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CHAPITRE IX. — MALAMES T)E LA CHOROÏDE ET DE LA RETINE

tard. Certains trichomcs ont 4 mètre et plus; la majeure partie est de quelques pouces

Le docteur Kosztulski, qui a longtemps fréquenté les conférences cliniques de mon dispensaire, m'a assuré qu'il s'était plusieurs fois convaincu, dans sa patrie, que la dyscrasie pliqueuse était une cause d'amaurose. Elle se manifeste d'ordinaire lentement parmi les phénomènes prodromiqucs, et offre les symptômes de l'amblyopie congestivc à allure sourde; la cécité peut être complète au moment de la manifestation du feutrage. Une invasion brusque de l'amaurose parait chose assez rare. Le docteur Kosztulski, l'ayant vue subitement surgir chez un malade, ne songeait qu'aune simple congestion cérébro-oculaire, quand, quelque tempsaprès, les accidents du trichome apparurent , suivis, quatre mois plus tard, de l'entrelacement des cheveux. 11 eut aussi l'occasion de rencontrer une fois ce genre d'amaurose associée à un double exophthalmos assez considérable, r Quelques personnes, qui avaient habité la Pologne, m'ont dit aussi avoir constaté des phénomènes araaurotiques par suite de la section du trichoma. Le docteur Szokalski annonce qu'en ce qui concerne l'enlèvement des cheveux pliqués, les auteurs de toutes les opinions sont unanimes à cet égard , qu'il faut entourer cette opération de grandes précautions. La section de la plique doit s'effectuer peu à peu et à plusieurs reprises; la suppression, se faisant avec une lenteur que l'on gradue à volonté, n'offre dès lors aucun danger.

Article 13. — Amaurose épileptique et hystérique. — Amblyopie des hypocondriaques.

Les conditions morbides, quelles qu'elles soient, qui donnent lieu aux accès d epilepsie, peuvent occasionner une amaurose, tantôt temporaire, tantôt permanente.

Toute attaque de cette terrible maladie est accompagnée d'amaurose. Alors les paupières sont le plus souvent-largement écartées, bien qu'on les voie parfois en Couvertes ou même fermées. Presque toujours les globes sont fixes, tournés directement en avant, solidement maintenus dans cette position par leurs cordes motrices, en proie à une telle roideur tétanique que la pression du doigt ne peut faire dévier les yeux vers un autre sens. Les pupilles sont dilatées, trèsrarement contractées; elles ont perdu toute mobilité; elles continuent à jouir de leur éclat primitif. La cécité est assez radicale pour que la lumière d'une jWbgie promenée devant les yeux ne produise aucune impression, et laisse les iris dans une inaction complète. Ces phénomènes s'évanouissent en même temps que l'accès, pour reparaître dans l'accès subséquent. Dans beaucoup de cas, un certain trouble règne dans les conditions visuelles, pendant un temps assez court, après les crises; mais lorsque celles-ci se sont produites à des intervalles rapprochés et ont été violentes, une amblyopie, une amaurose, presque con-

« Consultez, pour des recherches microscopiques faites par MM. Raciborski et Robin sur Altération des cheveux qui accompagne la plique, la Gazette médicale, année 1859,

708 LIYRR II. — MALADIES DU GI.OBK OCUI.A1KK.

stammenl imparfaite, peut subsister hors de La pérjcTde des attaques. Ijosamauroscs complètes de ce genre sont assez rares, et ne surgissent guère que par suite d'accès pourvus d'une grande véhémence, notamment après les attaques apoplccto-épileptiques (Walthcr), circonstances dans lesquelles on avulacécité, survenue durant la crise, rester permanente.

C'est, d'après Beer, d'un mauvais augure, non-seulement par rapport à l'amaurose symptomatique, mais encore eu égard à la lésion principale, quand les désordres fonctionnels des yeux précèdent les attaques et continuent longtemps après elles. La perte définitive de la vision a parfois lieu, ajoute-t-il , après trois ou quatre de ces dernières; des malades même ont succombé au milieu de l'un des paroxysmes.

Dans les attaques d'hystérie, les paupières sont communément à demi fermées; les yeux ne sont pas lixes, mais roulent, au contraire, dans les orbites; la vision est presque constamment conservée. Des faits démontrent qu'une amaurose complète peut se* manifester dans cette occurrence. Le docteur Visinier me racontait qu'appelé pour porter secours aune jeune fille hystérique, en proie ce jour-là à un accès plus fort que de coutume, par suite du chagrin qu'elle éprouva en apprenant la mort de son frère, il trouva les pupilles largement dilatées et la malade aveugle. Or, l'attaque dura toute la journée, avec des rémissions, pendant lesquelles la jeune fille annonçait qu'elle ne distinguait pas les personnes qui l'entouraient. Quelques hystériques accusent des douleurs plus ou moins vives, apparaissant à des intervalles irréguliers et sans inflammation extérieure appréciable, douleurs ayant leur siège dans les yeux (ophthalmodynie), et s'irradiant dans les ramifications de la cinquième paire. Nous noterons encore, parmi les symptômes que sont susceptibles de présenter ce genre de malades, laphotophobie, le clignotement des voiles palpébraux, lamyodésopsie, les hallucinations visuelles de tout genre. Souvent, d'après Lœbenstein-Lel vel, l'obscurcissement de la vue, chez les hystériques, indique un nouvel accès plus fort que les accès précédents.

Cest dans un vaste service d'hôpital qu'on est surtout à même d'étudier la variété étiologique qui nous occupe. Parmi les observateurs qui ont le plus élucidé cette question importante de l'oculislique , nous citerons notre savant ami le docteur Briquet, dont les idées à cet égard sont trop pratiques pour être passées ici sous silence 1.

On a depuis longtemps reconnu que les femmes hystériques sont, dans quelques circonstances, en proie à des perturbations visuelles. Ces faits étaient considérés comme accidentels; l'on ignorait qu'ils fissent partie d'une loi g& nérale. Chez les hystériques, tous les sens sont susceptibles d'être frappés d'anesthésic : la vue, l'ouïe, l'odorat, le goût peuvent être envahis, soit séparément, soit simultanément, par un affaiblissement qui va quelquefois jusqu'à l'anéantissement complet du sens. Mais il y a lieu de noter que les troubles paralytiques dont il s'agit ne surgissent pas de prime-abonl; on ne les observe que quand il existe, depuis un laps de temps plus ou

i Consultez la Gazelle des hôpitaux, année 1858, p. 378.

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