CHAPITRE IX.— MALADIES 11 E LA CHOROÏDE ET DE LA RETINE
tique qui nous occupe, les vers <loivo.nl être agglomérés sur un point particulier et non encore déterminé du tube digestif, de telle sorte que, se trouvant, par exemple, dans la région inférieure des intestins , ils ne produiraient aucune réaction vers les yeux et le cerveau, tandis que, fortuitement placés dans la parlie supérieure, ils entraîneraient l'amaurose. Nous ajouterons que, dans la pensée des docteurs Roche etSanson, les convulsions et les autres desordres sérieux, que les vers sont susceptibles d''engendrer, ne surgissent que quand ils ont fait irruption dans la cavité de l'estomac.
L'expérience clinique démontre que, chez les adultes aussi, l'amaurose peut avoir cette même origine.
Observation LXVI.— Un villageois était aveugle, avait les pupilles dilatées et éprouvait par intervalles des symptômes de fureur tels qu'on croyait qu'il avait été mordu par un chien enragé; c'était même l'opinion du chirurgien en chef de l'Hôtel-Dieu de Clermont-Ferrand, où cet homme fut conduit. On l'enferma dans une chambre basse destinée aux malades dè cette espèce; ce malheureux, qui refusa constamment de prendre les aliments et les boisions qui lui étaient présentés, ne tarda pas à succomber. Ou fârouva dans le canal intestinal de 160 à 480 vers de la longueur de 5 à 11 pouces, les uns vivants, les autres morts. 11 fut facile de reconnaître, mais un peu tard, ajoute Delarue, qui relate ce fait, que les symptômes nerveux que cet homme avait offerts, ainsi que l'amaurose, n'étaient pas les résullals d'une cause rabique, mais provenaient de la seule existence des vers dans le canal intestinal.
Observation LXV1I. — En 1846, le docteur Fournier-Duportail m'adressa l'une de ses clientes, chez laquelle, à une amblyopie très-prononcée se joignaient des atteintes de névralgie sus-orbitaire. Des lipothymies surgissaient de temps à autre; le sommeil était souvent troublé par des rêves sinistres qui réveillaient la malade et la jetaient dans une grande anxiété. Comme elle éprouvait des nausées fréquentes, quelquefois même des vomissements, je crus devoir faire entrer dans la médication, et comme agent purgatif, une mixture composée d'eau-de-vie allemande, de vin de colchique, de sirop de (leurs de pêcher et d'alcoolat d'anis; la malade dut en prendre tous les trois jours deux ou trois cuillerées à bouche. Quels furent son étonnementet le mien quand elle m'apporta, au bout de pei de jours, plus d'un mètre et demi d'un ténia qu'elle avait rendu par les selles, et do ... personne n'avait soupçonné l'existence ! Les indications, dès ce moment, devinrent précises, et. j'appris que le médecin ordinaire de la malade s'y conforma, sans que j'en eusse connu les résultats.
Si la.tàche du praticien est facile quand on lui présente les fragments d'un ténia comme pièce de conviction, il n'en est pas de même s'il est borné à rechercher l'existence du ver au milieu de symptômes plus ou moins vagues. Les troubles visuels qu'on a rencontrés le plus habituellemént dans cette circonstance sont, d'après M. LegendreJ, la diplopie et une sensation de flocons, de mouches et de bluettes lumineuses; dans un cas même, on a constaté une cécité périodique. Nous noterons, parmi les autres phénomènes nerveux les plus fréquents, des attaques comulsives, participant quelquefois des Caractères de l'épilepsie ou de l'hystérie, les vertiges, les lipothymies. L'appétit, est inégal et par-
1 Archives générales du médecine, année 1880,
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fois insatiable. H y avait, dans la moitié des cas, une sensation de piqûre ou de morsure à la région épigastrique. Rarement un des symptômes indiqués existe isolément; on les a le plus communément observés, au nombre de deux ou trois, cbez le même sujet.
traitement.— Toute la classe des antbelmintiques est applicable à la variété étiologique qui nous occupe. On prescrira plus particulièrement contre les ascarides lombricoïdes le calomel seul ou associé au semen-contra ou à d'autres vermifuges. Je formule souvent pour les jeunes sujets : Poudre d'écorec de racine de grenadier, poudre de fougère mâle, de chaque, 2 grammes; la dose est d'une pincée soir et matin dans un peu de miel ou de sirop. Nous avons employé avec le plus grand succès contre les ascarides vermiculaires, qui siègent particulièrement dans le rectum et sont le point de départ de l'habitude de la masturbation cbez beaucoup de jeunes filles, les frictions avec l'onguent napolitain simple ou camphré autour du fondement et à l'orifice de l'intestin. On peut encore, dans les cas de ce genre, introduire fort avant dans le rectum une mèche enduite de pommade mercurielle; elle y séjourne trois ou quatre heures, puis on injecte dans l'intestin un verre d'une décoction de mousse de Corse, de semen-contra et de tanaisie, ou un demi-lavement d'une décoction de cascarille.
11 importe de recourir aux anthelmintiques aussitôt que possible, car, à la longue, les parties nerveuses chargées de percevoir la lumière peuvent s'être altérées sans remède, de telle sorte que l'éloignement de la cause morbmque ne suffit plus pour ramener la vue à ses conditions normales. Une jeune die, aveude depuis trois années, à qui Weller fit rendre une bonne quant.lé delomhrics d'unénorme volume, récupéra, au bout d'une semaine, assez de vue pour distinouer les dimensions des objets. Bien que les moyens les plus convenables eussent été continués avec persévérance, ils ne réussirent à amener aucun amendément ultérieur.
Article 17. — Amaurose saturnine.
Mentionnée sous le nom de goutte-sereine rachialgique dans la Sosologie mJ thodiaue de Sauvages, cette affection attaque de préférence les pemtres en bat,ments, les ouvriers des fabriques de blanc de céruse et de minium, ceux qui passent au vernis la vaisselle de terre, les fondeurs de caractères dmipr.mer.e, tous les individus adonnés par état à la manipulation des préparations de plomb. Les vins frelatés avec les oxydes de ce métal ont parfois donné heu a des accidents toxiques de ce genre. Il en est de même des cosmétiques saturnins dont quelques personnes font un usage habituel (p. 9 1 ).
Les effets généraux des substances saturnines sur l'économie animale sont ujourd'hui, d'ailleurs, bien connus des médecins. Que les molécules qmend| rivent pénètrent par les voies respiratoires, par les voies digestiycs ou pa la peau, elles attaquent spécialement le système nerveux ganglionnaire, p u> tous les centres nerveux jusqu'au cerveau. Le canal inlestmal et le système nci eux ganglionnaire «le cet appareil semblent primitivement le plus atteints d ou «es nausées, les vomissements, le défaut de sécrélion muqueuse intestinale, la <on