‹ Traité théorique et pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 320 sur 501 · CHAPITRE IX. — MALADIES DE LA OHOHOÏDE ET DU LA lllîTINE · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. — MALADIES DE LA OHOHOÏDE ET DU LA lllîTINE

s'expliquer quelques amauroses provenant d'une contusion, d'une dilacération d'origine traumatique, des nerfs frontaux 1 et sous-orbitaires, et d'antres cas d'amaurose, produite par l'irritation des filets alvéolaires «In trifacial. Keer admet, comme chose très- exceptionnelle d'ail leurs, q ne le mouvement pathologique, ayant pour point de départ la carie d'une dent molaire de la mâchoire supérieure, est susceptible de réagir sur l'œil et d'y engendrer des désordres amaurotiques, opinion partagée par Andreœ et par d'autres oculistes (p. 08). Le professeur Trinchera racontait, en 1846, dans son cours au collège de médecine de Xaples, qu'il avait donné des soins à un homme affligé d'une amaurose unioculaire, contre laquelle av aient échoué toutes les ressources. M. Trinchera, ayant découvert une dent molaire supérieure qui était douloureuse, l'arracha et délivra le malade de sa cécité. Celle cure fil grand bruit à Naples : le docteur Hubscb, de qui je tiens le lait, a vu ce sujet qui confirma les assertions du professeur. Au rapport de M. Mackcnzie, un homme privé de la vue à droite consulta le docteur Galenzowski, qui effectua l'avulsion d'une dent cariée de la mâchoire supérieure, afin de donner issue à une collection' purulente de l'antre d'Highmore, laquelle s'était déjà frayé une route le long de la portion orbilaire du maxillaire. Grand fut l'étonnement du chirurgien, quand il trouva fixé à la racine de cette dent un long fragment de bois qui en traversait le centre : e'étail un reste de cure-dent de bois. Neuf jours après, le rétablissement de la vision était complet. On a encore relaté quelques rares exemples d'amauroses guéries par l'ablation de tumeurs situées sur le trajet de la branche ophlbalmique de Willis.

Je ne crois pas que, dans le plus grand nombre des amauroses consécutives à une blessure des régions péri-orbitaires, le trouble de la vision ou la cécité avait pour cause prochaine une irritation, un état pathologique quelconque de la cinquième paire. Dans ma pensée, les accidents provenaient, presque constamment, de désordres,, que la cause vulnérante avait suscités dans le cerveau ou dans Iœil lui-même. L'affaiblissement traumatique des perceptions visuelles n'est dans d autres cas, que l'effet de l'éhlouissement qui accompagne une mydriase

(p. oJoj.

' Un homme, dont parle Demours , fut atteint d'une ophthalmie violente à un œil et à une amaurose complète dans son congénère, peu de temps après l'extirpation, avec le bistouri, d'une loupe au cuir chevelu.

UVIlli II.' — MALADIES DU OLOHIi OCULAIRE.

VARIÉTÉS ÉTIOLOGIQUES.

Article 1 — Amaurose suite de la suppression du flux menstruel.

La cessation de l'évacuation périodique, cause de tant de maux chez la femme, doit occuper une place importante dans le cadre étiologique des affections amaurotiques. Bien que les congestions choro'idiennes et le glaucome soient loin d'être rares après l'époque de la ménopause, la cessation du flux menstruel est souvent plus grave chez celle qui n'a point encore atteint l'époque de la vie où la menstruation doit s'arrêter que lorsque l'écoulement tarit suivant le vœu de la nature. Nous rappellerons, passant sous silence bien des causes organiques d'aménorrhée, que la suppression menstruelle est susceptible de s'établir, chez les femmes non parvenues encore à l'époque de la ménopause, tantôt plus ou moins lentement, et par suite d'un état chlorotique de la constitution, secondé par l'habitation dans des lieux humides et malsains, par une vie sédentaire, par une alimentation insuffisante ou de mauvaise qualité, tantôt brusquement, par l'impression de certaines influences, sévissant au moment des menstrues ou à leur approche : la frayeur, le chagrin, la colère, l'administration d'un purgatif, l'exposition du corps à la pluie, à un vent glacial, l'immersion des pieds ou des mains dans l'eau froide. Le docteur Tilt a puissamment insisté sur le soin de veiller à ce que les jeunes filles ne soient pas surprises parla première époque menstruelle, sans avoir été prévenues de la nature de cette évacuation. On en a vu fréquemment, qui, par un sentiment de pudeur ou par simple frayeur, s'étaient efforcées d'arrêter le flux sanguin, le plus souvent a laide de lotions froides.

Observation XLV1II.— L'une de mes malades présenta cela de particulier que sa vue était bonne tant que le flux sexuel était remplacé chez elle par une hémorrhagie pulmonaire mensuelle. Celte femme ayant quitté depuis quatre mois la vie sédentaire, le llux anormal fut suppléé par une évacuation utérine qui n'apparut qu'une fois sans se reproduire, non plus que l'ancienne hémorrhagie, et la malade fut attaquée de maux de tête, de photophobie, de photopsie et d'un trouble considérable des perceptions visuelles.

Chez une autre, une amaurose, avec cécité complète, était survenue par l'effet d'un refroidissement, lors du temps des règles.

L'ophthalmoscope, dans la variété étiologique qui nous occupe, montrera frequemment une hypérémie du fond de l'organe, associée à un état identique d| cerveau. La cécité ou une méropie s'est-elle constituée soudainement, il y aura lieu de rechercher si l'on n'aurait pas affaire à une apoplexie de la choro.de ou de la rétine. Quand le mal est ancien, on pourra découvrir des troubles organiques dans ces deux membranes, une atrophie des papilles, entre autre., condition dont la valeur a été précédemment signalée-

Page 1