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CHAPITRE IX.— MALADIES DE tA CHOROÏDE ET DE LA RETINE

ayant analysé les urines, constata l'existence d'une affection diabétique. D'après ses conseils, le malade cessa toute boisson acidulé, et se soumit à un traitement alcalin par l'eau de Vichy, le bicarbonate de soude et la magnésie calcinée. Vingt-quatre ou trente-six heures suffirent pour la disparition de toute trace de sucre dans le liquide urinaire, et la guérison ne tarda pas à s'effectuer.

Article 15. — De l'amaurose dans le typhus , dans le choléra et dans la convalescence de quelques maladies. De l'amaurose diphthéritique.

Beer, Reil et d'autres observateurs ont constaté des amauroses, passagères ou durables, par suite de typhus. Les désordres encéphaliques et autres, associés à cette affection, expliquent amplement l'invasion des accidents amaurotiques. La lièvre typhoïde est susceptible d'entraîner les mêmes conséquences. Delarroque père, très-compétent en ce qui concerne cette maladie, à laquelle il a consacré un traité spécial, m'a assuré qu'il y avait généralement trouvé les pupilles dilatées.

« Les médecins appelés à prodiguer des soins aux cholériques, dit le docteur Ancelon l, ont observé tous les degrés de l'amaurose dans la période algide , en même temps qu'ils ont pu constater la présence de l'albumine dans le liquide urinaire , en si minime quantité que celui-ci se rencontrât dans la vessie. Sur quarante cholériques (épidémie de 1854), dans la période algide , nous en avons compté dix-sept complètement aveugles, onze distinguant vaguement les objets autour d'eux, six ayant un léger trouble de la vue, six n'accusant rien. Tous avaient la pupille très-largement dilatée et assez généralement peu sensible à l'action de la lumière. Tout rentrait dans l'ordre, du côté de la rétine, aussitôt qu'apparaissait la période de réaction, alors que, dans la sécrétion urinaire, de plus en plus abondante , disparaissait progressivement la quantité d'albumine caractéristique. »

Je rencontre souvent i'amblyopie et l'amaurose, à type le plus fréquemment asthénique, dans la convalescence d'affections aiguës ou chroniques qui ont porté dans l'économie une perturbation profonde, tant par les ravages que le mal a produits que par ceux qu'ont pu engendrer les émissions sanguines et les autres expédients mis en œuvre pour le combattre. Il faut surtout avoir égard à l'atonie, à l'affaiblissement, qui, dans ces circonstances, sont venus frapper nos organes; peuvent-ils, dans l'appareil de la vision, se traduire autrement que par les phénomènes de l'anesthésie rétinienne?

J'ai donné des soins à une femme qui , à la suite d'une pneumonie dont elle avait été traitée à l'hôpital Beaujon, avait la vue très-émoussée à gauche et presque abolie à droite.

Arrachart dit avoir vu plusieurs soldats qui furent attaqués d'amaurosc à la suite de fièvres intermittentes supprimées. Un homme dont parle Pinel fut atteint, pendant treize mois, d'une fièvre quarte opiniâtre; le rétablissement ne s'effectua que lentement. Passé ce terme, et n'étant point tout à fait guéri, il

1 Annales (Voculisliquc, t. XXXIV, p. 244.

718 Livru? ii. — malamks ut; ct.onrc octiLAinrc.

commença à apercevoir des bandes noires de l'œil gauche; elles allèrent croissant, de telle sorte qu'au bout de quinze jours cet organe était privé de la faculté visuelle. Notons que le docteur Kremers prétend avoir remarqué que les lièvres intermittentes étaient accompagnées de sensibilité dans la région d'une ou de plusieurs vertèbres, d'où l'on a conclu que ces maladies pouvaient dépendre d'une lésion de la moelle épinière, assertion dont la valeur est loin d'être démontrée, mais qui mérite toutefois l'attention des praticiens.

Un bon nombre d'observations de date récente démontrent qtie le croup et l'angine couenneuse sont susceptibles d'être suivis de phénomènes paralytiques, le' plus communément à une époque assez éloignée de celle de la dispai itiori des fausses membranes. Telles sont les paralysies dites diphlhériti<pies. Elles attaquent d'abord le voile du palais, puis l'organe visuel (amaurose dtphthëritiquë), les membres inférieurs, les membres supérieurs et enfin les muscles du tronc et de la respiration. Dans les cas les plus nombreux de beaucoup, on (ta constaté que des phénomènes purement amblyopiques, fréquemment associés à de la presbytie et à de la diplopie. Quelle est la cause intime et quel est le siège de pareils désordres? Nous n'en sommes encore qu'à des suppositions. L'idée : plus admissible qui ait été émise nous paraît être celle de M. Maingault, adoptée par M. H. Roger, par M. Trousseau, par M. Giraud-Teulon et d'autres observateurs. Il y aurait ici infection générale, analogue à l'empoisonnement typhoïde, saturnin, à l'influence de tous les poisons dont l'action sur les centres nerveux est l'un des effets les plus ordinaires ; l'intoxication diphthéritique embrasse toute l'économie et se révèle par un ensemble de symptômes dont la distribution peut varier, mais ne varie que dans une série numérique restreinte, qui donne, par la constance des réactions qu'elle provoque, la preuve de la spécificité de la cause. Dans le plus grand nombre des cas, le fond de l'œil n'a montré à l'ophthalmoscope aucune mutation matérielle qui pût rendre compte de là perturbation de la vue; quelques faits ont milité pour le diagnostic d'une paralyse de la rétine; d'autres, qui semblent les plus nombreux, pour une paralysie musculaire, d'où un défaut d'accommodation de l'organe. La mydriase bioculaire a encore été observée dans les conditions de ce genre (p. 392). Il est digne de remarque que les paralysies diphthéritiques ne se compliquent habituellement d'aucun trouble des facultés intellectuelles. Quelques-unes se sont dissipées à la longue sans traitement; d'autres ont cédé aux toniques, aux bains de mer, à la strychnine, ffl l'électricité, aune alimentation substantielle; il en est qui se sont montrées rebelles à toute médication. L'amaurose dite diphthéritique s'est évanouie le plus souvent avec rapidité. Elle est, dit le docteur Giraud-Teulon, plutôt inquiétante que sérieuse.

Article 16. — Amaurose vermineuse.

Si la présence des vers dans le canal intestinal détermine le plus habituellement la mydriase , elle est susceptible aussi d'engendrer une amaurose, le plus souvent incomplète, mais parfois complète. Vandcrmonde parle d'un enfant qui, ayant perdu la vue et la parole, rendit, à la laveur d'un émétique, et par le vo-

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