‹ Traité théorique et pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 31 sur 501 · CHAPITRÉ I. — DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

CHAPITRÉ I. — DIAGNOSTIC

plus saillants, au contraire, et plus durs; telles sont celles produites par l'apoplexie, par l'ivresse, par l'étranglement, par la vapeur de charbon, etc. Le docteur Bouchut avance qu'il n'est pas de chirurgien qui ne sache combien l'opération de la cataracte est difficile sur le cadavre, c\ cause de cet affaissement de l'œil, qui résiste au couteau et se déforme avant de se laisser pénétrer. Cette proposition est exacte, sans doute, quand on procède à la formation de lambeaux kératiques sur certains sujets qu'on rencontre dans les salles de dissection, deux ou trois jours quelquefois après la mort; mais quand celle-ci ne date que de quelques homes, les cornées sont souvent rénitentes et assez fermes pour que l'opération soit pratiquée avec la plus grande facilité et sans blessure de l'iris.

Nous terminerons par une recommandation qui nous paraît utile au point de vue pratique. Des malades croient quelquefois devoir s'assurer, au préalable, de la capacité du médecin qu'ils consultent, en lui demandant quel est, dans son opinion, le globe entrepris. Si l'organe est amaurotique, le praticien n'y voit, de prime-abord, rien d'anormal. Mais a-t-il l'imprudence de répondre : « Je crois que l'œil malade est celui-ci, » en désignant l'œil sain, il donne de lui une mauvaise opinion à son client. Les gens du monde s'imaginent que tout trouble fonctionnel suppose un trouble appréciable pour l'observateur. Il faut ici de la circonspection et éviter le piège tendu.

Article 2. - Éclairage oblique ou latéral de l'œil. — Procédé de M. Laugier pour la constatation de certaines déformations cornéales.

L'exploration à l'éclairage oblique ou latéral consiste dans l'examen de l'œil sur lequel on concentre, à l'aide d'un verre convexe, un faisceau de lumière qui émane de la flamme d'une bougie et mieux de celle d'une lampe d'un assez fort calibre. L'investigation se fait dans une chambre obscure. Une lentille d'un pouce et demi ou d'un pouce trois quarts de foyer s'approprie parfaitement à cette destination. Si cette loupe n'est pas montée sur une garninre en buffle, en corne, etc., et si elle n'est pas munie d'un manche que observateur puisse confier à l'une de ses mains, il k saisir* par sa circonference, a la.de du pouce et de l'index de la main droite; il invitera le malade assis a tourner un peu l'organe à explorer vers la lumière placée à sa gauche, sur une table, à la hauteur de l'œil; puis, appuyant les deux ou tr .s derniers doigts de la même main sur le front du su.eï, il fera tomber obliquement sur le globe le faisceau formé parles rayons lumineux. On peut d ailleurs imprimer à la lentille des inclinaisons variées, et l'éloigner ou

du malade, le chirurgien tiendra la lentille de la main gauche.

eWdont tTStiSalipneSt SUl'l0Ut UtHe P°Ur Ia station des détails exigus dont la cornée, l'iris et le cristallin peuvent devenir le si&a F„ ce

+^££2* ^ r PailieS' « infinis Z

peneu. a 1 opbthalmoscope, dont le rôle consiste surtout à nous révéler les

^£Î^rrmd«l DCS kératk6S P~ très-line: t £ >-<iits, nos exsudations (Veros dpS vnîaa&tniv ci r i

egeitM . des vaisseTUrs filiformes, des corps étrangers

■">2 UVHK I. CONSIDKIUTIOXS f.KNl'.UA I.RS.

très-menus, placés sur lu cornée, pourronl être commodément distingués par ce procédé. Il en sera de même des altérations du bord pupillaire de l'iris, des brides qui donnent lieu aux synéchies, des fausses membranes qui obstruent la pupille. Le diagnostic' des troubles du système lenticulaire y trouve notamment une ressource précieuse; il est presque impossible qu'une cataracte à ses débuts, que les stries fines qui la constituent si souvent échappent à ce moyen précieux d'exploration, lorsque la pupille a été artificiellement dilatée. Dans bien des circonstances, on découvre parfaitement ces rayons opaques à l'éclairage latéral, tandis qu'ils échappent contemplés avec l'ophthalmoscope à une lumière intense. S'agit-il de déterminer le degré de consistance d'une cataracte, pour connaître, par exemple, si elle est assez fluide pour être soumise à la kératotomie linéaire, ayez recours à l'expédient qui nous occupe. Souvent, d'ailleurs, le chirurgien lui associera utilement l'emploi d'une seconde loupe, à travers laquelle il examinera les parties, dont les petits détails morbides, vivement éclairés, deviendront ainsi plus visibles encore. La lumière naturelle peut être substituée dans le même but à la lumière artificielle. Quelques lésions profondes de l'œil (décollement étendu de la rétine, fongus médullaire de cette membrane, etc.) se prêtent à l'éclairage oblique; parfois même elles sont mieux distinguées à la lumière solaire qu'à la lumière artificielle.

A une époque où le mode d'exploration qui vient d'être décrit était inconnu ' dans les cliniques, M. Laugier insistait, avec juste raison, sur le bon parti qu'un pouvait tirer de la flamme d'une bougie promenée devant une cornée munie d'ulcérations superficielles, exiguës, privées d'opacité. Si l'on examine, disait ce professeur 1, un œil ainsi affecté à la lumière du jour, on trouve la cornée diaphane; les facettes échappent souvent aux regards ; on cherche vainement alors dans les chambres la raison du trouble permanent de la vision, trouble qui résulte du défaut de convexité du miroir dans le voisinage de la pupille. Or, l'aplatissement le moins étendu, les facettes les plus petites sont révélés par la diffusion de la lumière présentée à l'œil. Partout où la cornée a conservé sa convexité, fût-elle même opaque dans ses couches profondes, une image nette de la bougie est formée. La plus légère érosion, transparente même, étale l'image, la rend sphéroïdale ou circulaire, si la facette est elle-même arrondie; irrégulièiv ou diffuse, si ellé a une forme irrégulière.

Article 3. — Exploration objective de l'œil avec l'ophthalmoscope.

Lorsqu'un observateur réussit à se placer sur l'axe de pénétration d'un ensemble de faisceaux lumineux qui entrent dans l'œil d'un sujet en observation, cet observateur reçoit une impression lumineuse partant des profondeurs de l'œil observé; et, s'il se trouve en même temps dans certaines conditions dépendant des qualités de sa vue et de celles du sujet, il ne reçoit pas seulement une impression de lumière, il perçoit des détails, il voit des objets et des images. La méthode qui conduit à ces résultats est l'ophlhalmoscopie (Giraud-Teulon).

Grâce k la précieuse découverte d'IIelmhollz, une ère nouvelle vient de s'ou-

1 Union mMicnle; minée 18H0, p. 140.

Page 1