CHAPITRE IX. — MALADIES DE LA CHOROÏDE ET DE LA RETINE
h. 87), l'invasion, par exemple, d'une hémiplégie faciale, à la suite d un simple courant d'air, je crois, toutefois, que dans un bon nombre de cas, l'échange spontané d'un mouvement flnxionnaire, qui, abandonnant violemment l'organe cutané, envahit impétueusement aussi l'œil et souvent le cerveau, rend compte suffisamment delà production des désordres morbides. C'est ainsi qu'après avoir porté, par les plus grandes chaleurs de l'été, une charge de linge à la rivière et avoir plongé, toute mouillée de sueur, ses bras dans l'eau, une jeune fille dont parle Àrrachart, saisie soudainement par le froid, fut frappée de cécité en moins d'un quart d'heure. Il cite encore l'exemple d'un jeune homme qui, ayant séjourné dans une pièce fortement chauffée par un poêle, en sortit tout en sueur; la transpiration fut arrêtée par l'impression de l'air froid ; il se coucha avec un violent mal de tète, et le lendemain il se réveilla aveugle. Je trouve, dans la publication deKleinert1, le fait d'un garçon aux yeux délicats, qui, un quart d'heure après s'être frotté la face avec de la neige, fut atteint d'un tel trouble de la vision, qu'il ne pouvait reconnaître les objets, qui lui semblaient obscurcis par un nuage épais. Celui-ci et la céphalalgie qui l'accompagnait commencèrent à se dissiper au bout de quelques heures par le séjour au lit et sous l'influence de boissons chaudes, qui provoquèrent une diaphorèse abondante ; il ne resta plus qu'une forte photophobie, qui s'évanouit graduellement à son tour.
Quelle que soit, d'ailleurs, l'idée qu'on voudra bien se faire du rhumatisme, voici ce qui résulte de mon expérience en ce qui concerne les variétés amaurotiques qui s'y rattachent.
Je suis fréquemment consulté par des rhumatisants qui se plaignent d'un trouble plus ou moins considérable de la vision. Je trouve assez communément les pupilles contractées; je les ai vues dilatées, dans quelques cas ; elles sont par-' fois abords irréguliers, par suite d'une iritis sourde et latente. Cette sorte de sujets souffrent notamment et voient plus mal à l'abaissement de la température, et quand le temps est humide et brumeux; baromètres vivants, ils signalent les vicissitudes de l'atmosphère. Notons que les douleurs rhumatismales se font principalement sentir la nuit. Le plus grand nombre de nos malades ont accusé un sentiment de froid à la tête, qu'ils couvraient beaucoup, et répugnaient aux applications réfrigérantes. L'invasion de l'amaurose rhumatismale peut être rapide, ce qui a lieu surtout quand le sujet a éprouvé la brusque impression de l'influence qui lui a donné lieu; c'est notamment chez les vieux rhumatisants que la maladie s'établit avec lenteur. Je l'ai plus fréquemment rencontrée aux deux yeux à la fois que dans un seul de ces organes.
Observation LVIII. — Madame Lacoste apercevait de l'œil gauche, le seul qui lui restât, des mouches, des étincelles et des festons lumineux. Sa faculté visuelle était sujette à des alternatives en bien et en mal. « C'est surtout, me dit-elle, quand les glaces me prennent sur la tête que ma vue est mauvaise. » Parfois, durant la nuit, les élancements qui surgissaient dans l'œil rhumalisé réveillaient la malade el s'accompagnaient d'un écoulement abondant de larmes. Elle ne souffrait presque jamais qua.nl le temps éta.t sec et chaud; dans les conditions opposées elle était tourmentée par de* douleurs principalement aux membres supérieurs et dans la région dorsale.
1 Kleinert's Reperlor 'mm. Leipzig, 1836.
Observation L1X. — Madame Lemoine, aveugle et rhumatisante au plus haut degré, annonça, le 7 février 1 848, que la veille elleavait horriblement souffert aux yeux, durant plusieurs heures, pour avoir stationné pendant quelque temps, le soir, près du jet d'eau du Palais-Royal.
Observation LX. — Atteinte de rhumatismes depuis quatre années, madame Chapet nous dit, le "25 janvier 1 8K0, que le bras gauche s'était pris d'abord chez elle, puis la tête, puis l'œil gauche et ensuite l'œil droit. Elle annonça, le \ 'ù février, qu'elle avait été en proie les jours précédents à des douleurs vives au cuir chevelu, pendant lesquelles sa vision avait gagné beaucoup; mais, ajouta-t-elle, ces douleurs passées, les yeux se sont brouillés de nouveau.
Observation LXI.— Madame Chapelle attribua son amblyopie et ses rhumatismes à ce qu'elle avait occupé un rez-de-chaussée humide. Une grande amélioration s'était manifestée dans son état depuis qu'elle habitait un logement plus salubre.
Une paralysie de la sixième paire gauche, et une amblyopie double, de nature rhumatismale,, ne sauraient être, dans le fait suivant, l'objet d'un doute.
Observation LXII—Le 6 janvier 1848, madame Chenut consulte, à l'Hôtel-Dieu, le professeur Roux, qui lui ordonna un séton à la nuque. Répugnant à s'y soumettre, elle vint me trouver et me fournit les renseignement suivants :
Une douleur très-forte surgit à l'épaule droite il y avait six mois; elle ne dura que vingt-quatre heures, du dimanche au lundi soir. Le mardi, la partie droite du front fut envahie par des élancemenls qui se perpétuèrent six semaines; après leur d.sparil.on , des souffances aiguës se manifestèrent à la mâchoire inférieure, à gauche. Dans une promenade, il y avait trois mois, la vue se troubla tout à coup, au point n'étaient presque pas distingués; madame Chenut ne ressent.t plus des lors le douleurs de la mâchoire . Son médecin avait eu recours aux énnssions sanguines, aux ves.catoires
une vision assez obscure pour empêcher la ^^^^^ sans danger sur la voie publique. Un strabisme interne, associé a de la d.plop.e, régnait à gauche. La malade était très-sensible au refroidissement de la température, et recherchait la chaleur.
Schmucker rapporte qu'un ho à l'épaule droite! plaça sur cette région des hnges ^bes deau h U leur cessa; mais, douze heures après, la vision était abolie. Ce ch^n^ hâta de faire appliquer un large vésicatoire sur cette même epa^e, a min £ Amérique, et soutint quelque temps les effets de ces moyens; deux mois aprei
le malade avait recouvré la vue. , L'ophtbalmoscope ne m'a révélé rien de bien concluant au point
signes" objectifs de famaurose rhumatismale. Dans quelles cas tota* «
yeux a paru offrir ses conditions normales ; dans d'autres,
péiémies, des choroidites, des déformations de apapille On a
membrane de Jacob jouait un rôle important dans la "«^^^"3
morbide dont il s'agit, opinion qui cadre avec la f^^^^VT^ bâ-
ntau rhumatisme, si l'on adopte, quant au, fonctions de la couche des!