CHAPITRE IX.— M.U..U.IKS DK LA CHOROÏDE R'I »K l-V HKÏ'INK. US
quérir, dans ,1c tels cas, des conditions des milieux réfringents. Il résulte des reehercl.es de .M. Mialhe que c'est aux alcalis contenus dans les liquides animaux que la diaphanéité des humeurs vitales doit être rapportée. « Dans l'affection diabétique, dit-il, le sérum du sang, au lieu d'être transparent, comme dans l'état de santé, est , au contraire, opalin, d'une apparence laiteuse, lait constaté par llollo, Pobson, Mac-Grégor et Thompson. D'une transparence incomplète des humeurs de l'œil vient l'affaiblissement de la vue. Aussitôt que, sous l'influence des alcalis, le sérum du sang reprend ses qualités transparentes, la vue cesse d'être trouble et reprend son intensité physiologique. »
traitement. — Dans l'amaurose albuminurique, les prescriptions curatives seront en grande partie réglées par la maladie à laquelle elle se rattache. Le type st lu nique ou asthénique de la perturbation visuelle devra influer également sur les décisions du praticien. Les sangsues derrière les oreilles, les ventouses sèches ou scarifiées sur la région de l'épine, les exutoires à la nuque, les onctions sur le front avec les pommades mercurielles ou iodées, et à l'intérieur l'acétate de potasse, à la dose de A grammes par jour dans une décoction de chiendent (Secondi) pourront être ordonnés dans le premier cas. L'on prescrira, dans le second, le vin ou l'extrait de quinquina, les préparations martiales, la pommade de Gondret au voisinage des yeux et au sinciput, les onctions et les vaporisations stimulantes (p. 620). Les frictions sèches sur toute la surface du corps seront conseillées contre les œdèmes si communs dans les conditions de ce genre. L'usage interne de l'acide nitrique a été employé avec succès, chez une jeune iilie atteinte d'amaurose albuminurique, par le docteur Ponti (de Parme) l. Le tannin, à la dose de 1 à 4 grammes par jour, a été préconisé comme anti- albuminurique par le docteur Garnier 2.
Sauf quelques indications locales cpi'il est aisé de saisir, on combattra les troubles visuels, qui viennent compliquer la glycosurie ou le diabète sucré, par les ressources qui s'approprient le mieux à cette dernière affection, et qui ne se réduisent presque qu'à des modifications dans le régime du sujet. Quelques règles hygiéniques d'une haute utilité pratique ont été posées à cet égard par M. Bouchardat. L'un des principes les plus importants consiste dans la suppression, ou du moins dans une diminution considérable de la quantité d'aliments féculents 3,
d'un blanc sale et était œdématiée. Le chirurgien, d'après l'état de la rétine, diagnostiqua une amblyopie glycosurique. Il m'aflirma, et M. le docteur Bader me l'assura depuis , que cette maladie est si rare à Londres qu'on ne l'observe pas plus de deux ou trois fois par an dans leur vaste hôpital. Malgré leurs caractères de ressemblance, on ne peut pas confondre l'amblyopie de cause albuminurique avec celle de cause glycosurique, tant qu'on peut faire l'analyse des urines. (Metaxas, De l'exploration de la rétine, etc., thèse inaug., année 1861 .)
1 Annales d'oculislique, t. XXXVIII, p. 1 65
2 M. Garnier formule de 2 à i grammes de. tannin, qu'on associe à 30 grammes d'eau distillée et à 30 grammes .le sirop de quinquina. A prendre par cuillerées à bouche.
ail résulte des recherches de M. Mialhe : I» que h transformation de certains aliments en sucre n'est pas propre aux seuls diabétiques; qu'elle est la condition nécessaire de la digestion et de l'assimilation de ces aliments; 2» qu'elle a lieu par un ferment spécial
7|(j LIVRE II. MALADIES DU CI.OBE OCULA1HK.
car la proportion de sucre que contiennent les mines des diabétiques est toujours en raison directe de la masse des substances féculentes ou sucrées qu'ils ' ont ingénies dans les vingt-quatre beures. Les aliments les plus usuels dont il faudra s'abstenir autant que possible sont le pain ordinaire , composé , soit de froment, soit de seigle, soit d'orge, les pâtisseries, les pâtes farineuses, les pommes de terre, les fécules d'arrow-root et autres fécules alimentaires, le riz, le maïs, les haricots, pois, lentilles, fèves, marrons, châtaignes. On défendra les confitures et les autres aliments ou boissons sucrés. L'usage du lait est défavorable; il en est de même de la bière, à cause de ladextrine qu'elle contient On permettra les viandes de toute nature (sauf les foies et les morceaux gélatineux), les poissons, les huîtres, les œufs, les fromages. Le pain de gluten s'est montré un adjuvant fort utile dans un bon nombre de cas de glycosurie. Les vins rouges, les vieux vins surtout de Bourgogne et de Bordeaux, sont très-salutaires, et Feau rougie est préférable à toutes les tisanes. On prescrira le café sans sucre; on peut toutefois y ajouter un peu d'eau-de-vie ou de rhum.
On conseillera aux diabétiques l'eau de chaux, le lait de magnésie, le bicarbonate de soude; en introduisant dans l'économie l'alcali qui fait défaut, ces agents, d'après M. Mialhe, tendent à rétablir les conditions normales des humeurs viciées et l'ordre naturel des fonctions assimilatrices. Les limonades, et en général toutes les boissons dites tempérantes , sont préjudiciables dans les cas de ce genre. En 1847, à l'époque des grandes chaleurs, un Italien, professeur de langues, tourmenté par une soif ardente, fit un usage immodéré de boissons acidulés, de granits, de pastilles de citron, etc., sans éprouver de soulagement à la soif et à la sécheresse continuelle de la bouche. Le besoin d'uriner, qu'il ne ressentait que trois ou quatre fois par jour, devint de plus en plus pressant; les urines étaient très-copieuses et plus abondantes que la somme des liquides ingérés; il survint en même temps beaucoup de malaise, de la prostration des forces, de l'amaigrissement, un affaiblissement de la vue. M. Mialhe,
qui existe dans les humeurs salivaires de tous les animaux, ferment qui exerce sur les matières arnyloïdes un pouvoir spécifique tout à fait semblable à celui qu'exerce sur Pamidon la diastase, ou principe actif de l'orge germé découvert par MM. Payen et Persoz, ferment enfin ou principe actif de la salive, que M. Mialhe appelle diastase animale ; 3" que chez tous les animaux sans exception les matières féculentes, pour devenir absorbables et assimilables, doivent passer à l'état de saccharification, sous l'empire de cette diastase animale. Introduit sans cesse dans l'économie, ce sucre est destiné à la nutrition, but auquel il ne parvient que par sa décomposition dans nos humeurs; car on ne le rencontre chez l'homme sain dans aucune sécrétion. Une influence quelconque a-t-elle contrarié cette décomposition, a-l-elle rendu cette substance impropre à l'assimilation, elle se répand dans l'organisme, devient un corps étranger, et, comme tel, est rejelée par les glandes rénales et par les autres appareils sécrétoires. Le sucre a été, en effet, trouvé dans le sang, dans la sueur, dans toutes les sécrétions des diabétiques. Or l'influence, qui vient arrêter la décomposition dont il s'agit, est un défaut d'alcalinité dans les humeurs : aussi, cliez les diabétiques, la salive, cessant d'être alcaline, rougit-elle le papier de tournesol. (Mialhe, Nouvelles recherches sur la cause et le traitement du diabète sucré. Paris, 1849.)