CHAPITRE IX. — MALADIES DE LA CHOROÏDE ET DE LA RETINE. ti.'il
l'ai maintes fois cherchée, mais rien de Lien satisfaisant ne s'est encore mon l i é à moi à cet égard. Voici sur cette question importante quelques détails publiés Lar M. Ed. Jaeger1. Les tidiercules choroïdiens sont tantôt uniques, tantôt au nombre de deux ou en quantité plus considérable. Leur coloration varie du blanc jaunâtre au jaune citron. Leur volume, à l'exploration ophthalmoscopiquc, est celui d'une lentille ou au delà. Dans quelques cas il n'existe aucune inflammation appréciable ; il y a, dans d'autres, hypérémie des membranes profondes. L'examen nécropsique démontre qu'ils se sont développés dans le tissu choroïdjen; ils sont d'un blanc ou d'un gris jaunâtre, mous, bien que consistants, et de la grosseur d'un grain de pavot à celle d'un grain de millet. Le stroma, le pigment et les petits vaisseaux de la choroïde sont partiellement déplacés et partiellement remplacés par la production tuberculeuse. Au microscope on voit une masse fondamentale finement granuleuse, et de petites agglomérations de noyaux; il y a peu de cellules qui ont en partie subi la dégénérescence graisseuse; on rencontre en outre quelques éléments dont la nature échappe à l'observation. Ces tubercules, d'après M. Ed. Jaeger, sont analogues à la substance centrale de ceux du cerveau, et appartiennent aux tubercules gris (fibrocroupeux de Rokitansky). Ils sont d'ailleurs constamment associés à de la tuberculose dans d'autres organes.
Dans une observation curieuse dont a fait part le docteur Follin à la Société de chirurgie de Paris (séance du 13 février 1861), il s'agit d'une production dermoïde et pilifère que contenait un œil enlevé sur le cadavre d'une femme de soixante-dix ans. Cet organe était cataracte, mais c'était là la seule lésion apparente; la cornée, la sclérotique, l'iris, le corps vitré jouissaient de leur intégrité physiologique. La tumeur, de couleur jaunâtre, longue d'un centimètre et demi et large d'un centimètre, était située entre la rétine et la choroïde, à la partie supérieure du globe. L'une de ses faces, plane, répondait à la première de ces membranes; l'autre, bombée, répondait à la seconde. La face choroïdienne était chagrinée, traversée par des sillons, comme la peau, et garnie de poils, les uns assez gros, les autres plus petits; leur nombre s'élevait à vingt-cinq environ; ils prenaient naissance dans la profondeur des sillons. L'examen microscopique de la tumeur, à l'aide de coupes minces faites dans toute son épaisseur, de la face choroïdienne à la face rétinienne, démontra qu'elle était composée de plusieurs couches analogues à celles qui représentent la peau et le tissu cellulaire sous-cutané. La structure des poils était identique à celle des poils normaux2.
L albinisme, condition congénitale dans laquelle on rencontre l'absence du pigment choroïdien, sera plus méthodiquement décrite au livre IV.
1 Annales d'oculislique, t. XXXVII, p. 89.
2 Consultez, pour plus de détails, la Gazelle des hôpitaux, année 1 861 , p. 90.