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CHAPITRE IX. — MALADIES DE LA CHOROÏDE ET DE LA RED NE • (î

2" Hydropisîe partielle. — Elle ; envahît j sauf quelques exceptions , la région déclive du bulbe visuel. 11 est aisé de la reconnaître à la teinte aqueuse qui occupe la portion décollée de la rétine, tandis que le reste du fond du globe conserve son aspect orangé. Lorsque, dans les cas de ce genre, vous prescrivez au malade de tourner son œil dans un sens, le champ pupillaire apparaît blanchâtre, car la partie détachée s'offre alors à vos regards; la pupille devient rose quand le sujet dirige le globe dans un autre sens, la partie saine se présentant à l'observation. La transition des vaisseaux de la région non décollée de la rétine sur la région décollée est très-palpable ; la limite de séparation de ces deux régions est tantôt transversale, tantôt plus ou moins oblique; elle est souvent convexe, parfois ondulée. Le flottement rétinien est constamment moins prononcé dans l'hydropisie partielle que dans l'hydropisie complète ; il est aisé d'en saisir les motifs. Il faut considérer comme exceptionnels les cas où la moitié externe ou bien la moitié interne de la rétine est détachée seule, de telle sorte que la partie saine et la partie malade soient séparées par une ligne verticale. Les localisations de ce genre, notées par M. de Graefe, ne se l'apportaient guère qu'à des lésions d'origine traumatique, observation qui a trait également aux décollements supérieurs. J'ai vu le détachement de la moitié inférieure de la: rétine associé à une choroïdite très-avancée et très-appréciable dans la moitié supérieure du champ pupillaire. Les profondeurs de l'organe montraient, chez ces malades, deux plaques très-manifestes. L'une, qui flottait, était d'un gris bleuâtre; l'autre, exempte de vacillations, était tachetée de macules brunâtres. Beaucoup d'hydropisies sous-rétiniennes partielles ne s'opposent pas à ce qu'on puisse découvrir la papille.

La méropie est le symptôme capital du décollement partiel de la rétine. Une sorte d'écran vient obstruer le plus souvent la portion supérieure du champ visuel (p. 77). Cet écran peut être nébuleux à un degré peu avancé de l'altération, puis devenir plus obscur, et finalement tout à fait noir. Dans quelques cas il est très-foncé de prime-abord, l'obscurcissement étant complet et soudain. 11 y aura heu le plus communément de joindre à la méropie le brisement des lignes droites et des modifications diverses dans l'aspect des corps, qui peuvent paraître tortueux (métamorphopsie), dirigés obliquement, etc. Si la limitation du champ visuel est unie par quelques rapports à celle que nous montre le mal apparent, très-souvent aussi la faculté de voir subit une perturbation qui ne semble plus en harmonie avec l'étendue du décollement. Il est facile de se rendre compte de ces conditions en réfléchissant que la partie non détachée de la rétine doit toujours être plus ou moins gênée et même plus ou moins altérée dans cette circonstance; ses vaisseaux s'hyperhémient, et le bourrelet séreux chevauche sur sa continuité à des degrés variables.

Un professeur qui m'a consulté, et que je trouvai atteint à l'œil droit d'un décolement partiel de la rétine, accusait la sensation d'une ondulation devant le globe affecte, quand il se livrait à quelque mouvement violent. L'oscillation étaïl surtout marquée lorsqu'il remuait vivement la tête; plus il marchait vite et plus se fa»t sen ,r Le tremblotement était plus fort par un temps chaud q,, pai un temps froid. Il était presque msenSihle au lever du malade. J'ai donné des

QY)H ttVRft II. — MA1.AD1KS DU GLOBE OCIILA1HE.

soins à un honltue affligé de la même maladie avec coloboma de l'iris au globe gauche, el qui voyait de cet œil les objets douilles (p. 609).

L'hytlropisic incomplète de la rétine peut devenir complète à la longue et se compliquer, dans sa marche progressive, d'ecchymoses, d'exsudats, de synclnsiset de quelques autres désordres déjà mentionnés. Quand, dans dételles condilions, des paillettes de cliolestérine viennent se loger entre la rétine et la choroïde (p. r>94), on les voit, sous l'influence des mouvements du globe, ilotter dans le liquide qui soulève la rétine et derrière les vaisseaux de cette membrane. Dans Quelques cas les paillettes micacées sethblent fixes, adhérentes. La spihlhéropie rétro-rétinienne doit d'ailleurs être considérée comme très-rare.

imOLbciE. — Les causes de l'hydropisie sous-rétinieline sont le plus souvent enveloppées d'un profond mystère. Je ne l'ai guère rencontrée que chez les adultes. M. de Graefe, qui la considère comme ayant pour point de départ le plus habituel une hémorrhagie de la choroïde (p. 649), paraît avoirohservé quelques malades qui , àû début de leur affection, survenue d'une manière subite, accusaient la sensation d'un obstacle d'un rouge de sang qui venait masquer' l'aspect des objets; il devenait jaune eh peu de jours, puis perdait tout à l'ait cette coloration. J'ai également noté cette condition étiologique; la figure I de la blanche XI représente un cas de ce genre. Les plaies pénétrantes de la seîérdllqtie, dans des régions surtout éloignées de la cornée , seraient , d'après M. de Grâefe, une cause capitale du décollement rétinien, qui, dans l'espèce, ne surgit que quelque temps après la gûérison de la solution de continuité scléroticalc. La partie lésée se rétracte quand le tissti cicatriciel est venu réparer la brèche dont elle était le siège, cl c'est sous l'influence de cette rétraction que se produit le décollement de la rétine. Un refroidissement subit paraît l'avoir engendré chez quelques malades. Parfois encore un érysipèle de la face en a été le point de départ. 11 y a lieu, dans d'autres cas, de lui attribuer quelques-unes des causes qui donnent lieu à un grand nombre d'affections amaurotiques, et qu'on trouve consignées dans ce chapitre.

traitement. — On conseillera contre les hydropisies sous-rétiniennes les ven-i touses sèches sur la région de l'épine ; les ventouses scarifiées sur cette même région ou à la tempe, les dérivatifs intestinaux, les iodiques, les pommades cuivreuses (p. 122), le polygala de firginie (p. 123), et surtout les mercuriaux. J'ai vu chez un malade la mérbple diminuer comme par enchantement soùi l'influence de la salivation hydrargyrique. La pommade de Gondrct, appliqua au voisinage de l'œil et au .sinciput, m'a paru utile. Les frictions, de huit en huit jours, derrière les oreilles et jusqu'à manifestation d'un léger écoulement, aveë une pommade à l'huile de crottin (p. 110), m'ont rendu dés services réels. L'application d'un cautère au bras, les pédiluves additionnes d'eau régale, le* frictions sur le front avec l'onguent napolitain et les ventouses scarifiées , périodiquement répétées, avec injonction de rester ensuite dans l'obscurité perifflV vingt-quatre heures, ont été conseillés à l'un de mes clients par M. de Graefe. .M. CdUrsserant m'a dit avoir pratiqué avec succès», dans un cas de ce genre, l'excision de l'iris. On recherchera avec la plus grande attention le? conditions qui ont pu donner lieu à la maladie (suppression d'une sueur habituelle dc$

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