‹ Traité théorique et pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 345 sur 501 · CHAPITRE IX . — MALADIES DE LA CHOROÏDE ET DE LA RETINE · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX . — MALADIES DE LA CHOROÏDE ET DE LA RETINE

que le docteur Despont (de Mauvezin) observa dans la localité où il exerce, ce praticien dit avoir obtenu de nombreux et prompts succès avec l'huile de foie de morue brune, qu'on administre à l'intérieur à la dose de deux cuillerées à bouche par jour, ou même d'une seule cuillerée le matin à jeun \ On évite une récidive, d'après l'auteur, en faisant continuer l'usage du remède pendant cinq ou six jours après la cessation de la maladie. Deux sujets, qui en avaient cessé l'emploi dès le troisième jour, ont éprouvé une rechute qui a cédé à la première cuillerée d'huile.

Traitement par les cabinets ténébreux. — Cet ingénieux procédé du docteur Setter, médecin-major à l'hôpital militaire de Strasbourg, est fondé sur ce fait d'observation qu'un sujet enfermé dans une localité obscure arrive, au bout d'un certain temps, à un état de vision extraordinaire, car il n'y a guère de lieu absolument privé de lumière. Les héméralopes, comme les autres hommes , obéissent à cette loi; il leur faut seulement un laps de temps plus long pour récupérer l'exercice de la fonction émoussée. Cela posé, la cécité nocturne étant l'inaptitude à voir dans l'obscurité, quelle que soit d'ailleurs l'heure de la journée, il ne saurait plus y avoir d'héméralopie , si la vision redevient possible quand le sujet est soumis à cette influence.

M. Netter et quelques médecins sous-aides et infirmiers s'étant enfermés dans un cabinet où l'obscurité était profonde, les résultats suivants furent constatés. Dans le premier quart d'heure, vision nulle; cécité véritable; personne ne peut apercevoir ses propres mains. Au second quart d'heure, les murs apparaissent vaguement et semblent graduellement blanchir; toute sorte d'objets, lit, chaises, etc., se dessinent ensuite confusément, puis mieux; l'on distingue finalement tous les corps les uns d'avec les autres, et l'on reconnaît très-bien chacun d'eux. Dans les troisième et quatrième quarts d'heure, la vue gagne, avec une rapidité extraordinaire, et l'on arrive à compter l'heure à une montre. Il a été généralement remarqué qu'on activait les progrès des perceptions visuelles en changeant de place dans le cabinet et en regardant de côté et d'autre. Celte expérience, tentée une première fois, plaît et amuse; répétée plusieurs fois le même jour, elle cause de l'ennui et du malaise. Quelques-uns éprouvent une sensation pénible à la tête, des nausées, des vomissements même.

A l'hôpital de Strasbourg, où un très-grand nombre d'expériences concluante ont été faites, M. Netter condamne les soldats héméralopes à séjourner dans un cabinet noir. Ils y restent d'une à trois ou quatre heures, rarement au delà de vingt-quatre heures, c'est-à-dire jusqu'à ce qu'ils puissent distinguer les objets qui les environnent. Dès que Ce résultat a été obtenu, le malade est considéré comme guéri, et l'on constate, en effet, que, la nuit venue, la cécité ne se reproduit plus.

1 Union médicale, année 1858, p. 425.

743! livre n. — maladies du globe oculaire.

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