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CHAPITRE IX. ■ — MALADIES PE LA CHOROÏDE ET DE LA RETINE

dans l'espèce occupent la cavité crânienne, sont des périosloses et des exostoses.

Toutes les fois que je puis raisonnablement attribuer une origine vénérienne à l'amaurose, je m'en réjouis au point de vue du pronostic, car la guérison s'accomplit quelquefois avec une rapidité qui lient du prodige. « La syphilis est une planche de salut,» disait Lisfranc. Mais il faut ajouter, par contre, que rien n'est commun comme les rechutes. Le malade doit en être prévenu et se hàler de recourir aux lumières de son médecin, dès que le moindre indice vient lui révéler la possibilité d'une récidive. Dans d'autres cas, on n'obtient qu'une amélioration dans les conditions visuelles, ou bien encore les progrès du mal sont enrayés, et il résiste ensuite avec une opiniâtreté désespérante aux meilleurs moyens mis en œuvre pour le combattre.

traitement.— Je débute généralement par un traitement mixte qui se compose des iodiques et des mercuriaux (p. 134). Le sublimé corrosif surtout s'est mon tré d'un puissant secours. Dans son article Névrose des sens, surdité, amaurose et aphonie syphilitiques l, le docteur Lagneau s'exprime de la manière suivante : « C'est principalement contre les symptômes de cette nature que le sublimé corrosif jouit d'une merveilleuse efficacité, de laquelle j'ai tiré le plus grand parti dans plusieurs cas vraiment désespérés. Van Swieten, de Haen, Storck et beaucoup d'autres célèbres médecins ne tarissent pas sur les éloges de ce remède, administré en pareille circonstance. » J'ai vu le sublimé réussir alors que l'iodurede potassium s'était montré insuffisant. Une femme aveugle, de Clichyla-Garenne, put se conduire au bout de six semaines de l'usage de la liqueur de Van Swieten, tandis que Tiodure de potassium, employé plus d'une année à une autre consultation, n'avait amené aucun résultat. Les avantages que peuvent fournir, dans des circonstances pareilles, les pilules de Sédillot, le sirop iodhvdrargynque, le traitement de Zittmann et la triple association de la tisane de Feltz, de l'iodure de potassium et du chlorure d'or et de sodium ont déjà été précédemment exposés (p. 132). Le caractère congestif ou torpide de l'affection oculaire demande souvent encore quelques additions thérapeutiques qu'il est aise de prévoir, * • '»

Article 12.-Amaurose pellagreuse. Amaurose pligueuse.

La pellagre, qu'on rencontre en Lombardie, en Espagne et dans quelqueuns de nos départements (Aude, Haute-Garonne, Landes, etc.), n'est point un, Pection bornée a la peau; l'observation démontre que c'est une maladie Générale qui mine profondément l'organisme entier, attaque les solides et les Lui m , et présente , unis à une dermatose, des troubles de tout genre dans le L tenu: nerveux notamment et dans les organes de la digestion. Le sens de l'ou ë et celui de la vue participent souvent aux désordres. Aucune donnée opl th moscopique n'a encore été fournie à cet égard. opmnal-

^ ^agneau, Traité des maladies syphilitiques, V édition, Paris, 1828. w „

7()(i LIVRE II. MALADIES DU GLOBE OCULAIRE.

L'anatomie palhologique de la pellagre n'a rien offert jusqu'ici de constant ni de bien caractéristique. Dans un cas de ce genre constaté à l'hôpital de la Charité de Paris (service de M. Rayer), chez une fille de vingt-trois ans, cas dans lequel la malade succomba à une péricarditc intercurrente, et ayant la vue trèsall'aiblie, on ne trouva à l'autopsie aucune altération pouvant expliquer les désordres qui avaient existé pendant la vie. La moelle était peut-être diminuée de volume, mais sans trace aucune de lésion. Dans Une autre observation nécropsique faite par M. Hameau (Thèse inaugurale. Paris, 4833), nous signalerons un épanchemcnt séreux dans les méninges cérébrales et rachidiennes, avec A ramollissement sensible de la substance du cerveau, et plus sensible encore de la moelle épinière, résultat qui rentre assez dans l'opinion émise par Requin, savoir : que les altérations de l'encéphalite superficielle généralisée sont ce qu'il y a de plus important à noter dans l'anatomie pathologique de la pellagre. L'héméralopie serait fréquente chez les pellagrcux, d'après le docteur RoussilhÀ S'il est vrai, comme on l'a dit, que le sang, dans la pellagre, offre une diminu-tion de ses globules analogue à celle qui a été constatée dans la chlorose, cette, condition explique jusqu'à un certain point l'invasion d'une amblyopie à type héméralopique. Le fluide sanguin appauvri ne produirait-il pas sur l'appareil de la fonction visuelle une excitation suffisante encore, en présence d'une lumière vive, pour que la vision pût avoir son cours, mais insuffisante le soir et dans les* localités obscures? Tous les observateurs sont d'ailleurs d'accord sur ce fait, que la misère, un régime alimentaire insuffisant et les différentes causes de débilitation prédisposent à l'affection pellagreuse.

Il y a lieu de croire également que la plique polonaise est une maladie générale dans laquelle l'exhalation delà matière agglutinative qui entrelace les cheveux n'apparaît que comme un phénomène critique. Si les accidents prodromiques que cette dégoûtante affection entraîne sont parfois exempts de gravité, ne consistent, par exemple, que dans quelques douleurs de tête, dans quelques souffrances aux membres simulant le rhumatisme , il est des cas aussi où ils sont pourvus d'un grande véhémence et envahissent les fonctions les plus importantes. M. Szokalski 1 cite la sensibilité épigastrique, l'anorexie, les flatuosités, les coliques, les vomissements de matières bilieuses; tantôt une constipation opiniâtre a lieu, tantôt c'est une diarrhée fétide. Les urines déposent un sédimentrouge. L'odeur de la sueur infecte et le lit et le logis du malade ; elle laisse sur son linge un résidu blanchâtre qui fournit une phosphorescence légère ayanj de l'analogie avec le phénomène observé par MM. Riot et Recqucrel lorsqu'on jette dans l'eau de la poudre de sulfate de chaux. Il n'est pas rare que le bourrelet hémorrhoïdal se tuméfie. Des névralgies, des paralysies même surviennent à une période plus avancée. Telle est d'ailleurs la variabilité des phénomènes qu'un praticien de grande expérience disait au docteur Szokalski qu'il n'y avait point mi état palhologique, parmi les maux qu'on observe habituellement sur le sol polonais , qu'il n'eut rencontré durant le développement de la plique. Le feutrage des cheveux par une humeur visqueuse apparaît tôt ou

1 Szokalski, De la plique polonaise. Paris, 1844.

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