CHAPITRE I. — DIAGNOSTIC
Cet appareil, qui accompagne l'ophthalmoscope de M. Anatole G. de Grandmont, notre chef actuel de clinique', remplit toutes les conditions désirées. Il n'est, d'ailleurs, autre chose que le réflecteur de M. Cusco, auquel il a été fait deux modifications : <1° l'addition de la pince précédemment indiquée; 2° un manche plus allongé, disposition qui permet un maniement plus commode de l'instrument.
lentilles.— Tout en ayant un foyer déterminé, les lentilles convergentes devront présenter le moins d'épaisseur possible sur leurs bords, pour diminuer, autant que faire se peut, la déperdition de lumière qui a lieu quand les rayons lumineux traversent un corps diaphane , déperdition dans un rapport proportionnel constant avec l'épaisseur de ce dernier. Leur diamètre le plus convenable est de 25 à 30 millimètres (un pouce environ).
L'es lentilles divergentes n'ont pas besoin d'une étendue aussi considérable ; comme, en effet, on les place derrière le miroir, la partie centrale, qui correspond à l'ouverture de ce dernier, réfracte seule les rayons lumineux. Un diamètre de 10 à 12 millimètres sera très-suffisant.
L'ophthalmoscopiste devra être muni de plusieurs lentilles convergentes de forme biconvexe et de foyers différents (exploration à l'image renversée).
Les gradations suivantes me paraissent très-convenables.
ÏW. Lentille convergente d'un pouce trois quarts de foyer.
N° 2. Lentille idem de 2 pouces de foyer.
N° 3. Lentille idem de 2 pouces et demi de foyer.
Le numéro 1 nous sert plus particulièrement pour l'éclairage oblique ( page 51) ; le numéro 2 pour l'ophthalmoscope à main; le numéro 3 pour l'ophthalmoscope auquel nous donnons la préférence.
Les lentilles divergentes (exploration à l'image droite) seront biconcaves. La longueur de leur foyer a été indiquée quand nous avons parlé des lentilles destinées aux myopes.
g 3. — Mode d'emploi de l'ophthalmoscope. — Exploration du cristallin, du corps vitré et du fond de l'oeil.
utilité d'une chambre obscure. — L'examen aura lieu dans une chambre sombre. L'obscurité est, sans aucun doute, ce qu'il y a de mieux ; la flamme des appareils d'éclairage semble alors plus vive, le fond de l'œil plus lumineux, et les menus détails sont, dans cette condition , plus nettement appréciés. Toutefois, on peut, à la rigueur, expérimenter dans une pièce où pénètre une petite quantité de lumière. A mon dispensaire, quand l'examen est pratiqué dans la salle de consultation, où des exigences de toutes sortes ne permettent pas qu'on y ménage une' obscurité complète, j'explore et fais explorer les malades derrière un ample paravent, les rideaux des croisées restant légèrement entr'ouverls.
emploi préalable des myd ri ATi ques . — La voie la plus prompte, pour obtenir la
^ » M. Anatole G. de Grandmont m'a communiqué des notes extraites d'un travail d'ophthalmoscopie qu'il se propose de publier, et dont j'ai été heureux de profiter pour la rédaction de cet article.
WVHK I. CoNSIDlillATIONS GK.NKIULHS.
dilatation de la pupille, consiste à instiller, séance tenante, entre les paupières quelques gouttes d'une solution de sulfate neutre d'atropine. Ces instillations ont Inconvénient de troubler, pendant quelques jours , la vue des personnes qui y sont soumises, à inoins qu'elles ne soient atteintes dune cataracte déjà avancée; les sujets surtout qui ne peuvent interrompre certaines occupations habituelles en sont fortement gênés ; mais, par contre, l'exploration ophthalmoscopique y gagne singulièrement. Comment constater tous les détails des profondeurs de l'organe, si on ne les examine qu'à travers un permis, rendu plus petit encore que dans les conditions habituelles, par suite de l'éclat des rayons lumineux qui frappent l'œil? La surface rétinienne sera-t-elle aussi largement éclairée par le petit nombre de ces rayons , qui pénètrent à travers une pupille non ddatée, que quand ces rayons abondent à travers une ample ouverture, qui conserve d'une manière permanente ses diamètres artificiels ? On pourra procéder à l'investigation du fond du globe, sans avoir dilaté la pupille au préalable ; mais, comme pour l'exploration des cataractes, l'examen sera toujours écourté, et trèssouvent insuffisant ; il ne rendra compte, en effet, que de la partie des dispositions morbides qui peuvent correspondre au champ pupillaire, pour laisser, avec plus ou moins de probabilité, deviner le reste. Les commençants surtout trouveront dans le manque de dilatation de la pupille des difficultés qui frapperont leurs efforts de stérilité.
Lors donc que le malade estaveugle et que les pupilles ne sont pas assez dilatées pour une exploration large et commode, j'emploie toujours la solution m] driatique des deux côtés. Quand, au contraire, la vision est conservée aux deux yeux, je n'instille, presque constamment, le liquide que sur l'un de ces organes, et habituellement sur l'œil le plus compromis. On incommode ainsi le moins possible le patient. Il faudra le prévenir que sa vue sera troublée durant quelques jours, afin qu'il ne s'inquiète pas à tort.
lampe. — Quelques praticiens mettent une bougie dans la main droite de leur client et l'invitent à la porter vers l'épaule gauche. On se sert généralement d'une lampe. Elle devra s'élever et s'abaisser sur son support. Les lampes , connues dans le commerce sous le nom de lampes à trinyle, s'approprient parfaitement à cette destination.
La lampe sera placée sur une table, à la gauche du malade assis sur un siège plus bas d'un tiers ou d'un quart environ que celui de l'observateur. Elle sera située un peu en arrière du patient et très-près de sa tête. On la disposera de telle sorte qu'elle n'éclaire que le moins possible la figure de l'observé. Dans les conditions habituelles, la meilleure position pour obtenir un bon éclairage du fond du globe consiste à élever le foyer de la lampe au niveau de l'oreille gauche du patient. La lumière pourrait, à la rigueur, être placée à la droite de l'observé, mais cette position est moins commode pour l'exploration , comme il est facile de s'en convaincre, quand on s'est livré pendant quelque temps à la pratique de l'observation oplilhalmoseopiquc. Elle serait incommode surtout dans l'emploi de quelques ophlhalmoscopes qui, comme l'appareil du Liebreich ou celui auquel nous avons donné la préférence, permettent au praticien de porter le bras gauche sur la tète du sujet. Le bras gauche, dans ce cas, pourrait intei -