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CHAPITRE 1. — DIAGNOSTIC. B

cepter le passage des rayons lumineux provenant de la lampe, et cette ombre nuirait beaucoup à l'examen.

Us commençants surtout feront bien déplacer entre le foyer d'éclairage et la tète du malade un morceau de carton, un écran quelconque, qui s'oppose à la progression des rayons de lumière dans une étendue de quinze à vingt centimètres en avant de la ligure du patient. Par ce moyen, l'image aérienne se fera dans l'obscurité et sera plus éclatante. On peut charger le malade lui-même de tenir l'écran, qu'il applique verticalement sur son épaule gauche.

Une puissante concentration de lumière n'est avantageuse que pour l'exploration de la région rétinienne. S'agit-il de découvrir des opacités dans la cornée, dans le système lenticulaire et dans le corps vitré, une lumière faible doit être préférée. Quand ces obstacles sont de peu d'importance, ils sont traversés par une lumière trop vive et ils échappent dès lors aux regards de l'observateur.

dangers d'un examen trop prolonge. — Il est un précepte qu'on ne saurait rappeler assez aux jeunes médecins qui débutent dans les études ophthalmoscopiques, c'est que les investigations de ce genre devront toujours avoir une très courte durée. N'a-t-on pas vu des causes analogues à l'éclat du miroir ophthalmoscopique engendrer des amblyopies et des amauroses? M. Cornaz a relaté le cas d'un oculiste qui, après avoir fatigué outre mesure son malade avec l'ophthalmoscope, occasiona chez lui une cécité soudaine et complète. Si, quand on visite longtemps le fond de l'œil avec cet instrument, les parties qui le constituent se congestionnent, rougissent, de même que la conjonctive s'injecte par un examen assidu, n'a-t-on pas de grands inconvénients à redouter chez les malades en proie à des désordres congestifs du côté des yeux? L'expérience ayant démontré qu'une funeste prédisposition rendait un œil enclin à devenir glaucomateux, quand un glaucome a déjà envahi son congénère , la prudence commande de n'explorer le premier qu'avec la plus grande réserve.

position du malade. — Placé directement en face du chirurgien, le sujet tiendra la tête immobile. Ses yeux seuls devront bouger conformément à la direction qui sera ordonnée par le praticien. La situation du patient, telle qu'elle vient d'être indiquée, est de la plus haute importance; elle a pour but de régler les rapports de la papille de l'œil observé avec la position de l'œil de l'observateur, et de permettre de diriger méthodiquement l'élude des profondeurs de l'organe.

position de l'observateur. — Le chirurgien assis se présente de face au malade. Comme dans les opérations de cataracte, il assujettira entre ses genoux ceux du patient, et contribuera à lui imprimer la fixité désirable. Mais, avant de procéder au mode d'examen qui fait l'objet de notre étude, on ne devra jamais négliger l'application d'un autre expédient d'exploration, qui rend â'éminenls services en oculistique : l'éclairage oblique ou latéral décrit dans l'article qui précède.

Si l'observateur n'est pas doué d'une portée de vue normale, il commencera par adapter à la pince du réflecteur l'une des lentilles convergentes ou divergentes dont nous avons indiqué les numéros. Cela fait, cl après s'être assure

00 LIVRE 1. — CONSIDERATIONS GKNKHALKS.

que le miroir cl le verre dont il peut être armé n'offrent aucun obstacle qui en ternisse l'éclat,, il applique au-devant de son œil droit le miroir tenu de la main droite et l'appuie contre l'arcade sourcilière, ce rpii le rend plus tixe et permet au chirurgien de mieux diriger les rayons refléchis. Quelques praticiens trouvent commode de poser le coude droit sur la table ; si l'on adopte cette position, qui peut contribuer à donner de la fixité à l'exploration de ceux qui débutent, il faut avoir à sa droite une table assez haute pour que, le coude y étant appuyé, la main arrive à la hauteur de l'œil. La surface polie du miroir sera tournée vers la lampe et inclinée de telle sorte que la réflexion amène les rayons sur le globe observé. Le praticien, regardant à travers le trou du miroir, verra la pupijle du malade d'un rouge plus ou moins vif", et parfois d'un blanc rosé. Dans le premier cas, c'est la choroïde qui apparaît au fond de l'organe, à travers le tissu transparent de la rétine; dans le second cas, c'est la papille optique qui se montre à l'observateur. Mais il ne devra pas s'occuper encore de celte partie de l'œil ; il constatera , au préalable , les conditions des milieux réfringents.

L'éclairage du globe donne quelque peine à ceux qui débutent dans les études ophthalmoscopiques. Le jet lumineux qu'ils dirigent sur la face est vacillant, incertain, gagne le front, les joues, ne se fixe que rarement, d'une manière permanente, sur l'œil exploré. On peut conseiller aux commençants de s'habituer à arrêter invariablement le jet de lumière, en collant sur un morceau de carton un pain à cacheter, sur lequel ils traceront une ligure circulaire représentant la pupille. Le carton ayant été verticalement placé, on s'efforce d'éclairer l'image pupillaire avec le réflecteur, une lampe étant latéralement située, comme pour les examens ophthalmoscopiques:

exploration du cristallin et du corps vitre. — Les opacités de la lentille sont-elles assez avancées pour ne' pas se laisser traverser par les rayons lumineux, on peut en vérifier la présence avec la lumière directe; mais ce procédé est de beaucoup inférieur à l'éclairage oblique, auquel nous avons dit qu'il fallait d'abord recourir. Elles apparaîtront noires, explorées avec le réflecteur, tandis qu'elles sont d'un gris blanchâtre examinées à la lumière oblique.

Suivant que la pupille présentera un reflet plus ou moins éclatant, en admettant ici que la limpidité du cristallin soit irréprochable, on jugera déjà des conditions de diaphanéité du corps vitré. Après avoir invité le malade à diriger le globe en sens divers, vous commanderez l'immobilité, en lui prescrivant de regarder droit devant lui. Alors, si l'humeur vitrée contient quelques exsudats, quelques corps flottants, vous les aurez déplacés pendant les mouvements de l'organe, et vous les verrez repasser dans la pupille comme des plumes d'oiseau qui tombent lentement à terre. D'autres conditions, d'ailleurs, que peut offrir la masse hyaloïdienne, seront signalées dans la suite.

Il arrive très-souvent qu'avec une lumière vive et le réflecteur on ne distingue pas les corps flottants dont il vient d'être question, tandis qu'As apparaissent dès qu'on baisse la mèche de la lampe et qu'on s'éloigne suflisammenl de l'œil observé qu'où éclaire avec le miroir. I,a scintillation du corps

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