se constituer avec rapidité , à l'instar des apoplexies ocu- 1 laircs. C'est ce qui a fait dire à Jaegcr que c'était alors une sorte d'accès de goutte qui éclatait dans l'œil, ce professeur assimilant le corps vitré à un organe synovial , et considérant le glaucome comme le résultat d'une affection arthritique. Quoi qu'il en soit de celte théorie, nous ne saurions seulement assez insister sur un lait d'observation clinique : c'est que, quand le glaucome, ou, ce qui est approximativement la même chose , quand l'amaurose goutteuse ou arthritique de Beer attaque un œil, l'autre est prédisposé à être envahi par la même maladie, d'où l'indication alors de certains moyens prophylactiques, et surtout d'un exutoire puissant à la nuque. »

' Observation XLI1I.— Denain, âgé de soixante-quatre ans, à qui je donnai quelque» conseils en 4848, jouissait d'une excellente vue, quand tout à coup, dans la nuit du 3 au 4 janvier de cette même année , il fut pris d'élancements violents et d'un sentiment de dilacération horrible dans le trajet du trifacial droit; la vision de l'œil correspondant s'éteignit. Un médecin, mandé sans retard, prescrivit une saignée générale, des sangsues, des pédîhives, des sinapismes, un vésicatoire au bras, un autre derrière l'oreille droite, des purgatifs. Cette médication ne triompha point des désordres accomplis, et ne put' même pas, malgré son énergie, prévenir ceux qui menaçaient encore le malade : car, dans la nuit du 4 au 5 du même mois, pareilles souffrances du côté gauche furent accompagnées de l'abolition de la vue de ce côté. Le 44 février, je constatai un double glaucome. Les cornées étaient côtoyées par un large anneau bleu {cercle arthritique) ; des varicosilés tortueuses sillonnaient la conjonctive et le tissu cellulaire sous- conjoncti val; les pupilles étaient dilatées et transversalement ovalaires; le jour ne pouvait être distingué des ténèbres; les douleurs duraient encore, bien quavec moins d'acuité, et ne laissaient que peu d'instants de répit au malade. Je ne le revis que le 4 4 juillet; il sortait de l'hôpital clinique de la Faculté (service de M. Gosselin). Une cataracte glàucomateuse, avec ectropion de l'uvée, existait à gauche ; à droite, la cornée était largement perforée, par suite d'une suppuration de sa substance; j'effectua. même, avec la curette de Daviel, l'extraction du cristallin, qui se présentait à l'ouverture. Je conseillai les pilules de cynoglosse, et des cataplasmes émollieuts et calmants sur l'œil droit. Le 4 0 août, Denain ne souffrait plus. L'œil gauche avait conserve le ! même aspect, le droit était réduit à un tubercule informe.

Bien que la question du glaucome offre encore des points fort obscurs, on ne saurait méconnaître que des phénomènes, naguère inexpliqués, reçoivent aujourd'hui une interprétation satisfaisante, et qu'une voie d'indications rationnelles vient de s'ouvrir àungroupe de lésions qui faisaient le désespoir de notre art. Cette heureuse impulsion est due à M. de Graefe, et les documents que nous aurons à fournir à cet égard sont en grande partie l'émanation de ses doctrines.

Un bon nombre d'auteurs placent le siège principal du glaucome dans corps vitré. C'est pour les uns une inflammation de ce corps, pour es autreune dégénérescence de cet organe qui se liquéfie après la destruction de ses ce - Iules. Comme à un certain degré de son développement le glaucome présente

Page 1