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CHAPITRE 1. DIAGNOSTIC

vrir pour la pathologie oculaire; le temps n'est plus où les altérations du corps vitré, de la rétine, de la choroïde, ne se révélaient que par des symptômes fonctionnels et quelques signes objectifs d'une valeur contestable. On prévoit l'influence que cette application de la physique à la médecine est destinée à exercer sur le traitement d'affections jusqu'à ce jour si incomplètement appréciées. Bien connaître une maladie, n'est-ce-pas être sur la voie de la guérir?

Les caractères ophthàlmoscopjques de ces altérations seront plus méthodiquement tracés dans la suite de ce travail. Les parties mécanique et manuelle de l'ophthalmoscopie nous occuperont plus particulièrement dans cet article.

§. 1. — Considérations théoriques.

L'ophthalmoscope consiste essentiellement en un miroir et une lentille Le miroir le plus généralement adopté est sphérique concave, percé à son centre. La lentille est convergente ou divergente.

On a imaginé un grand nombre d'ophthalmoscopes. Tous sont fondés sur le même principe. La forme seule en établit la différence.

Celui qui voudra se rendre compte de la formation des images opthalmoscopiques devra avoir égard à trois éléments : 1» le miroir ou réflecteur- 2» l'œil qu on observe; 3° la lentille. *

j° miroir. - Cet instrument catoptrique ou de réflexion ne sert qu'à éclairer le fond de 1 organe. Il ne modifie en rien l'image.

2o œil en observation. Par suite de leurs propriétés optiques, les milieux fringents du globe ne fonctionnent pas autrement qu'une lentille convergent 1 est des lors aise de comprendre que les rayons lumineux qui partiront du fond de organe, de la papille éclairée, par exemple, viendront, d'après la theo-

des f oyers conjugués, faire une image en avant de l'œil observé, à une distan e égale a la longueur de sa vue distincte. Cette image sera plus -and! n e

nlè ™ t k PapU,e *°Ù ^ ^S ^-xén^entet^r mere seia vue dans une position renversée, comme l'indique la figure suivante :

Fig. 1.

"b. Papille. , . ,

cd. Cristallin. ?. ,' secondaires.

I BA. Image renversée de ra papille.

l'obscurité de IWaériJlT ' ™ m0)C"nC|- M"is 'a m™°" * posent d'une ,,,a„i ~'J^T- T ^ * "»"» «V 3» i bru , , p eT ° 1 soluc » 1» perception de l'objet.

"«>, donne iSln T ' r" ^"'^ U

"g= ume,See, la seconde, b.concavc, donne l'image droite.

54 LIVRE l. — CONSIDÉRATIONS GICNlîllALKS.

Jmatje renversée, Quand on place au-devant de l'œil observé un verra biconvexe, celui-ci, par suite de sa propriété optique, rend plus convergents les rayons qui le traversent, après avoir franchi le cristallin du malade. L'image, qui se forme alors plus prés de la lentille, est vue plus petite qu'elle ne le serait sans l'interposition de celte dernière; elle est, en outre, vue renversée.

Fig. 9.

ab. Papille. EF. Verre biconvexe.

cd. Cristallin. B'A'. Image aérienne plus petite que BA. et for-

BA. Image de la papille qui se formerait sans mée pur la lentille EF. l'interposition de la lentille.

Celte image B'A7, étant formée du même nombre de rayons lumineux que la grande BA, sera conséquemment plus éclairée, et l'observateur en appréciera nettement les plus petits détails.

Plus la lentille sera convergente, c'est-à-dire de foyer plus court, plus l'image paraîtra petite.

Image droite. Lorsqu'on place au-devant de l'œil observé une lentille biconcave, celle-ci forme, avec le cristallin de cet œil, un appareil dioptrique semblable à la lunette de Galilée (lunette de spectacle).

Fig. 3.

nh Pinille. EF. Verre biconcave.

cd. Cristallin. A'B'. Image virtuelle que forment les rayons di-

BA. Image de la papille qui se formerait sans vergents. l'interposition de la lentille.

En jetant les yeux sur la figure qui précède, on voit que les rayons lumineux qui, au sortir du" cristallin , iraient converger en BA, sortent divergents après avoir traversé la lentille biconcave EF, à cause de la propriété de cette dernière. L'œil qui les reçoit a conscience d'une image A'B' plus grande que ab. Elle est placée derrière le fond de l'œil observé cl dans la même direction que la papille d'où les rayons lumineux émanent.

Les documents qui précèdent peuvent être ramenés aux corollaires suivants : Deux méthodes ophthalmoscopiques s'appliquent à l'examen des profondeurs de l'œil : 1° la méthode par l'image renversée; 2° celle par l'image droite.

CHAPITRE J. — DIAGNOSTIC, 55 En se servant du miroir oculaire et d'une lentille biconvexe, on obtient une image réelle et renversée du fond du globe observé. Elle est bien accentuée et d'une constatation facile. Cette méthode, qui suffit généralement dans la pratique, est employée le plus communément.

Après avoir éclairé la surface rétinienne avec le réflecteur, si vous formez une lunette de Galilée avec un verre biconcave et le cristallin, vous aurez une image droite, nette et fortement grossie du fond de l'œil. Ce mode d'exploration rend un compte parfait des détails exigus, mais il offre l'inconvénient de causer aux yeux de l'observateur une grande fatigue.

§ 2.— Miroirs et lentilles.

miroirs. — On devra être muni d'un miroir sphérique-coucave. Par suite de sa propriété convergente , il concentre en un foyer plus ou moins grand tous les rayons qu'il reçoit à sa surface, et réalise un éclairage très-suffisant et trèsrégulier du fond de l'œil. Ces miroirs sont infiniment préférables aux miroirs plans et aux réflecteurs sphériques convexes , qui, fort peu usités d'ailleurs, renvoient les rayons divergents, et ne fournissent dès lors qu'une lumière peu intense.

Le miroir sera de verre mince, étamé. Les réflecteurs de ce genre s'altèrent moins facilement et coûtent moins cher que les réflecteurs métalliques.

Cet appareil portera, à sa partie centrale, une seule ouverture de trois millimètres de diamètre. Un orifice plus grand lui ravirait une trop forte partie de sa surface réfléchissante; une ouverture plus petite rendrait l'instrument incommode, par suite delà difficulté que rencontrerait f observateur à placer immédiatement et exactement le trou au-devant de sa pupille. Si le miroir a une certaine épaisseur, l'orifice dont il est muni devra être fraisé coniquement en arrière. Les parois d'un canal cylindrique pourraient arrêter une partie des rayons lumineuxi

Le centre du réflecteur sera perforé complètement , condition négligée à tort dans quelques appareils de ce genre. Quand cette perforation centrale n'existe pas, la portion non étamée réfléchit une partie des rayons lumineux, qui n'arrivent plus dès lors à l'œil de l'observateur. Une objection plus sérieuse, c'est que, si l'on n'a pas la précaution d'essuyer fréquemment et avec le plus grand soin le miroir, il pourra arriver que sa partie centrale soit légèrement ternie ce qui obscurcirait beaucoup l'image. Il faudrait quelquefois bien du temps pour découvrir que ce peu d'éclat dérive d'une cause en apparence si minime

Le réflecteur aura un diamètre de 30 à 35 millimètres environ. Une plus grande surface serait peu commode ; une plus petite ne donnerait pas toujours éclairage nécessaire. Il sera léger ; sa tige n'aura pas une longueur exagérée La courbure du miroir sera telle que celui-ci puisse éclairer la plus grande' surface possible du fond du globe, quand l'observateur sera placé dans la

i position la plus propice à l etude de l'image renversée. Une longueur de 20 a 25 centimètres de foyer, satisfait à ces indications. On devra

• veiller a ce que 1 appareil donne un jet de lumière vif et bien circon-

56 LIVRU [, — CONSnffiRA.TI0NS (iÉMBRALBS.

scrit. Si elle est pâle et diffuse, l'instrument est moins propice à l'exploration.

La face postérieure du miroir sera munie d'un pince. Celle-ci permet qu'on applique derrière le réflecteur des verres convergents ou divergents , pour ramener la vue du presbyte ou du myope aux conditions de la vue ordinaire; ils remplacent les lunettes dont se sert habituellement l'observateur dont la vision n'offre pas la portée normale. On comprend, en effet, que des lunettes à branches ou un pince-nez gêneraient l'application immédiate du miroir contre l'œil de l'observateur. Quatre verres biconvexes, convenablement espacés suffisent pour les différentes conditions de vue des médecins presbytes ; quatre verres biconcaves pour celles des myopes. Les numéros qui font partie de notre boîte ophthalmoscopique sont les 30, 18, 14 et 11 pour les presbytes; les 20, 15, 12 et 10 pour les myopes.1 La pince devra être accolée au miroir, contrairement aux dispositions qui existent sur certains ophthalmoscopes (fig. 5). Une telle situation de la pince, par rapport au réflecteur, empêche l'observateur d'approcher le miroir de son œil , d'où il résulte que moins de rayons lumineux pénètrent à travers sa pupille.

Fig. 4.

mm*

AB. Miroir vu par sa face postérieure , celle qui est mise en rapport avec l'œil de l'observateur. CD. Manche du miroir.

E. Trou central.

F. Pince destinée à recevoir une lentille, pivotant sur la partie postérieure du manche , au point (i, et pouvant être amenée à volonté sur la face postérieure du réflecteur.

La ligure qui précède représente le miroir dont nous avons adopté l'emploi.

1 Quelques bottes sont munies d'un seul verre convexe, le n» 12, el de quatre verre» concaves, les n" 12, 10, 8 el ii. Les no» 12 el 10 (biconcaves) sonl les plus usités.

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