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CHAPITRE IX. — MALADIES DE LA CHOROÏDE ET DE LA RETINE

huit jours. Il y a lieu de présumer qu'une congestion encéphalique a tué cet homme ; car si les afflux sanguins vers le cerveau sont habituellement légers dans ces occurrences, l'expérience démontre qu'ils peuvent quelquefois aussi devenir funestes.

Les anciens, qui regardaient la liqueur séminale comme une matière nerveuse, sous forme liquide, émanant du cerveau et de la moelle épinière, devaient en c onsidérer la perte comme la source des accidents qui nous occupent. L'émission d'une once de cette liqueur, a-t-on dit, peut être évaluée à celle de -40 onces de sang. On pense généralement aujourd'hui que le fait de la spermatorrhée joue ici un rôle moins important que l'ébranlement occasionné par l'orgasme vénérien dans le système nerveux tout entier. Chez la femme, par exemple, l'émission du fluide déversé par les organes mucipares ne peut guère, bien que souvent abondant, rendre compte de la gravité des désordres. La moelle épinière est considérée par des praticiens comme spécialement intéressée dans les excès de ce genre ; aussi a-t-on depuis longtemps donné à des lésions qui en sont la conséquence le nom de consomption dorsale [tabès dorsalis), et la myélite leur a-t-elle été fréquemment attribuée. D'autres, qui ont prétendu que ces mêmes excès avaient une influence plus particulière sur le cervelet, ont émis quelques faits à l'appui de leur théorie. C'est ainsi qu'un garçon de treize ans, cité par Gall, et qui se livrait à l'onanisme avec fureur, fut attein t d'un trouble de la vision. Après avoir perdu la faculté de distinguer les objets, si ce n'est par l'angle interne des deux yeux, il finit par devenir aveugle. Or, pendant que ces désordres suivaient leur cours, les extrémités inférieures se paralysèrent. A l'autopsie, Gall trouva les deux lobes du cei^velet remplis de pus ; la suppuration, toutefois, avait fait plus de ravages dans le lobe gauche que dans le lobe droit. Notons enfin que l'épuisement, qui résulte de la masturbation chez les jeunes sujets, donne prise au développement de certaines lésions auxquelles ils peuvent être prédisposés. C'est ainsi que tel enfant pourra plus aisément être affecté que tel autre d'une phthisie pulmonaire ou d'une entérite tuberculeuse, s'il est issu de parents tuberculeux.

L'exploration ophthalmoscopique des sujets porteurs de symptômes amaurotiques, par suite de pollutions nocturnes, m'a souvent offert des désordres localisés dans la choroïde. Parfois les dispositions pigmentaires caractéristiques de la choroïdite atrophique m'ont démontré que le mal était loin d'avoir une |rigine récente. Quelques indices précieux touchant l'acte de la masturbation ont été précédemment signalés (p. 84). Le phénomène, noté par M Pétrequin, de la déformation de la pupille dans le sens de la racine du nez, ne tiendrait-il pas à une congestion choroïdienne plus particulièrement localisée dans le voisinage de cette région, sous l'influence d'une condition inexpliquée?

traitement. — Il consiste, avant tout, dans la soustraction de la cause quia donné lieu à la maladie, et dans les moyens hygiéniques et thérapeutiques les pluspropres à remédier àl'épuisement. Nous mentionnerons les lotions générales laites tous les ma lins avec de l'eau froide, les bains aromatiques, les Vins de ' 'es exercices gymnastiques, un air pur, ..ne alimentation substantielle Nous avons été à même d'apprécier plusieurs fois les bons effets qu'on retire

098 j.rviiK 11. — ma i.a diks du GLOBE OCULAIRE,

dans des cas semblables, de ta distraction des voyages. Nous avons conseillé avec avantage les préparations martiales associées à la gentiane, à la cannelle ou à d'autres substances fortifiantes. Les pilules de seigle ergoté et de camphre à la dose d'une pilule soir et matin, nous ont réussi riiez un jeune homme, poui arrêter des pollutions nocturnes qui étaient la conséquence d'excès solitaires. On a préconisé, pour le môme but, le bromure de potassium (de 1 gramme à 1 gramme 1/2, dans unjulep gommeux de 125 grammes, à prendre dans les vingt-quatre heures). J'ai vu, au Val-de-Grâce; avec le docteur H. Larrey, un Polonais affligé d'une cécité amaurolique par épuisement général et chez qui de| pollutions du même génie lurent utilement combattues par les douches ascen^ liantes à Teau froide vers le périnée et les parties génitales.. Le malade se trouvait parfaitement aussi d'un drap mouillé qu'on lui appliquait, tous les joui s, sur le corps, de la tête aux pieds, application après laquelle survenait une dial phorèse abondante. Les données qui précèdent ne sont, d'ailleurs, que des gej néralités susceptibles de modifications suivant les variétés individuelles. Us frictions excitantes vers les yeux et les autres remèdes locaux de l'amaurosi torpide pourront également être efficaces; mais il ne faut procéder à leur application qu'après avoir vérifié, avec l'ophthalmoscope, les conditions de l'organe malade.

Article 10.— Amaurose rhumatismale.

Parmi les causes les plus fréquentes de la paralysie des nerfs de l'œil, il faut citer le froid humide, et son impression surtout, quand on sort d'un lieu iurleruent échauffé, les brusques mutations de l'atmosphère, les courants d'air, notamment lorsqu'on est en sueur, les lotions à l'eau froide de la tête ou de la face en h aspiration, toutes les influences, en un mot, qualifiées de rhumatismales.

En décembre 1762, la marquise de Pompadour, après avoir pris froid dans le parc de Versailles, fut très-étonnée le lendemain, à son réveil, de ne plus distinguer que la moitié des objets qu'elle regardait de son œil gauche. En examinant une personne, dit Demours, qui relate ce fait, elle ne voyait ni la joue droite, ni le côté correspondant du nez. Il annonce que son père triompha de 1 -acculent au bout de deux mois, en insistant sur les moyens capables d'exciter l'action du tissu cutané.

Béer paraît avoir rencontré l'amaurosc rhumatismale chez des sujets qui, ayant la tête et le front en sueur, avaient Ôté leur chapeau, et laissé leur tett

longtemps à découvert.

Des malades ont été. attaqués d'amauvose pour avoir quitté une perruque a laquelle ils étaient habitués depuis longtemps. Demours cite un fait de ce

ut' n C6«

' Bien que les phénomènes rhumatismaux soient si fréquemment inexplicables

' Poudre, (le seigle ergoté, 10 centigrammes ; camphre, 5 centigramme* M. pour uni pilule.

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