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CHAPITRE IX.— MALADIES DE LA CHOROÏDE ET DE LA RETINE

peu près superflu d'ajouter que la jeune malade qui avait motivé cette discussion ne tarda pas à succomber. Une autre fois, l'existence bien constatée, chez un enfant de deux ans, d'un fongus médullaire de la rétine à l'œil droit m avait déterminé à proposer l'extirpation du globe. La mère hésita; l'opération ne fut pas faite. Trois mois après, l'œil gauche étajt envahi par la même affection, et l'enfant mourut.

Au demeurant, comme l'ablation du bulbe ne guérit pas le malade, comme elle est suivie de récidive, tantôt dans le même œil, tantôt dans son congénère, qui en avait été exempt jusque-là1, et comme enfin elle semble plutôt propre à accélérer la terminaison fatale, je crois qu'il vaut mieux s'en abstenir dans la trèslande majorité des cas, et insister, notamment au début, sur l'emploi des expédients médicaux précédemment signalés. Toutes les fois d'ailleurs que l'homme le l'art se décidera pour l'opération, il ne devra jamais dissimuler à la famille que ce n'est là qu'un pis-aller.

Article 5. — Altérations diverses de la papille optique.

C'est avec juste raison que la papille doit être l'objet d'une exploration minutieuse dans les examens ophthalmoscopiques. Non-seulement elle nous révèle des désordres localisés dans l'œil; elle peut encore nous mettre sur la voie d'autres troubles ayant pour siège des organes limitrophes.

Les conditions principales des lésions de la papille portent sur sa coloration, sur son volume et sur sa forme.

Nous avons vu que la papille pouvait contracter une teinte plus ou moins rouge, offrir des vaisseaux hypérémiés, variqueux; elle est parfois couverte d'une sorte de pannus général ou partiel. Tantôt cet état ne dénote qu'une souffrance congestive de l'œil, tantôt il est associé à une polyémie cérébro-oculaire. Quand on explore trop longtemps l'organe avec l'ophthalmoscope , les vaisseaux de la papille et ceux du fond de l'œil en général se congestionnent, de même que la conjonctive s'injecte par un examen prolongé. Plus les yeux s'adonnent à des travaux exigeant des efforts de vue, et plus l'hypérémie est prononcée aux vaisseaux papillaires; souvent cbez les enfants nous rencontrons des papilles blanchâtres. Les extravasations sanguines de la papille ont été précédemment signalées.

Dans les amauroses cérébrales anciennes, les papilles sont communément blanches, comme tendineuses et sillonnées de vaisseaux ténus (pl. X, fig. I). Parfois on n'en rencontre que deux ou trois ; dans quelques cas ils manquent complètement (anémie des papilles). On voit chez certains malades les veines des papilles développées, tandis que les artères se montrent grêles, fili-

iM. Mackenzie fait observer que la maladie se reproduit le plus souvent après l'extirpation de l'œil, parce que le nerf optique était probablement devenu malade avant l'opération, ou parce qu'il donne consécutivement naissance à une nouvelle production médullaire qui suffît pour remplir l'orbite dans l'espace de quelques mois ou même de quelques semaines.

ftftft MVHK II. — MALADIES DU GLOBE OCULAIBJE.

formes, ('/est là un commencement d'atrophie do ces derniers vaisseaux. (Voy.

p.' 6ÏÏ)

Des papilles vraiment verdâtrcs se sont montrées plusieurs fois à notre observation. La cécité était toujours complète dans cette sorte de glaucome papillaire, (|ui dénotait à coup sûr une désorganisation radicale du nerf optique, comme nous le verrons d'ailleurs dans la sectionsui vante. Le dernier malade de ce genre ipie j'ai présenté aux élèves de ma clinique était afiligé d'une double amaurose, évidemment cérébrale, et qui me parut avoir pour origine une infection vénérienne.

La petitesse des disques papillaircs, ne sera considérée comme morbide, et comme indiquant généralement une atrophie plus ou moins avancée des nerfs optiques, que quand elle sera associée à une détérioration des fonctions visuelles. L'anémie et une teinte nacrée des papilles se combinent habituellement avec leur diminution de volume. (Voir l'art. 1 de la section suivante.)

Quand les papilles s'échancrent, quand leur limitation devient irrégulière, il y a lieu de redouter l'invasion d'uivstaphylôme postérieur, bien que les déformations de cette sorte n'aient été qu'imparfaitement appréciées. Une accumulation de pigment sur les bords de la papille d'un œil sain parait être une disposition physiologique (p. 63); elle s'associe, dans d'autres cas, à une complication de choroïdite atrophique.

L'excavation de la papille, dans le vrai glaucome et dans celui qui est qualifié d'optique (p. 644), est attribuée par M. d'Ammon à l'oblitération du nerf; Ce qui a lieu, dit-il, à l'extrémité intraoculaire de ce dernier se propagera le long du tronc vasculaire, dont le calibre diminue et qui s'atrophie; il y aura i trait du parenchyme du nerf optique, au centre de celui-ci, et les exsudats, qui s'épanchent dans l'espace occupé d'abord par le vaisseau oblitéré, étendronfle travail d'atrophie et de dégénérescence aux fibres optiques centrales.

Le disque papillaire fait-il parfois saillie en avant? C'est ce que je crois avoir constaté dans quelques cas, sans être certain néanmoins si la protubérance étal réelle ou s'il n'y avait là qu'une illusion d'optique. Les ophthalmologisted d'ailleurs, ne sont pas d'accord sur cette question, qu'a abordée M. de Graefe devant la Société de biologie. On lit dans la Gazette hebdomadaire (numéro dtt 2 novembre 1860) : «Un individu hémiplégique, dément en grande partie, et atteint en outre d'une paralysie de la septième paire, de convulsions ép.leptiformes à retours périodiques, était affecté de cécité complète avec dilatation tresprononcée des pupilles. L'examen ophlhalmoscopique donna les résultats suj vants. La papille du nerf optique était bombée et formait en avant de la retij une saillie irrégulièrement hémisphérique. Sa substance paraissait opaque, rouge, injectée et parsemée çà et là de petits foyers apoplectiques. Au pourtour de la papille, dans une étendue de 2 à 3 millimètres, la rétine était opaque, injectée comme la papille elle-même. La nécroseopic ayant ete pratiquée, on 'trouva dans le crâne une tumeur sarcomateuse qui comprimait l hémisphère opposé au côté paralysé. Les troncs des nerfs optiques étaient parfaitement sains, mais la papille était altérée; on y reconnaissait une i.ililtrat,on séreuse et en même temps une hypertrophie du tissu cellulaire mlersticiel ; quant aux c

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