CHAPITRE IX.— MALAl>lî?.S DE LA CHOKOlhK ET j)fi 1.A RÉTlfffi
la rétine est imprégnée d'ttne certaine i|nantilé de pigment. Elle a, quant à ses caractères ophthalmoseopiques , la plus grande analogie avec la clioroïdile atrophique; toutefois, dans la rétinile dite pigmenteuse, les stries, bandes et collections diverses de pigment ont un siège plus rapproché de l'observateur, et les couches noires auxquelles il donne lieu viennent masquer plus ou moins les vaisseaux rétiniens. Le docteur Mooren, auteur d'un travail sur là rétinile pigmenteuse1, invoque, comme cause locale de cette altération, un dérangement de la nutrition du nerf optique et de la rétine ; la gène de la circulation engendrerait une inflammation chronique de cette dernière membrane, et, comme conséquence, la transformation de la matière colorante du sang en pigment.
Quand on réfléchit que la choroïde offre, aux limites du tissu rétinien, une source toute naturelle de matière pigmentaire, je ne comprends guère qu'on aille chercher ailleurs l'origine de celle qui figure dans la constitution de la rétinite pigmenteuse; la transformation, admise par M. Mooren, me semble donc très-problématique. Il y a lieu de croire, d'après moi, que le mal débute dans la choroïde, des cellules pigmenleuses perforant la couche des bâtonnets, se déposant dans les divers éléments de la rétine, se plaçant même aU-devant de sa substance. Au demeurant, la rétinite pigmenteuse, qui parfois d'ailleurs s'associe au staphylôme postérieur, à des exsudats, à des désordres de toute sorte dans la choroïde et dans la rétine, ne me paraît autre chose qu'une variété de la rétino-choroïdite.
étiologie . — Les influences qui donnent lieu à la rétinite sont toutes celles qui président au développement des amauroses dites congestives. Nous signalerons plus particulièrement lu lassitude de l'accommodation , dont il a été question p. 600, et sur laquelle nous reviendrons au chapitre XL Maintes fois, chez les sujets qui avaient fatigué leurs yeux dans la contemplation longtemps soutenue d'objets petits et rapprochés, j'ai constaté des hypérémies du fond de l'organe visuel, et plus spécialement de la papille. Dans ces cas, le mal suit d'habitude une allure lente et chronique, par suite de la persistance de la cause qui lui a donné lieu, et en perpétue l'existence. Dans d'autres, il est de courte durée quand il provient, par exemple, d'une condition palhogénique peu grave, et qui n'a exercé sur l'œil qVune influence passagère.
Les considérations qui viennent d'être établies s'appliquent également à la combinaison de la r<Hinite et de la clioroïdile (rétino-choroïdite), forme complexe dont il a été souvent question dans ce travail. Les caractères symptomatologiques de cette maladie reposent sur l'appréciation des deux éléments qui la constituent, et dont l'un peut prédominer plus ou moins sur l'autre.
Nous terminerons par une réflexion pleine de justesse qui a été émise en notre présence par le docteur Follin : il s'agit des analogies qui existent entre les états pathologiques de la conjonctive et ceux de la rétine. Dans l'une comme dans l'autre, les vaisseaux peuvent être atteints d'hypérémie. Dans quelques cas, la conjonctive est soulevée par un épanchement séreux; chose semblable peut avoir lieu pour la réline frappée d'œdème ou de décollement. Du sang est
* Annale» (ToCulistique, t. XLL p. 24.
f,5(î i.ivnr. il. — maladies du globe oculaire.
susceptible de s'épancher sous la conjonctive, comme il s'épanche également sous la rétine dans l'apoplexie de celte membrane.
tiiaitement. — La médication des congestions rétiniennes est, comme celle des congestions choroïdiennes, soumise aux règles thérapeutiques qui se rattachent aux amauroses sthéniques (p. 616). La cause qui a pu leur donner lieu devra être de la part du praticien l'objet d'une investigation sérieuse. (Voy. section V.)
Article 2. — Décollement séreux de la rétine (hydropisie sous -rétinienne).
La rétine, séparée de la choroïde, peut être soulevée par de la sérosité ou par du sang. Nous avons déjà traité du décollement sanguin (p. 649); l'hydropisie sous-rétinienne nous occupera dans cette partie de notre travail. (Pl. XI, hg. 1 .)
caractères anatomiques et physiologiques. 1° Hydropisie totale.— Le fond de l'œil offre à l'observateur une surface opaline ou d'un gris perle. Elle est traversée par des replis sous forme de bandes, affectant le plus habituellement une direction horizontale, et présentant souvent un aspect nacré. 11 n'est pas rare d'y rencontrer des mamelons, des bosselures très-manifestes. On peut suivre avec facilité sur le tissu détaché les vaisseaux qui y serpentent, s'y ramifient, et paraissent généralement d'un calibre plus fort que dans les conditions physiologiques. Ces vaisseaux semblent soulevés; ils se conforment d'ailleurs dans leur progression aux dispositions de courbure que fournit à la rétine le liquide qui la pousse en avant. La papille a disparu. Invitez-vous le malade à diriger doucement son œil en haut, en bas, sur les côtés, vous reconnaissez que le tissu rétinien oscille, tremblote (retina tremulans), sous l'influence du fluide qui vient l'agiter; la vacillation est surtout sensible quand, à la suite de ces mouvements, la cornée s'est arrêtée au centre de l'écartement interpalpébral. I*vue,tfans de telles conditions, est abolie.
L'hydropisie sous-rétinienne, arrivée à ce degré, est constatable à l'œil nu ou à la loupe, d'où il résulte qu'elle était connue avant la découverte de l'ophthalmoscope ; mais ce n'est qu'avec cet instrument qu'on en vérifie les petits détails, qui sans son secours échappent à l'exploration. Elle est généralement plus facilement appréciable avec le réflecteur seul qu'avec le miroir associé à la lentille. L'éclairage oblique (p. 52) peut être utilisé dans l'examen des lésions de ce
genre. .
J'ai rencontré des décollements rétiniens qui devenaient in visibles a la longue, par suite d'une fausse membrane qui, sous l'influence d'une iritis lente, venait oblitérer la pupille. Le même effet peut être produit par l'invasion d'une cataracte, généralement molle dans les circonstances de ce genre. L'épreuve des phosphènes ne devra donc point être négligée, avant une opération de cataracte, quand on soupçonne la complication qui vient d'être signalée. Le corps vi tre est très-sujet à se troubler, à se liquéfier; son oscillation, qui s'associe parfois a ceUe de la rétine, peut se combiner aussi avec celle de l'iris (iridodonésis). Rien <jc commun, dans les conditions qui nous occupent, comme l'a présence corps flottants dans la masse hyaloïdienne*