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CHAPITRE IX. — MALADIES DE LA CHOROÏDE, ET DE LA RBTIKE

moins long, des phénomènes hystériques, et qu'après qu'une partie plus ou. moins étendue du tissu cutané et des membranes muqueuses a été atteinte d'anesthésie. La torpeur paralytique des sens est donc un phénomène consécutif; il est fort rare qu'une anesthésie cutanée ne l'accompagne. Celle-ci s'estelle étendue à la totalité de l'enveloppe tégumentaire, les organes des sens sont compromis des deux côtés; n'occupc-t-ellc que l'une des moitiés latérales du corps, ces mômes organes ne seront le plus communément atteints que d'un côté, celui où la peau est anesthésiée. Lorsqu'enfin Fanesthésie ne comprend ■que des parties restreintes de l'enveloppe cutanée , Fanesthésie des organes des ...sens sera rare. Dans la très-grande majorité des cas, elle atteint et le sens et la muqueuse ou la peau qui revêt l'organe de ce sens; elle peut donc collectivement porter sur le nerf destiné à la sensation spéciale et sur les éléments nerveux qui sont chargés delà sensation du toucher. On Fa vue se dissiper, soit d'elle-même, soit par l'intervention d'un traitement général. On l'a parfois fait disparaître Bçresque instantanément par des stimulants spéciaux appliqués à la peau. 11 est rare d'ailleurs que ces anesthésies n'aboutissent pas à la guérison, car les femmes âgées, jadis hystériques, n'en présentent presque jamais de traces.

Ce sont les yeux qu'on trouve le plus fréquemment atteints, d'après le même observateur. L'apparition de Famaurose est généralement brusque; elle survient soit après une attaque d'hystérie, soit après la disparition de quelque symptôme hystérique grave, ou après une vive émotion morale. Chez une jeune fille dont M. Landouzy a relaté l'histoire, la perte de la vision avait frappé les deux yeux subitement; il y a lieu de croire que Fanesthésie existait déjà à un certain degré, car la malade se plaignait depuis quelque temps de troubles visuels. Dans quelques cas, les malades distinguent le jour d'avec la nuit; mais le plus habituellement elles ne voient rien, et la pupille est dilatée et immobile. La conjonctive ne sent pas ordinairement le contact des corps: on peut toucher le blanc de l'œil avec le doigt ou avec la tête d'une épingle sans que le sujet en ait la con science. L'amaurose hystérique dure de quelques jours à quelques mois; elle ne paraît pas avoir jamais persisté plus longtemps; elle se dissipe le plus communément aussi promptement qu'elle a paru. Une jeune fille, citée par M. Allègre, amaurotique et paraplégique tout à la fois, éprouva un jour une attaque d'hystérie et put se lever aussitôt, se promener dans les dortoirs de la Salpétrière et distinguer parfaitement les objets. L'amaurose, chez une autre malade, était survenue brusquement après une attaque, persista deux mois, puis s'évanouit après une seconde attaque. Il est enfin des malades chez lesquelles la cécité amaurotique se constitue à plusieurs reprises.

Chez les hypocondriaques, le désordre des fonctions visuelles n'est guère borné qu'à de l'amblyopie avec vision imparfaite, fautive, traversée par des scotomes. Lœbenstein-Level fait observer qu'aux vertiges , aux tintements d'oreilles dont ils se plaignent, il faut joindre souvent les étincelles, les mouches la diplopie, l'aspect d'un crêpe noir devant les yeux; le regard est sombre' ajoute-l-.l, l'albuginée est teinte en jaune, et des cercles bleuâtres encadrent les yeux. Les phénomènes de la congestion cérébro-oculaire sont généralement plus prédominants chez ces sujets que chez les hystériques; c'est ce qui a fait dire à

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Waltlicr que l'amblyopio des hypocondriaques était plus érélhico-eongcsthe (pic l'amblyopie hystérique,

TRAITEMENT* — L'amaurose épilepticjuc, devenue permanente, est presque incurable1. Un exutoire puissant à la nuque et les hydrargyriques peuvent être essayés. Que dire de la médication des troubles visuels susceptibles de s'associer à l'hystérie et à l'hypocondrie, si ce n'est qu'elle est liée à celle de la maladie principale. Deux iilles, atteintes d'amaurose hystérique, et traitées, à A'ix en. Savoie, par le docteur Despine2, Turent guéries après une saison thermale efc quelques séances d'électricité. Les courants électriques étaient appliqués a lombes et autour du bassin; on les faisait ensuite passer d'une tempe à l'autn

Article 14. — De l'amaurose dans l'albuminurie et dans le diabète.

La maladie de Bright (néphrite albumineuse de M. Rayer) se manifeste, du la vie, par deux symptômes caractéristiques : l'existence dans les urines d mu certaine quantité d'albumine et la formation d'épanchements dans le tissu cel lulaire et dans les cavités séreuses, d'où un œdème plus ou moins étendu, parfois l'anasarque, et d'où aussi des collections séreuses dans les plèvres, le péri* toine, etc. Qui ne sait qu'on acquiert la certitude de la présence de l'albumine dans les urines par l'ébullition de ces dernières, ou en y versant de l'acide azor tique ou un peu d'alcool; l'albumine se coagule et se dépose au fond du vase sous forme d'un précipité floconneux. Mais il faut ajouter que l'albuminurie est loin d'être toujours une entité morbide; que, le plus souvent même, c'est un simple accident sécrétoire qui accompagne des maladies diverses, aiguës ou chro- • niques, telles que les fièvTes éruptives, la scarlatine notamment, dans la période de desquamation, des lésions du cœur, du foie, etc. Au demeurant , dit le docteur Blot, l'albuminurie peut exister, même fort abondante, sans néphrite e\ sans désordre appréciable dans le tissu du rein; ce symptôme est fréquemment purement fonctionnel, chez les femmes enceintes, par exemple, où l'albuminurie paraît avoir pour cause une simple hypérémie rénale. L'auteur ajoute qu'il reorette de voir cette expression employée comme synonyme de néphrite albu- • mineuse, de maladie de Bright, vice de langage qui a le grave inconvénient d|t perpétuer des idées erronées.

Bright, Addison, Simpson, M. Rayer, ont mentionné le trouble des tondions • visuelles comme se manifestant parfois dans le cortège symptomatique de l'aM

' L'opinion suivante , professée par plusieurs observaieurs , me paraît la pO^ acceptable. L'épilepsie a ordinairement son siège dans le cerveau, et probablement plu rarement dans la moelle épinière. Le siège de l'hystérie existe sur le trajet du grarçJ sympathique et sur les ganglions et les plexus, qu'il concourt à former le cerveau n Jtant affecté que consécutivement, et ne l'étant pas toujours. Il résulte de la que 1 ép.lej sie est très-difficilement curable ou incurable, tandis que le contraire a lieu pour I hystérie, qui se dissipe quelquefois par les seuls efforts de la nature. \ Annales d'oculistiquc, t. XXVII, p. 48.

CHAPITRÉ IX.— MALADIES DE LA CHOHOmiî ET HE LA RETINE. 711

Hon granuleuse des reins. Toutefois , c.Ysl au docteur Landouzy (do Reims) que doit être attribué, l'honneur d'avoir le plus insisté sur ce phénomène a\ant (a dépouyerte de l'ophthalmoscppe. Dans une série de travaux pjdiés à partir de 1811). ce professeur avançait que l'amaurose, à des degrés variables, était presque constante dans l'albuminurie ; qu'elle l'annonçait, comme signe initial, ayant l'invasion des autres accidents; qu'elle s'évanouissait et reparaissait en même temps que le dépôt albumineux des urines. M. Landouzy disait à cette époque 1 nue l'amaurose albuminurique et l'amaurose diabétique lui paraissaient dépendre du même genre d'altération primitive, c'est-à-dire d'une lésion du système ner-

Heux ganglionnaire

L'ophthalmoscope a singulièrement élucidé cette importante question de la isologie ophthalmique. Il nous a appris que, dans les perturbations visuelles associées a l'albuminurie,, on ne découvrait parfois rien de bien caractérisé dans les profondeurs de l'œil, la maladie ayant probablement alors sa source dans l'encéphale; qu'il n'y avait, dans d'autres circonstances, qu'hypérémie des vaisseaux qui se montrent sur la papille optique et sillonnent la rétine et la choroïde, sans que cette condition présentât quelque trait qui pût être considéré comme pathognomonique; que, dans une troisième catégorie de malades, on constatait une série de caractères spéciaux du plus haut intérêt, et cpii devront être l'objet de notre examen (pl. XI, fig. 2). Presque constamment d'ailleurs la cornée et les humeurs de l'oeil conservent, dans tous ces cas, leur transparence physiologique. Il y aurait erreur à croire que la vue fût constamment troublée dans l'albuminurie. Les observations de MM. Honoré, Michel Lévy, Martin-Solon et de plusieurs autres médecins estimés, observations dirigées d'une manière plus particulière vers l'organe de la vue, depuis la communication de M. Landouzy à l'Académie des sciences (8 octobre 1849), ont démontré que l'amaurose ne devait être regardée que comme une complication exceptionnelle de la présence de l'albumine dans le liquide urinaire. Deux malades, traités par le docteur Ancelon, n'ont offert aucune détérioration des fonctions visuelles; ils ne cessèrent même de se livrer à la lecture pour charmer les ennuis du long repos auquel les avait condamnés la gravité de leur mal ; deux autres n'ont point parlé du moindre désordre du côté des yeux. Il y a mieux : chargé, pendant trois années, de recueillir les observations du professeur Fouquier, dont il remplissait les fonctions de chef de clinique, le docteur Marchai, qui habitait en celte qualité ^hôpital de la Charité, annonce que, dans les nombreux cas d'albuminurie ■j'il eut l'occasion de rencontrer, il ne constata presque jamais l'existence d'un ttouble visuel quelconque. (Thèse inaugurale, année 1850.) Nous citerons, par contre, le médecin suédois Malmstein , qui prétend avoir observé l'amblyopic onze fois sur vingt-quatre sujets atteints d'albuminurie, et M. Simpson, qui, la quahfianl.de symptôme prémonitoire, lui assigne une importance toute particulière*.

L'un des traits principaux de l'amaurose albuminurique est caractérisé par

1 Union médicale, année 18o0, p. 527.

» P. Lorain, De l'albuminurie, thèse pour l'agrégation. Paris, 1860, p. 31

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le développement, dans les éléments de la rétine, de taches blanchâtres ou d'un blanc jaunâtre et d'un aspect brillant, qui naissent sur diverses parties de cette ■ membrane, souvent sur le trajet ou à l'extrémité des vaisseaux. Ces dégénérescences, de nature graisseuse, sont tantôt primitives, tantôt consécutives à d'autres altérations (Lecorché) l. Leur point originaire le plus commun paraît être le voisinage de la papille optique, où on les voit quelquefois disposées sous une forme circulaire. Peu à peu, les exsudats graisseux se rapprochent, deviennent confluents, se répandent, dans toutes les directions et finissent par se convertir en masses dénuées d'uniformité et pourvues de la teinte précédemment indi-^ quée. Le fond de l'œil alors est entièrement obscurci par elles, tandis qu'à l'origine du mal quelques portions de la rétine, jouissant de leur diaphanéité, permettaient encore d'apercevoir la choroïde sous-jacente. Je donne dans ce moment des soins à une femme qui, la première fois qu'elle se présenta à mes consultations cliniques, offrait au fond des globes des amas jaunâtres et disposés de telle sorte qu'on eût dit que la région rétinienne, y compris la papille, était barbouil- J lée avec de la colle. Elle était alors enceinte de cinq mois. C'est surtout depuis l'accouchement que la résorption s'est activement effectuée dans les obstacles; aujourd'hui, les papilles sont entièrement démasquées, et les parties, naguère compromises, ont recouvré leur teinte rosée, sauf quelques points encore encombrés par des dépôts graisseux. La malade, jadis aveugle, ne conserve guère qu'un scotome fixe par rapport à l'axe de la vision, et qui donne lieu aune interruption du champ visuel. Les urines étaient très-fortement chargées d'albumine au début; elles en conservent à peine quelques traces 2.

Un second caractère de l'amaurose albuminurique, symptôme qui semble le plus souvent précéder celui qui vient d'être signalé, dérive de la présence de taches ecchymotiques sur la région rétinienne. J'ai rarement observé des suffusions hémorrhagiques étendues; celles-ci se sont le plus communément présentées sous forme de points rouges répandus çà et là au milieu des plaques graisseuses. Cet ensemble morbide donne lieu à un aspect bariolé qu'il suffit de n'avoir constaté qu'une fois pour reconnaître ensuite l'amaurose albuminurique. Ces bigarrures sont encore rendues plus marquées par l'addition de points plus sombres, souvent tout à fait noirs, qui semblent être des caillots desséchés, un bon nombre d'entre eux cependant nous ayant paru du pigment choroïdien plus ou moins déplacé, comme dans larétinite pigmenteuse (p. 654).

Quand on réfléchit aux obstacles qu'opposent à la circulation des profondeurs de l'organe les amas qui viennent d'être signalés, et si l'on a égard aux infiltrations notées au commencement de cet article, et qui précèdent s. souvent ou accompagnent l'amaurose albuminurique, on sera assez porté à admettre qu'un certain degré d'œdème de la rétine et des parties sous-jacentes doit s'ajouter à

. E. Lecorché, De l'altération de lavision dans la néphrite albumineuse, thèse inaug.

^È. Liebreich ditégalement avoir observé, chez quelques malades, la disparition insensible des plaques de graisse et des exlravasations, le rétablissement de la papille des vaisseaux, et même, dans un cas, le recollement complet de la rétine délactice.

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