CHAPITRE IX. — MALADIES DÈ l-A CHOROÏDE ET DE LA RÉTINE- l
k i n >i,i m, h:. Les causes du glaucome sont entourées d'obscurité. M. Regnoli, [ligne fils de l'illustre professeur de Florence, me disait qu'il l'avaitbien plus sou- \ent rencontre en Italie qu'en France. Il est à remarquer qu'il ne se développe |uèrc que dans la seconde moitié de la vie, de quarante-cinq à soixante ans. La toutte, le rhumatisme, l'état hémorrhoïdal, un trouble dans la circulation de la freine-porte, ont été placés dans la catégorie des causes qui donnent lieu à celte affection ; les femmes y sont surtout exposées à l'époque critique. S'il a été jusqu'à ce jour impossible d'apprécier le mode suivant lequel ces conditions engendrent la forme spéciale qui nous occupe, il n'en est pas moins vrai qu'elles ont été trop souvent notées pour qu'il y ait lieu d'en tenir compte. Un bon nombre de sujets glaucomateux m'ont offert une baleine fétide. La funeste tendance de l'œil resté sain à être envahi tôt ou tard, quand son congénère est atteint de glaucome, a été signalée par tous les observateurs. C'est le globe gauche qui serait le plus souvent affecté le premier, d'après Chelius. Dans ces dernières années, et avant qu'il ne fût question de l'iridectomie appliquée aux lésions glaucomateuses, on a donné le conseil d'extirper un œil, qui avait été attaqué de glaucome, pour en préserver l'autre. L'intervention de cette opération dans l'espèce nous paraît irrationnelle, car le glaucome n'étant que la conséquence d'une prédisposition organique spéciale, l'ablation d'un œil ne saurait y remédier, quant à son congénère; peut-être même qu'elle favoriserait plutôt la tendance de ce dernier à être envahi. Cette théorie, d'ailleurs, est loin d'être nouvelle. « J'ai toujours éprouvé, dit Dcmours, quelque désir de faire fondre le premier œil attaqué, dans l'espoir de sauver l'autre. Je ne l'ai pas encore fait; j'ai eu connaissance que cette tentative a été exécutée, et qu'elle n'a pas mis le second œil à l'abri , quoique l'opération eût été faite, lorsque celui-ci était encore très-sain. Samt-Yves avait pensé que l'on pourrait faire, dans les cas semblables, l'extirpation du globe pour préserver l'autre. »
traitement. De l'iridectomie et de la section du muscle ciliaire dans le glaucome. — Le glaucome était considéré jusqu'à ce jour comme au-dessus des ressources de l'art, et le traitement qu'on invoquait contre lui, dans le but seul d'enrayer les progrès du mal, ne se composait guère que des antiphlogistiques , des dérivatifs, des sédatifs dirigés contre les crises douloureuses et de quelques éléments thérapeutiques en harmonie avec les causes présumées de la maladie. La pratique est aujourd'hui sous l'empire d'un autre ordre d'idées, grâce à M. de Graefe, et, à cet égard, ils nous paraît opportun de transcrire ici quelques documents exposés par ce praticien devant le congrès ophthalmologique de Bruxelles (séance du 16 septembre 1857) :
« Il s'agissait de diminuer la pression intraoculaire. Le premier moyen que nous avons essayé a été l'emploi des mydriatiques. Je crois avoir démontré que les mydriatiques n'agissaient pas seulement sur l'iris, mais qu'ils diminuaient aussi la pression musculaire. Les mydriatiques restèrent sans elle!.
« l.e second moyen, auquel je me suis arrêté, a été la paracentèse ,le la Cambre antérieure. Nous avons obtenu , par ce moyen, des effets très-saisis sauts. Malheureusement ces effets devaient être temporaires; l'inflammation dlaucomateuse revenait. D'autres lois, l'inflammation ne paraissait pas: mais
MVlllï 11. MAUIIII'.S OU Cl.OHE OCUI.AIHC.
le champ visuel se rétrécissait , la corpée devenait plus anesthésique, l'iris plus
décolqré.
« ,1c crois avoir trouvé mi moyen qui remplit parfaitement 1 indication. L'exci- , sion d'une portion de l'iris est la ressource la plus énergique pour diminuer la pression intraoculaire. C'est un l'ail, dont vous pouvez tous vous convaincre, qu'en excisant une partie de l'iris, l'œil devient plus mou. C'était surtout dans le staphylôrao que j'avais acquis celte conviction. Dans le staphylùme partiel, il n'y a pas de moyen plus cllicacc pour diminuev la pression intraoculaire que d'exciser l'iris 1.
« Sur le premier sujet (pic j'opérai , j'obtins les résultats les plus brillants. Us ne m'inspiraient pas grande confiance, parce que je me rappelais les Naines espérances que je m'étais faites sur la paracentèse. J'ai attendu ; la vue est restée bonne. J'ai opéré, peut-être, une quarantaine de fois ; il n'y a pas eu de réduite.
« D'autres fois, j'ai opéré sans aucun succès, et j'ai reconnu ainsi qu'il es,j des limites hors desquelles le procédé reste sans influence. Lorsque l'excasation du nerf optique est très-prononcée, lorsque le champ de la vision est très çtrofo l'iridectomie ne donne pas de résultats ou n'en donne que de temporaires. < -l là que j'ai eu des rechutes. Ces cas se présentent lorsque le glaucome existe depuis six mois ou un an. L'iridectomie nous a surtout paru avantageuse dans les circonstances où un individu a un glaucome à un œil et n'en est point affecté à. l'autre, et présente des prodromes indiquant qu'il arrivera a une cède
complète. . .
« Ce que je viens de dire s'applique surtout au glaucome aigu. Mais ,1 vous est connu qu'il se présente des cas auxquels on peut donner aussi le nom de okucome , et qui se développent, non pas avec des accès inflammatoires, mais d'une manière plus lente, la pupille s'élargissant un peu, la chambre antérieure devenant plus plate, tous les phénomènes du glaucome se produisant peu a peu. . Pour ces cas, je ne puis vous donner encore de résultats absolus; je crois pouvoir dire que là aussi l'iridectomie sera le moyen le plus efficace ; mais je ne s pourrai décider la question qu'après une nouvelle expérience de trois ou quatre
années. , •
« Je terminerai cette communication en ajoutant quelques mots sur certains cas d'amaurose où l'on voit l'excavation de la papille optique et oh tous les : autres signes du glaucome font défaut (page 644). Cette forme d'amaurose peut très-bien être une maladie substantielle du nerf optique, dépendant d une altération organique de ce nerf, de sa compression, etc. On peut très-bien se % rer qu'une pression', exercéesur une partie quelconque du trajet dunerf op .que détermine une altération de sa papille. Dans ce cas , je n'a, absolument nen
obtenu de l'iridectomie. » . ]e
M. de Cracfc a insisté sur les particularités suivantes, en ce qu. concerne le
manuel opératoire2 : .. .x
l« La plaie devra être faite aussi excentrique .pie possible. L incision c.xie
i Voy. p. 376(, el la noie consignée p. 131.
* Archiv fur Ophtkalmoloijic, l. 111, 2« partie, p. oi8.