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CHAPITRE IX.— MALADIES l.K I.A CIIOKOÏDK Kt l»K LA RETINE. Wl

ments nerveux , ils avaient été comprimés , et avaient subi cojiséquemmenl une atrophie très-prononcée. Les mômes phénomènes ophthalmoscopiques et les mêmes altérations de la papille optique ont été rencontrés par M. de Graefe dans trois autres cas, où, comme dans le précédent, une tumeur intracrânienne volumineuse comprimait et aplatissait fortement la masse encéphalique. C'est à cette compression de l'encéphale et à la stase veineuse qui en est la conséquence que doivent être rapportées, suivant M. de Graefe, l'infiltration séreuse, et plus tard l'hypertrophie des éléments cellnleux de la papille optique et des parties adjacentes de la rétine. Quoi qu'il advienne de cette explication, les faits, quant à présent, paraissent indiquer qu'une relation existe entre l'état particulier de la papille optique dont il vient d'être question et la compression de l'encéphale déterminée par une tumeur intracrânienne volumineuse.

«Des altérations de la rétine et du nerf optique qui n'ont rien de commun avec les précédentes, mais qui, comme elles, peuvent amener rapidement la cécité, se rencontrent dans certains cas de cérébrite, alors même que cette affection présente l'évolution rapide propre aux maladies aiguës. Ici les lésions du nerf optique et de la rétine accusent un travail inflammatoire. La papille n'est pas seule altérée; le tronc lui-même est atteint dans toute son étendue. L'inflammation paraît débuter à l'extrémité cérébrale du nerf, qui la reçoit , si Ton peut ainsi dire, du cerveau et la transmet ensuite de proche en proche jusqu'à la rétine. Celle-ci est, en dernier lieu, bientôt envahie dans les parties centrales d'abord, puis à la périphérie.

« Cette rétinite diffuse, consécutive à une névrite descendante , produit, on le conçoit, très-rapidement une cécité complète, double ou unilatérale, suivant les cas. Tant que l'altération reste bornée à l'encéphale et qu'elle n'intéresse pas encore directement le nerf optique ou la rétine, il n'y a pas, à proprement parler, de cécité. Le seul trouble de la vision qu'on puisse observer alors, c'est l'hémiopie mono ou bilatérale. 11 en est de même dans les cas où un foyer hémorrhagique ou toute autre lésion circonscrite siège, soit dans un des corps striés, soit dans une des couches optiques sans intéresser directement les nerfs optiques ou la rétine: en pareille circonstance il n'y a jamais cécité; l'amblyopie hémiopique mono ou bilatérale et symétrique s'observe, au contraire, très -communément. Ce dernier fait a depuis longtemps conduit M. de Graefe à partager l'opinion de Wallaston concernant la semi-décussation des nerfs optiques. »

L'observation clinique aura à vérifier les données qui précèdent et à tenir compte aussi de quelques documents que nous aurons à fournir en ce qui concerne l'intervention des affections cérébrales dans les troubles rétiniens.

Un affaiblissement de la vue, associé à du strabisme, a été attribué par quelques ophtalmologistes à une insertion anormale du nerf optique. Dans de telles conditions, a-t-on dit, la papille ne peut être constatée qu'en imprimant à l'axe optique une direction qui diffère de celle qu'on lui fait prendre dans }es explorations habituelles. Sans révoquer en doute la possibilité d'une telle disposition, je dois ajouter qu'il y a là une subtilité de diagnostic qui me paraît réclamer encore la sanction d'observations ultérieures.

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AMAUROSES EXTRAOCULAIÏIES.

Les variétés morbides dont nous avons à traiter dans cette section peuvent être divisées en cinq catégories : 1° Amauroses du nerf optique; 2° amauroses cérébrales; 3° amauroses spinales ou rachialgiques; 4° amauroses par altérations dans la cavité abdominale (amauroses ganglionnaires au abdominales) ; 5° amauroses par altérations de la cinquième paire cérébrale, ou amauroses trifaciales.

Article 1.— Amauroses du nerf optique.

Ces amauroses s'établissent par un double mécanisme. Tantôt une tumeur, un obstacle quelconque, compriment ou tiraillent le nerf optique; tantôt il a été envahi lui-même par des désordres plus ou moins graves. L'observation démontre que la compression de cet organe est, toutes choses égales d'ailleurs, plus nuisible au jeu des fonctions visuelles que son simple allongement.

On peut ranger dans la première catégorie les amauroses auxquelles est susceptible de donner lieu la classe nombreuse des orbitocèles, soit que ces obstacles aient débuté dans l'orbite, soit que, primitivement formés dans les cavités circonvoisines, ils aient fait irruption dans l'enceinte orbitaire ou en aient refoulé les parois vers le globe. Purement mécanique, dans tous ces cas, l'affaiblissement ou la cécité amaurotique peut s'évanouir et la vision récupérer sa netteté dès qu'on est arrivé à reconstituer le bulbe dans ses limites primitives. C'est ce qui a fait dire à Delpech que, quelque délicate que soit ou que semble être la structure d'un nerf, et notamment celle du nerf optique, son tissu est capable d'éprouver un degré assez élevé d'allongement, qui engendre une suspension momentanée de ses fonctions, sans qu'il en résulte une lésion dehmhve de sa substance.

Je n'ai jamais diagnostiqué une amaurose scrofuleuse. Je ne la comprends que dans le sens d'une compression du nerf optique, chez un sujet lymphatique, par un engorgement partiel, par une subinflammation du tissu ccllulo-adipeux de l'orbite dans un point plus ou moins circonscrit, avec ou sans altération osseuse. «J'ai rencontré deux fois la goutte-sereine scrofuleuse chez des enfants écrouelleux, dit Sauvages; après l'ouverture du cadavre, je trouvai une glande scrofuleuse sur les nerfs optiques. »

La seconde des catégories que nous avons admises comprend une foule de lésions qui peuvent être présumées, avec plus ou moins de probabilité, mais qui ne sont constatables que par l'investigation cadavérique. Nous citerons en première ligne l'atrophie des nerfs optiques; des tumeurs de toute sorte dans in Prieur du crâne la produisent quelquefois. La coloration d'un blanc éclatant la papille a été attribuée, dans de tels cas, à une dégénérescence biaise du nerf. Voici à cet égard les dernières données qu'a publiées M. d un-

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