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CHAPITRE IX. — MALADIES DE LA CHOROÏDE ET DE LA RÉTINE

Stipation opiniâtre, la dépression douloureuse du ventre vers la minime vertébrale. Les douleurs névralgiques, l'engourdissement, la paralysie des membres, susceptibles d'arriver tôt ou tard , dénotent la souffrance du système nerveux rachidien. Le cerveau est-il plus gravement envahi, le malade peut tomber dans le délire et succomber avec des convulsions tétaniques.

L'observation démontre que la révolution dont le système nerveux est le siège est susceptible, dans de telles circonstances, d'entraîner un trouble plus ou moins grand de la vision, qui va parfois jusqu'eà la cécité.

La détermination de l'essence de Famaurose est chose facile, quand, ce qui arrive le plus habituellement, la paralysie rétinienne coexiste avec la colique des peintres; mais il n'en est pas toujours ainsi, Famaurose pouvant être, dans quelques cas qui paraissent rares, l'expression unique de l'empoisonnement. Au rapport du docteur Tanquerel le professeur Trousseau a rencontré à l'hôpital de Tours un sujet affligé d'amaurose saturnine, bien qu'il n'eût jamais été atteint de la colique; cet homme était ouvrier, depuis dix années, dans une fabrique de blanc de céruse; il guérit par le traitement de la Charité. Nous pouvons citer des faits dans lesquels la surdité et Famaurose précédèrent l'invasion de la colique. Une femme de cinquante-sept ans, dont le docteur Rau (de Berne) a relaté l'histoire 2, jouissait du libre exercice des fonctions visuelles, quand elle se réveilla un matin frappée d'une cécité complète à l'œil droit; quatre jours après, elle était aveugle. Les pupilles étaient dilatées et immobiles; la lumière ne pouvait être distinguée des ténèbres; la malade accusait une violente céphalalgie et delà constipation. Or cette femme, peu avant sa cécité, avait teint sa chevelure, qui était grise, avec une substance noire composée de litharge et de chaux. Grâce à une médication énergique (calomel à doses purgatives, etc.), la malade put distinguer tous les objets au bout de huit jours, et les pupilles avaient récupère leur contractilité physiologique.

Sous l'influence d'une colique métallique, des malades ont été frappés d'une hemiopie qui s'évanouit en même temps que les autres symptômes de l'empoisonnement. Chez un peintre en bâtiments , observé par le docteur Cullerier. deux atteintes de colique métallique, survenues à quatre mois de distance, furen t accompagnées chacune de l'invasion d'une héméralopie

La brusquerie de l'apparition de Famaurose saturnine, qui en peu d'heure amené parfois la cécité, avec dilatation et immobilité des pupilles, et la «Vdite avec laquelle elle cesse généralement, qu'elle soit complète ou incomplète, ce qui est le plus rare, forment les traits caractéristiques de cette variété morbide Le terme moyen de sa durée paraît être de quatre à six jours. M. Tanquerel re ate 1 exemple d'un malade qui n'était plus, depuis plusieurs années, en contact avec le plomb, et qui fut de nouveau frappé de colique, d'encéphalopatlne, de paralysie des membres supérieurs et d'amaurose. Le nombre de* récidives de la colique ne semble pas influer sur lagravilé de Famaurose

La forme amaurouque qui nous occupe s'accompagne parfois de strabisme.

'Tanquerel-des-Planches, Traité des maladies de plomb. Paris 1830 *Amwles tVaculi stique, t. XXXVI, p. 74.

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Elle envahit communément les deux globes. Elle fut unioculaire dans un cas rapporté par le docteur Weiss, médecin de la marine anglaise. Après avoir pré- ' paré, pendant douze jours, des couleurs dans lesquelles entrait le blanc de céruse; et s'en être servi, pendant huit jours, pour peindre des cabines, un matelot fut pris d'une violente colique, dont les évacuants et quelques autres moyens le délivrèrent. Six jours après, survint une paralysie du bras gauche, suivie, au bout d'une semaine, de cécité complète à l'œil droit et d'un ptosis paralytique à la paupière supérieure de l'œil gauche , qui conserva une vision normale. Sous l'influence du calomel, du jalap, des lavements de séné, de l'extrait alcoolique de noix vomi que et de quelques excitants dirigés vers les parties paralysées, la guérison s'établit après cinq jours de cécité de l'œil droit et huit jours d'hé:.iiopie de cet organe.

traitement. — Dans la grande majorité des cas, l'amaurose saturnine disparaît sous l'influence du traitement dirigé contre la colique qui l'accompagne : sulfate de soude dans du bouillon aux herbes ou dans un autre véhicule; lavements m sulfate de soude et de séné; une pinte par jour de limonade sulfurique (4 grammes d'eau de Rabel pour une pinte d'eau, avec sucre, quantité suffisante); opiacés. Quelques praticiens préfèrent encore le traitement de la Charité, dontl'ef-4 ficacité a été sanctionnée par une longue expérience, et auquel ils attribuent l'avantage de donner lieu à une guérison solide et de mettre plus sûrement que les autres moyens à l'abri des accidents consécutifs. Si le trouble de la vision persistait, il faudrait continuer les évacuants et la limonade sulfurique, ordonner les bains sulfureux et avoir recours aux expédients de l'amaurose paralytique, sans oublier la strychnine et l'électricité. Cette médication serait applicable encore aux cas d'une amaurose surgissant après la disparition d'une colique qui a été traitée méthodiquement. On s'enquerra d'ailleurs des conditions de l'organe avec l'ophthalmoscope, mode d'examen qui paraît n'avoir guère été employé dans les circonstances qui nous occupent.

L'ébranlement que l'empoisonnement saturnin détermine dans tous les éléments nerveux de l'organisme a dû porter les nosologistes à associer les narcotiques aux agents destinés à éliminer et à neutraliser la substance toxique. Dans • le traitement de la Charité, le malade prend tous les jours un bol de thénaque et d'opium. Ce dernier a été préconisé par Stoll, et, plus récemment, pari MM. Triberti (de Milan , Bricheteau, Brachet (de Lyon), qui traite tous ses lades par l'opium associé à l'alun ; Cayol surtout en a nettement précisé les indications cliniques. Le fait suivant, extrait de sa pratique, est trop instructif pour ne point être sommairement relaté.

Observation LXV1II.— Un peintre en bâtiments éprouve des tranchées et des vomissements; ses parents y voient une colique de plomb, dont il avait eu déjà des attaques: ils lui administrent 10 centigrammes de tartre stibié ét le surlendemain un purgatif. De l'amélioration se manifeste. Les douleurs ayant reparu au bout de quelques jours, on va chercher un médecin, qui, diagnostiquant une gastro-entérite, ordonne vingt sangsues sur le ventre, des cataplasmes, l'eau de gomme et la diète; la persistance des accidents milite, les jours suivants, pour de nouvelles émissions sanguines. Le 2t juiflw 4 829, douzième jour de la maladie," les coliques s'étaient apaisées: mais cet homme,

CHAPITRE ix. — MALADIES DE LA CHOROÏDE ET DE LA RETINE. 725 languissant et i'aible, souffrait dans les jambes, dans les bras, dans le clos et dans la tête, quand tout à coup il perdit la vue et la parole. Apporté le lendemain à la Charité, il offre l'étal suivant: Face pâle, pupilles dilatées et immobiles, cécité; trismus, léger opisthotonos, agitation des membres, et surtout des exlrémilés inférieures; pouls serré; ventre rétracté, décubitus dorsal. Les mâchoires ayant été entr'ouvertes de vive force, on fit avaler, dans une cuillerée de tisane, deux ou trois gouttes d'huile de croton, et l'on pratiqua avec celle-ci une friction autour de l'ombilic. Il en résulta, pendant la journée et dans la nuit d'après, quatre ou cinq évacuations aqueuses. De plus, on réussit à administrer du soir au matin, et dans une potion, '15 centigrammes d'extrait gommeux d'opium. Le 23, il y a du mieux ; les pupilles sont moins dilatées. Cayol prescrit 40 centigrammes d'extrait thébaïque.à prendre dans les vingt-quatre heures. Le lendemain, ce jeune homme sort de sa léthargie; il parle, il voit; les pupilles ont recouvré leur contractilité; il ne souffre plus; il se plaint seulement de ne pas avoir fermé l'œil de la nuit. L'opium est ordonné aux mêmes doses que la veille. Le 2S, le malade dit qu'il n'a point encore dormi; on diminue la dose du dernier remède, qu'on cesse le 29. A cette époque, sommeil, appétit, convalescence.

Cette observation donna lieu à une belle leçon clinique. Les conséquences qu'il fallait en déduire, d'après le professeur, c'est que la médication antiphlogistique n'avait pas été salutaire , pour ne pas dire plus , et que l'opium avait guéri. Les préparations opiacées, continua-t-il , dont on n'use jamais à trèsbautes doses dans le traitement de la Charité, ne semblent être qu'un secours auxiliaire dans la première phase de l'intoxication. La réaction des centres nerveux est-elle générale, a-t-elle atteint le degré d'intensité qui constitue la fièvre (fièvre nerveuse, expression qui marque bien sa nature ou sa diathèse), les expédients sédatifs et antispasmodiques occuperont le premier rang. L'expérience a appris qu'il existait, dans les désordres nerveux de ce genre, une singulière tolérance pour l'opium, en présence surtout des contractions tétaniques des muscles; mais on ne peut en retirer de bons effets qu'en en élevant fortement la dose. Cayol ajouta qu'il l'eût portée au delà de 40 centigrammes par jour, si la diminution du mal ne lui eût pas démontré que la quantité qu'il employait était suffisante.

Article 18. — Amaurose suite de l'abus des alcooliques et de l'usage de l'opium, de la belladone, du sulfate de quinine et de quelques autres substances.

Alcooliques— «Les expériences que nous avons entreprises sur des lapins auxf]itcls nousavons fait avaler un scrupule d'espril-de-vin rectifié, dilGiacomini, nous ont montré que ces petits animaux commençaient aussitôt par courir à droite et à gauche; quelques minutes après, ils avaient des mouvements convulsifs incertains ou paraissaient agités ; ils se couchaient ensuite sur les jambes postérieures, lu bouche béante et tournée vers le ciel; ils devenaient inquiets, haletants; au bout de quatre heures, ils tombaient dans une sorte d'assoupissement précurseur de leur mort. L'autopsie de ces petits cadavres a montré les méninges injectées ainsi que la substance du cerveau et celle du cervelet; les poumons engorgés de sang; l'estomac et le canal intestinal phlogoscs. » L'auteur place les alœ.diquos

dans la classe des hypersthénisants rachidiens ou spinaux, parce que leur action ' paraît, dit-il, se prononcer plus particulièrement sur le cervelet et sur la moitié antérieure de la moelle épinière. Les expériences de M. Flourens l'ont également porté à établir que l'alcool avait une influence spéciale sur le cervelet.

Qui ne sait que, chez l'homme, l'abus des boissons spiritueuses peut avoir aussi les effets les plus funestes, dont la manifestation la plus grave consiste dans l'ensemble des symptômes qui constituent le delirium tremens, le délire ou la folie des ivrognes. Le vin est bien moins apte à les produire que l'eau-de-vie, le rhum, le genièvre, etc. Aussi c'est dans le Nord et dans les contrées où l'on fait sur- • tout abus des liqueurs tories que le delirium tremens et Pamaurose, dite crapuleuse, sont d'observation la plus commune.

Observation LXIX. — Le docleur Visinier me racontait que, pendant son exercice : dans la paroisse d'Ouest-Bâton-Rouge (État de la Louisiane), à une cinquantaine de ! lieues de la Nouvelle-Orléans , l'un de ses amis , grand amateur d'eau-de-vie , dont il I buvait quelquefois jusqu'à trois bouteilles dans les vingt-quatre heures, fut graduelle- • ment atteint d'un trouble permanent de la vision; elle s'éteignit subitement un jour, J pendant qu'ils cheminaient tous deux en cabriolet. L'amaurose affecta d'abord une al- • Jure franchement congeslive, ce qui porta le docteur Visinier à conseiller les émissions il sanguines, les pédiluves, les affusions réfrigérantes, l'onguent napolitain belladoné sur • le front, etc. La période de torpidité s'étant établie, ce praticien fit mettre de nombreux . vésicaloires volants au voisinage des orbites, et recourut à la strychnine en pilules et i par la méthode endermique. La vue, qui était restée plusieurs mois abolie ou très-faible, , se reconstitua à un point tel que cet homme finit par s'adonner aux agréments de la i chasse et à ses occupations habituelles. Quand il lui arrivait seulement de se livrer aux . alcooliques, ce qui formait exception dans sa manière de vivre, la vision se détériorait, et il apercevait des étincelles et des mouches.

M. Visinier, qui a constaté plusieurs cas de ce genre en Amérique, a vu l'amaurose crapuleuse se perpétuer pendant cinq ou six mois, bien que les malades se fussent astreints à un régime sévère. Il a connu plusieurs nègres chez lesquels une amaurose complète résista à tout traitement. Chez un noir du nom : de Maréchal, qui avait largement usé de boissons spiritueuses, elle présenta le type de l'héméralopie.

Observation LXX. — Un habitant de Sanois, que j'avais opéré avec succès de la cataracte avec les docteurs Picard et Colin, aujourd'hui professeur au Val-de-Gràce, célébra, quelques mois après, le retour de sa vue par des libations copieuses. Un matin on le trouva étendu sur les bords d'un fossé, où il avait passé la nuit; il avait la langue paralysée; sa cécité était complète. Grâce à un traitement énergique dirigé par le docteur Picard, médecin de la commune (émissions sanguines, calomel, drastiques, vésicaloire au cou), les phénomènes morbides s'évanouirent, et cette imprudence n'exerça sur les suites de mon opération aucune conséquence fâcheuse.

Hormis le fait qui vient d'être relalé, nous n'avons jamais renconlré d'aman roses complètes ayant pour source certaine l'abus des boissons alcooliques; le amblyopies de ce genre se sont, au contraire, montrées dans notre pratique. * gens qui en étaient affligés offraient, les uns une l'ace colorée, d'autres un (

' 7^7 CHAPITRE IX. — MALADIES DU LA CHOROÏDE El DE LA RETINE.

blême et blafard. Leur haleine était souvent alcoolique et leur parole un peu embarrassée. Ils avaient les mains plus ou moins tremblotantes. Dormant mal et mangeant généralement peu, ils éprouvaient, le naatin à jeun, des aigreurs, des nausées, des vomiluritions. La céphalalgie, chez eux, était fréquente. Comme dans les amblyopies congestives et éréthistiques, j'ai remarqué que la vision était souvent ici meilleure à un de mi -jour qu'à une lumière éclatante.

Narcotiques. Opium. Belladone. Tabac. — La cécité a été maintes fois notée dans le cortège des accidents toxiques produits par les agents narcotiques et narçotico-àcres; dans quelques cas même, cette cécité a persisté, tandis que les autres désordres avaient disparu plus ou moins. Des individus endormis par de prétendus sorciers, avec des breuvages contenant de la stramoinc, furent, dit-on, longtemps privés de la vue. Chez d'autres, empoisonnés par l'opium, on a observé une insensibilité des rétines, qu'accompagnait le plus souvent le resserrement des pupilles, qui ne se dilataient qu'à l'approche de la mort. Les expériences de Lorry, de Monro, et celles plus récentes de M. Flourens, les ont portés à établir que l'opium et les diverses préparations qui en dérivent agissaient de préférence sur les lobes cérébraux, où ils produisent une effusion sanguine qui s'étend jusque dans les plus petits détails de leur masse. Giacomini place l'opium parmi les hypersthénisants céphaliques. . Employée à des doses toxicologiques, la belladone attaque l'appareil cérébrospinal. D'après quelques observations de M. Flourens sur des animaux morts aveugles à la suite de l'empoisonnement par cette substance, elle exercerait une action spéciale sur les tubercules quadri jumeaux. Giacomini, qui la range dans l'ordre des hyposthénisants céphaliques, annonce que tous les animaux sont affectés par ses effets , sauf, dit-il , les chèvres , qui paraissent pouvoir les tolérer impunément. Dans la pratique ophtbalmologique, on n'obtient presque constamment que des mydriases sous l'influence de l'usage de la belladone, et la cécité, qu'elle est susceptible de causer, est rare. Les yeux, chez deux enfants, furent, au rapport de M. A. Smith, insensibles pendant trois jours à la lumière la plus vive, étal qui s'accompagnait de quelques secousses convulsives. Des effets analogues sont produits par de fortes doses de jusquiame.

Le tabac a été placé au nombre des substances les plus propres à engendrer des affections amaurotiques : l'habitude de fumer beaucoup congestionne à un haut degré, a-t-on dit, l'encéphale et les membranes internes de l'œil. Cette proposition est renversée par l'observation de chaque jour, plus forte que toutes les théories. Elle démontre que, si le tabac produit l'ivresse et le trouble de la faculté visuelle chez ceux qui n'en ont pas l'habitude, il ne donne lieu à aucun inconvénient, sous le dernier rapport, chez les gens qui y sont accoutumés. J'ai vécu avec de vieux marins qui avaient chiqué et fumé depuis leur enfance, et qui voyaient fort bien. En Allemagne, en Turquie, où l'on fume beaucoup, les amaurotiques sont-ils plus communs que dans les pays où l'on fume moins? •l'ajouterai néanmoins qu'un médecin m'a assuré qu'à une épocpie où il faisait jrus du labac à priser, ses yeux étaient injectés et sa vue avait éprouvé une détérioration telle qu'il ..'était plus en état délire; des scotomes, comme des paquets de cheveux, lu. apparaissaient de temps à autre. Dès que le labac fut summ

rime.

•jç)^ LIVRE H. — MALADIES DU GLOBE OCULAIRE,

les accidents s'évanouirent. Si l'on rapproche le fait qui vient d'être cité d'une observation précédemment produite (p. G89), l'on arriverai cette conclusion, que les idiosyncrasies sont inexplicables, tel individu supportant sans réaction une substance énergique qui incommode beaucoup un autre.

Vapeurs du charbon. — L'amblyopic m'a rarement paru devoir être rapportée à la vapeur du charbon, cause d'amaurose admise par Beer. J'en ai publié un exemple 1.

Seigle ergoté.— Placé par Giacomini dans la catégorie des hyposthénisants vas-s eulaires artériels, le seigle ergoté a souvent engendré l'amaurose, incomplète ou complète, dans les épidémies d'ergotisme qu'on a observées dans la Sologne, l 'Artois, la Picardie, l'Angoumois, etc. ; celles qui sévirent dans le moyen âge, du xe au xv* siècle notamment, et qui sont connues sous les dénominations de feu séh cré, de mal des ardents, de feu Saint- Antoine, etc., sont attribuées par des auteurs à l'ergotisme, qui se produit, comme on sait, quand la farine de seigle, mêlée à une quantité plus ou moins considérable d'ergot, est affectée à l'aliment J talion. La fréquence de l'héméralopie, qui a régné, au commencement de ce siècle, dans la maison des orphelins et dans celle de travail, à Berlin, a paru à l'oculiste Flemming devoir être rapportée au seigle ergoté contenu dans le pau|J destiné à ces établissements.

Je n'ai jamais observé d'exemple de trouble quelconque delà vision engendre par cet agent administré à titre de remède. Le fait suivant m'a été communiqué par M. Otto Rœhrig.

Observation LXXI. — Lors de son cinquième et dernier accouchement, madame Brown âgée de trente-six ans, prit du seigle ergoté, d'après le conseil d'une sagefemme. L'accouchement eut lieu bientôt, mais la vue ne tarda pas à devenir confuse, puis s'éteignit tout a fait; quelques heures après, elle commença à se rétablir, et elle reprit peu à peu son énergie primitive. Chose remarquable, le même phénomène s'était manifesté chez cette dame, en Angleterre , lors de ses trois premières couches Lue connaissait si bien l'effet que le seigle ergoté produisait sur l'étal de sa vue qu elle en prévint le médecin à son quatrième accouchement. Or l'ergot de seigle ne fut pas alors administré, et la vue ne subit aucun désordre.

Noix vomique.- «La noixvomique à hautes doses, dit Lœbenstcin-Level, occasionne des vertiges, la céphalalgie, et souvent nous avons observe une amaurose passagère s'établir sous son influence. » Un homme cite par Larron du Villards, ayant tenté de s'empoisonner avec cette substance, fut atteint d une paralysie complète des extrémités inférieures et d'une amaurose au globe droit Depuis dix années, ajoute-t-il, ces organes n'ont pomt recouvre leurs

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ont éprouvé des phénomènes amblyopiqucs, ce qui toutefois est rare. L ophlb* moscope aura à rechercher s'il n'y aurait pas, dans les cas de ce genre, suffus.oo séreuse au fond de. l'organe (p. 053).

' Voir mon Traité de Vamawose, p. 27 1).

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