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CHAPITRE IX. — MALADIES DE LA CHOROÏDE ET DE LA RETINE

tonnets, la théorie de Dalrymple et de plusieurs autres auteurs (p. 12).Toujours est-il que la méropie qui surgit soudainement, sous l'influence des conditions qui nous occupent, peut indiquer un décollement de la rétine.

traitement. — [1 faut associer ici à la médication de l'amaurose, suivant le type qu'elle présente, les moyens dont l'expérience a sanctionné l'efficacité dans le rhumatisme.

J'emploie souvent la teinture de semences de colchique, placée par Giacomini dans la classe des hyposthénisants cardiaco-vaseulaires. Le docteur Worms, médecin de l'hôpital du Gros-Caillou, qui l'administre toujours contre le rhumatisme articulaire, à raison de 20 gouttes d'abord, de trois en trois heures, portant ensuite la dose à celle de 40 gouttes, trois ou quatre fois dans les vingtquatre heures, a remarqué que l'usage de ce moyen, suivi avec persévérance, amenait la sédation du pouls i. Chez les sujets très-sensibles, dit-il, il détermine parfois une diarrhée assez marquée et des troubles passagers du sensorium ; mais ils n'ont jamais de gravité, et cèdent promptement, soit d'eux-mêmes, soit à l'aspiration d'un peu d'ammoniaque liquide. L'extrait alcoolique d'aconit, seul ou combiné avec les mercuriaux, mérite d'être recommandé.

Les bains de vapeurs, simples ou aromatiques, que je fais prendre, autant que possible, à domicile, pour éviter le refroidissement, se sont montrés fort efficaces. Je les ordonne le soir, au moment du coucher; la chaleur du lit entretient ainsi vers la peau, après leur administration, un mouvement salutaire. Le docteur Bretonneau, ayant à traiter un strabisme récent de cause rhumatique, prescrivit avec succès des fumigations, au lit, avec une infusion de fleurs de sureau. Dans une observation dont m'a fait part le docteur Teillard, il s'agit d'un pâtre des Pyrénées qui, sous l'influence d'une pluie froide, sentit sa vue s'affaiblir, puis s'abolir tout à fait. Il était aveugle, quand il prit des bains de vapeur dans un établissement thermal. Au bout de quinze jours, il était guéri. Les bains sulfureux ne seront pas oubliés dans les cas de ce genre. J'ai observé, à Naples, des sujets qu'on avait amenés perclus de rhumatismes, et qui guérissaient miraculeusement par l'effet des eaux thermales, si puissantes et si abondantes aux environs de cette ville.

Je ne saurais assez recommander une calotte de flanelle, recouverte d'un bonnet de taffetas gommé. J'ai encore vu cet expédient utile dans quelques cas de surdité.

Les frictions sur toute la surface du corps, avec une brosse de flanelle ou avec une main de crin, pourront être conseillées. Les vésicatoires derrière les oreilles, etc., sont très-recommandés par Beer.

Les malades éviteront les applications réfrigérantes, qui ne pourraient point d'ailleurs, être supportées; ils séjourneront dans un logement sec et exposé au soleil. Habitent-ils un pays humide et où régnent souvent des brouillards une ressource héroïque consisterait à les diriger vers des climats chauds • c'est, malheureusement, un moyen auquel peu de gens consentent à se décider.

1 Gazette médicale, année 1850, p. Ho,

La thérapeutique de l'amaurose rhumatismale comprend encore, suivant quelques ailleurs, le gaïac, la salsepareille, le soufre, le camphre, les poudres de Dowcr, l'esprit de Mindererus. Walther conseille le tartre stibié à doses vomitives.

Article 11.— Amaurose syphilitique.

J'ai relaté, dans mon Traité de l'amaurose, un grand nombre d'exemples d'amaurose syphilitique, et, depuis la publication de ce travail, plusieurs faits de ce genre se sont présentés chaque année à mon observation. Aux ulcères que le virus syphilitique produit sur la verge, à la bouche et à la gorge, aux végétations qu'il engendre sur le gland et à la marge de l'anus, aux adénites qu'il cause dans les régions inguinale et cervicale, aux dermatoses, habituellement non prurigineuses, qui peuvent en être la suite, aux tuméfactions, aux douleurs qui en sont les conséquences du côté des os il est aisé de reconnaître qu'il ( est trèsprobablement constitué par un principe matériel, qui s'infiltre dans les détails les plus minutieux de l'économie. Rien d'étonnant, dès lors, que l'amaurose vénérienne soit loin d'être rare. Les médecins, surtout, qui exercent dans les . grands centres de population, ne doivent point manquer de s'enquénr, sous ce point de vue, des précédents de leurs malades.

Bien que je rencontre quelquefois l'amaurose syphilitique à un œil seul, je l'observe cependant bien plus souvent aux deux yeux, qu'elle a envahis en même temps ou successivement. Il n'est pas rare que le mal soit à l'état d'amauroses complète d'un côté et d'amblyopie de l'autre. Le type est tantôt congesUf, tantôt torpide. L'affection peut contracter l'allure de l'héméralopie.

L'amaurose syphilitique s'accompagne souvent des phénomènes assignes a la catégorie desaccidents secondaires dé la vérole; l'observation démontre, toutefois, que c'est dans lapériode des accidents tertiaires qu'elle doit plutôt trouver place, le l'ai vue compliquée de surdité ; elle peut être associée à la paralysie de la cinquième paire ou d'autres branches nerveuses, à des accès épileptiformes, etc. Mon ami, le docteur Sperino (de Turin), m'a dit qu'il avait fort souvent ooU un certain degré d'exophthalmos, dans la variété morbide qui nous occupe, a proéminence, quand les deux yeux sont atteints, étant généralement plus for dans l'organe par lequel la maladie a commencé. D'après ce observateur, ,1 e I facile de constater l'exophthalmos, dans la grande majorité des cas ; dans quelques-uns, il faut examiner les deux yeux, après avoir invite le malade a ferme les paupières; de cette manière, la saillie de l'œil amaurotique est également appSble au toucher. Parfois, le phénomène qui vient d'être signale est venu corroborer mes soupçons au. point de vue de la cond.tion etiologique. ^

. J'ai constaté plusieurs l'ois, dans les cas de ce genre, une tumeur osseuse faisant saillie, vers la cavité buccale, sur la région médiane de la voûte du palais. Allongée d'arrière en avant, elle comprend avec quelque régulante es deux os » a ' ^ Ce symptôme de syphilis constitutionnelle a été désigné par M. Chassa.gnac sous le nom d'exoslose médio-yalaline.

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