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MALADIES DE LA RÉTINE

Article 1.— De la rétinite et de la rétino-choroïdite.

La rétinite peut se présenter à l'état aigu ou à l'étal chronique.

caractères anatomiques et PHYSIOLOGIQUES. 1° Mlinilc aiguV. — On lui a assigné comme traits pathognomoniques une photophobie excessive associée à une forte contraction de la pupille, à du blépharospasme, à l'écoulement d'une grande quantité de larmes brûlantes, à des douleurs sévissant dans L'œil et dans la région circumorbitaire. Le maladeest tourmenté par la perception d'étincelles, de cercles enflammés; il aperçoit des taches rouges, bleues et de toute couleur. La vue a subi une détérioration considérable ou est abolie. J'ai souvenl entendu Dupuytren qualifier de rétinite les désordres qui viennent d'être signalés, et qui se montraient consécutivement aux opérations de cataracte à l'aiguille. La belladone était le remède de prédilection qu'il prescrivait dans les cas de ce genre (p, 126).

Cette forme existe, on ne saurait en douter; mais je ne pense pas qu'elle puise maintenir à l'état isolé. Il y a bien certainement, dans de telles circonstances, de la eboroïdite, souvent de l'iritis, une ophthalmie interne, en nu mot, avec prédominance de souffrance phlegmasique dans l'un ou dans l'autre des tissus internes de l'organe. Si l'inflammation n'est pas enrayée par un traitement sévère, antiphlogistique et bydrargyrique, elle peut aboutir à l'ophthalmite (p. 300) et aux conséquences qu'est susceptible d'entraîner celte affection formidable.

La présence de la photopbobic rend impraticable, dans de telles conditions, toute tentative d'exploration de l'œil avec l'opbthalmoscope.

2° Rétinite chronique.— L'hypérémie des vaisseaux rétiniens, très-constatable par le secours de cet instrument, en est le caractère pathognomonique (rétinite con°-estive). Elle se présente très-souvent à l'observation.

C'est surtout sur la continuité de la papille que vous reconnaîtrez au début la turgescence plus ou moins bornée des vaisseaux dont il vient d'être question, à cause de la surface blanche sur laquelle ils serpentent, et qui en accentue le relief. Il arrive fréquemment, à un degré plus avancé de l'hypérémie rétinienne, que non-seulement les vaisseaux habituellement constatâmes sont manifestement gorgés de sang, mais que d'autres encore, invisibles dans les conditions physiologiques, apparaissent à vos regards en donnant lieu à des arborisations mult.pliées. La papille est devenue plus rosée. Notons encore le pouls susceptible de se manifester quelquefois spontanément et sans une compression artificielle sur les plus gros vaisseaux, et surtout sur les veines variqueuses (p. 63). A mesure que M mal s'accroît, la congestion devient plus forte dans les tubes vasculaires qui sillonnent le reste de la membrane nerveuse ; leurs anastomoses se multiplient; le fond de l'œil présente un aspect d'un rouge vif. Constamment d'ailleurs, a ce

chapitre ix. — Maladies de la choroïde et de la rétine. . C>53 degré de la maladie, la choroïde sous-jacente participe à la soullrance qui nous occupe (rétino-choroïdite). La conjonctive est habituellement injectée. Si, dans quelques cas, le malade n'accuse que de la kopiopie , un peu de trouble de la vision et une certaine sensibilité des yeux à la lumière, il peut offrir, dans d'autres, la perception de scotomes étincelants et les symptômes qui font partie du cortège des amauroses sthéniques ou hypérémiques (p. 613).

Certains épiphénomènes sont susceptibles de compliquer la forme pathologique qui vient d'être décrite, et de lui imprimer des caractères spéciaux qu'il est important de connaître.

Exsudats de la rétine. (Pl. XII, ûg. 1.) — La rétinite, dite eœsudative , que je rencontre fréquemment chez les syphilitiques, est caractérisée par le développement de produits plastiques d'épaisseur variable, parfois manifestement saillants et plus ou moins étalés sur la surface de la rétine. Leur coloration est d'un blanc jaunâtre. Us surgissent, dans quelques cas, entre deux vaisseaux rétiniens. Nous avons déjà dit que le signe capital à l'aide duquel on appréciait si un exsudât était localisé sur la choroïde ou s'il siégeait sur la rétine, c'est que, dans le premier cas, l'obstacle était borné par les vaisseaux rétiniens visibles au-devant de lui, tandis que, dans le second, ces mêmes vaisseaux se glissent sous lui pour se laisser découvrir de nouveau dès qu'ils ne sont plus cachés par l'amas morbide. Ce caractère, d'ailleurs, est sujet à quelques restrictions susceptibles de jeter du doute dans le diagnostic différentiel. Elles dépendent de la présence possible de vaisseaux ténus, de nouvelle formation, qui peuvent recouvrir à la longue le produit pathologique.

J'ai vu quelques élèves confondre ce dernier avec le staphvlôme postérieur, quand il occupait les limites de la papille. L'erreur n'est guère possible si l'on a égard aux symptômes exposés p. 635.

OEdème de la rétine. — Les auteurs se montrent peu explicites sur le sens véritable qu'il faut donnera cette qualification. S'agit-il d'une infiltration du tissu rétinien par un liquide, sous l'influence d'un obstacle dans la circulation ', ou bien la rétine est-elle soulevée par une couche légère de fluide qui donne lieu à une sorte d'empâtement local? C'est à cette dernière induction que semble conduire l'assertion de ceux qui comparent l'œdème de la rétine au chémosis séreux. Quoi qu'il en soit, le caractère capital qu'on lui a assigné est la substitution d'un trouble aqueux, d'une teinte opaline, à la coloration d'un rose franc 'le la surface rétinienne. Ce symptôme, qu'on a associé à quelques rétinites et à tes choroïdites, me paraît être plus particulièrement le partage de l'amaurose albuinmurique. M. Ricord professe que l'œdème rétinien peut être le résultat de la médication iodique, de même que l'œdème de la glotte, les congestions sé-

1 M. Schauenburg, professeur à l'université de Bonn, fait intervenir comme cause de la réimite la turgescence de sa trame sous l'influence de bourres ou de bouchons encombrant une partie des vaisseaux rétiniens (embolies). C'est ce qu'il appelle rétinite bourhonneuse ou embolique. Ce même phénomène peut se manifester dans la choroïde- Virchow l'a également constaté dans les reins et dans la rate. (Consultez à cet égard les Annales d'oculistique, t. XXXV, p. 181.)

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rcuses du Cêfrtëâii el certaines oplillialmies dites catairho-œdémalpuses, et signalées b. U2I3* On l'a fait figuier également dans le cortège symptomatique de quelques amauroses syphilitiques, ce que je n'ai jamais constaté. Quoi qu'il en soit, l'oed&trie dê la rétine nous semble une manifestation pathologique plus rare Qu'oïl aé l'a gôtiérllâniëiit admis, et nous aurons 3 lournir à cet égard une donnée digne d'intérêt au point de vue du diagnostic différentiel. (Voy. section IV, art. 2.)

Hémorrhagie fie la réline. — La rupture des vaisseaux de la rétine peut donner lieu à des épanchements hémorrhagiques. Nous avons vu que le système vasculaire choroïdien était plus fréquemment le siège d'un tel accident, le sang stagnant ensuite, entre la choroïde et la rétine, ou bien encore perforant cette membrane" pour se loger au-devant d'elle ou pour faire irruption dans le corps vitré. L'apoplexie de la rétine (rétinite apoplectique) peut se constituer subitement ou venir compliquer d'antres variétés de la rétinite ou de la rétino-choroïdite. Nous l'avons constamment rencontrée dans l'amaurose albuminurique.

Les ecchymoses qui nous occupent sont plus ou moins copieuses, et n'existent que dans une région ou se multiplient plus ou moins; elles affectent des configurations variées. Si dans quelques cas la rétine est comme piquetée par des points rouges, dans d'autres, infiniment plus communs , cette membrane offre des taches plus accentuées, des plaques, des nappes, etc. ; le quart, le tiers du fond du globe peuvent être envahis par une suffusion de ce genre. Rouges ou d'un brun rougeàtre au début, ces obstacles, après avoir graduellement pâli et diminué, se résorbent ou laissent à la place qu'ils occupaient un dépôt fibnneux d'un blanc grisâtre, parfois une plaque diversement bigarrée. Dans quelques circonstances on rencontre çà et là des caillots qui ne paraissent avoir subi aucun changement, tandis qu'on constate dans d'autres points des plaques constituées par des foyers incomplètement résorbés. Toutes les régions de la rétine sont susceptibles, d'ailleurs, d'être envahies par de telles collections. Une tache de ce genre peut occuper la papille elle-même, tantôt vers son centre, tantôt vers sa périphérie (apoplexie de la papille) ; cette disposition, parfois fort exiguë, peut échapper à l'exploration ophthalmoscopique à l'image renversée, et se révéler avec les caractères les plus manifestes dans l'examen à l'image droite. Lépanchement est susceptible de masquer la papille entière, ou bien encore de n'en occuper qu'une partie, se fusionnant avec une collection du même genre de la région limitrophe.

Les traits physiologiques qui se rattachent à ces extravasations sont en rapport avec leurs dimensions, leur siège et les conditions des lésions concomitantes. Dans certains cas la vision est éteinte, dans d'autres il y a interruption du champ visuel, phénomène qui s'associe quelquefois à une perversion plus ou moins forte de la vision excentrique. Chez un jeune homme qui s'est présente a nies consultations cliniques, et dont l'œil droit, atteint d'une apoplexie déjà ancienne de la macula, est dessiné pl. VU, fig. % une tache couvrait les objets que contemplait l'organe affecté, mais la vision périphérique restait intacte. Il y aurai donc erreur à croire que l'apoplexie de la macula entraînât constamment la suspension absolue de la fonction visuelle.

J)e la rétinite pigmentaire oupigmcnteusc. — ïïnt\s cette forme pathologique,

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