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CHAPITRE X.— MALADIES DES NERÏS DE l'(KIL. ' t

pas atteints, l'intégrité subsiste dans le jeu des organes auxquels les filets sains se distribuent. J'ai rencontré de ces lésions sansblépharoplose ou sans mydrmse; on n'avait affaire, dans d'autres circonstances, qu'à la blépharoplégie ou au sliabisme. Quelques mots sur ces particularités.

La chute de la paupière supérieure par la paralysie de son élévateur, et sans participation des muscles voisins à cette dernière, est assez rare pour que des médecins ne l'aient jamais constatée. Admise par Demours, elle a été observée par Auguste Bérard, par plusieurs oculistes, et par moi-même, avec les caractères les plus évidents.

M. Mackenzie l'a vue surgir des deux côtés, chez un homme qui avait marché toute une journée la tête couverte d'un chapeau mouillé, l'ayant laissé tomber dans une rivière.

Deux cas de blépharoplégie, sans autres accidents paralytiques concomitants, ont été publiés par nous au tome XXIII des Annales d'ocuMslîque. Dans le premier, il est question d'un professeur sujet aux rhumatismes, et souffrant encore de douleurs à la jambe gauche, quand il éprouva l'influence d'un vent humide et froid; le lendemain matin, l'élévateur de la paupière supérieure droite n'obéissait plus à la volonté, par suite de sa paralysie. Madame Rousseau, sujet de la seconde observation, attribua la blépharoplégie dont elle était affligée à gauche à un coup de parapluie reçu au-dessus du sourcil, du même côté.

Le ptosis paralytique se distingue, d'ailleurs, du simple prolapsus que détermine le relâchement de la paroi palpébrale externe, par la difficulté ou l'impossibilité, de la part du sujet, d'ouvrir l'œil, quand un repli de la peau a été transversalement soulevé avec les doigts ou avec des pinces, le voile se relevant, au contraire, sous l'empire de la volonté, par l'intervention de cet expédient, lorsque sa chute n'est liée qu'à l'allongement et à l'exubérance de son enveloppe tégumentaire. Celle-ci est, d'ordinaire, polie et sans rides, dans le premier cas; elle est flasque et horizontalement plissée dans le second.

Le sourcil du côté affecté n'est pas en harmonie, chez quelques malades, avec. . celui du côté opposé; il est entraîné plus ou moins en haut, de telle sorte qu'au lieu de se trouver au niveau à peu près de l'arc supérieur de l'orbite, il dépasse la hauteur ordinaire de ce dernier d'un centimètre parfois, ou d'un centimètre et demi. Il faut attribuer ce changement de position du sourcil aux efforts énergiques qu'effectue l'occipito-frontal, pour rempli ries fonctions du muscle élévateur dénué de contraclilité. Ce sont ces efforts instinctifs qui ont conduit le docteur Cbapponnier à imaginer, dès 1817, un petit appareil 1 qui, s'adaptant à la paupière supérieure, dont il rapproche le bord libre du bord adhérent, vient suppléer au rclcvcur par l'occipito-fronlal, les contractions de celui-ci se transmettant au voile paralysé, et le portant en haut sans qu'on soit obligé d'y employer la main. On pourrait affecter au même usage la pince élastique du Dr. Sichel (pl. IV, fig. \), entre les branches de laquelle on engage un repli suffisant de la peau palpébrale. Cet instrument, très-léger et d'un petit volume, a la forme d'une pince courbe; il fonctionne à l'instar d'une

i Bibliothèque médicale, t. LX, p. 134.

7î>() I.1VHK II. — MALADIES DU GLOBE OCULAIRE.

Sgrré-fine; il est en acier; ou peut encore le fabriquer en argent. M. Mackenzie accorde la préférence à l'appareil du docteur Mackness, dans lequel une pièce d'ivoire, en segment de cercle, est ajustée à l'une des extrémités d'un ressort de montre longde25 centimètres environ. Le ressort repose sous les cheveux, du front à l'occiput, et le morceau d'ivoire, qui s'applique sur la paupière, pour la maintenir relevée, est tellement étroit qu'il se trouve à peu près caché dans les plis palpéhraux. Comme les paupières, ajoute l'auteur, ont besoin de se fermer de temps à autre, dans le but d'abslerger l'œil, le malade acquiert facilement l'habilude de lever son appareil pour le replacer ensuite. On fournil, d'ailleurs, au ressort la coloration des téguments, ce qui en dissimule très-avantageusement l'aspect.

Dans d'autres circonstances, le défaut d'innervation ne frappe que les filets de la troisième paire, qui se rendent au droit interne, d'où le strabisme divergent paralytique, beaucoup plus commun que la plupart des praticiens ne le pensent. Diffenbach fait observer que le peu de fréquence du strabisme convergent, après que le droit externe a été taillé, démontre que la diver'genec de l'organe provient rarement d'une contraction contre nature du muscle abducteur, qu'elle dérive presque constamment d'un état paralytique, à des degrés variables, du droit interne. Ce chirurgien allègue, comme confirmation de la même proposition, qu'il est rare qu'aussitôt après la section du droit externe, dans le strabisme divergent, l'œil regagne parfaitement le grand angle, tandis qu'à la suite de la division du droit interne, dans le strabisme convergent, non-seulement le globe récupère d'ordinaire, à l'instant même, sa rectitude normale, mais souvent encore se laisse entraîner trop fortement vers la tempe. Ajoutons que ces particularités ne tiennent, dans l'opinion du docteur Bonnet (de Lyon), qu'à ce que les deux obliques concourent, avec le droit externe, à porter la cornée en dehors. Le rameau de l'oculo-moteur, destiné à imprimer la conlractilité au droit inférieur, est-il isolément paralysé, l'œil ne peut rouler en bas, d'où la diplopie, quand le sujet regarde dans ce sens, la cornée du globe compromis restant alors placée un peu plus haut que celle du congénère. A la limitation des mouvements du bulhe en haut, à la double vue et à une position plus basse de la cornée, quand le malade porte le regard en haut, il faudra ajouter la blé.pharoplégie, si la paralysie a envahi toute la branche supérieure de la troisième paire, c'est-à-dire l'ensemble des rameaux destinés à l'élévateur du globe et à celui de la paupière supérieure.

étiologie. — Les causes les plus communes de la paralysie qui nous occupe ont été signalées dans l'article qui précède.

Rouf (de Boulogne), l'un de mes malades, attribua la paralysie de la troisième paire droite, dont il était atteint, à une chute sur les pieds, d'un endroit élevé, accident arrivé quelques jours avant l'invasion de la maladie. Chez un marin, observé par le docteur Curling, une double paralysie de l'oculo-moteur s était progressivement développée à la suite d'un accès d'épilepsie. Canon du > illards a rencontré cette paralysie sur plusieurs sujets, dans une épidémie de typhus qui sévit en Italie en 1817 et 1818. Un malade, qui en était attaqué du côté droit, offrit au docteur Malherbe (de Nantes) un abcès enkysté dans le lobe moyen de

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l'hémisphère droit du cerveau. Il y avait un anévrysme de l'artère communicante cérébrale postérieure gauche, dans un fait publié par Ch. J. Hare, une apoplexie du pédoncule cérébral,. dans un antre du docteur Sliebel. Bignan, sujet à une transpiration habituelle des pieds, fut atteint de paralysie de la troisième paire droite, après avoir marché sur des carreaux, les pieds nus. « Madame ***, dit Guérin (de Lyon), s'était imprudemment servie d'une pommade, pour dessécher une dartre; la pommade n'eut que trop l'effet qu'elle en attendait : la dartre disparut. A cette époque, madame*** fut attaquée d'un strabisme; rien ne fut plus effrayant 'pour elle; les objets lui paraissaient doubles, et l'un de ses yeux était tourné d'un côté, l'autre de l'autre. Un simple emplâtre vésicant, appliqué sur le lieu qu'occupait la dartre, y rappela l'humeur que je prévoyais s'être portée sur l'un des muscles des yeux, et le strabisme disparut. »

Le fait suivant tend à confirmer une donnée d'observation signalée par Lisfranc et que nous avons mentionnée page 622.

Observation LXXV. — Le 5 mars 1835, j'ai été consulté par MUe Brunet, atteinte depuis deux mois d'une paralysie complète de la troisième paire droite. Des maux de tête violents en avaient précédé l'invasion. J'eus vainement recours aux anticongestil's de toute sorte, quand survint tout à coup une névralgie intermittente de la cinquième paire du même côté. Les crises étaient quotidiennes et duraient deux ou trois heures. Les pilules de sulfate de quinine, d'extrait d'opium et d'extrait de valériane en triomphèrent au bout de trois jours. L'amendement des phénomènes paralytiques ne tarda pas dès lors à se faire sentir, et quelques semaines après laguérison était complète.

Une fleuriste dont m'a parlé le docteur Nérat fut prise d'une paralysie de l'oculo-moteur, après avoir longtemps manié et tamisé du blanc de céruse. Chez une coloriste, traitée par Requin d'un strabisme divergent et d'autres accidents paralytiques graves, ces désordres furent attribués à la mauvaise habitude de beaucoup de personnes de cette profession de mettre les pinceaux dans la bouche. Ainsi se trouve, chaque jour, avalée une certaine quantité de blanc de céruse, à laquelle, toute minime qu'elle est, l'économie ne peut s'habituer. Les drastiques et les bains sulfureux réussirent à triompher de l'intoxication chez oette malade.

Les exemples de paralysie de la troisième paire, par suite d'influences rhumatismales et vénériennes, figurent en quantité très-considérable dans nos observations. Affligée d'une paralysie complète de l'oculo-moteur droit, madame L..., chez laquelle je constatai des antécédents syphilitiques, n'avait point encore épuisé 20 centigrammes de sublimé que la paupière supérieure était relevée et que l'onl avait récupéré la liberté de ses mouvements. Ici, comme dans les amauroses de ce genre, rien n'est fréquenteomme les rechutes, et deux ans après avoir guer, cette femme de sa paralysie de l'oeulo-moleur, je l'entrepris pour une hémiplégie faciale qui céda de même aux antivénériens

Notons un fait cité par le docteur Canstatl , fait unique dans les fastes de la ctence : celui d'un jeune homme qui , s'étant confiné dans un cabinet ou épuut une femme en tè.e à tête avec son amoureux, fut contraint de lue

très- fortement en dehors, de l'œil droit, pendant longtemps. Cette excentricité eut pour conséquence l'impossibilité de diriger le globe droit en dedans, la diplopie et la mydriase.

traitement. — Nous avons signalé les principales ressources à mettre en œuvre contre la paralysie de la troisième paire en général (p. 745) et contre la mydriase (p. 396). Certaines données, plus particulièrement applicables à la blépharoplégie et au strabisme divergent paralytique, demandent encore quelques développements.

blépharoplégie. — Les frictions sur le voile affecté et sur les régions qui entourent l'orbite, avec des linimenls camphrés, l'élher, l'huile essentielle de térébenthine, une solution alcoolique de strychnine, ont rendu quelques service dans cette occurrence. Le docteur Saint-Marlin (de Niort) a employé contre une blépharoplégie rhumatismale le dernier alcaloïde introduit par inoculation, suivant le procédé de M. Lafargue (de Saint-Émilion). Ayant réduit 2 centigrammes de sulfate de strychnine en une pâte molle, avec une très-petite quantité d'eau, il effectua, à l'aide de la lancette, dont l'extrémité était chaque fois trempée dans la solution, douze inoculations sur le voile affecté. L'opération fut réitérée six jours de suite. Dès le quatrième jour, la paupière avait acquis un peu de mobilité, et à la fin du traitement le malade la relevait avec presque autant de facilité que celle du côté sain.

Boyer prescrivait les fumigations avec le gaz acide sulfureux. Il avait été amené à cette médication par le hasard. Je l'ai entendu relater à sa clinique l'histoire d'un malade qu'il avait infructueusement traité, et qui, après avoir quitté l'hôpital, cherchant un soir son flambeau dans l'obscurité, mit à sa bouche en guise de cigare, une allumette incandescente. La paupière se releva bientôt après. La vapeur sulfureuse, à laquelle Boyer attribua ce résultat, et dont il conseilla la continuation, acheva la cure.

Un liniment composé d'un gramme d'huile de croton et de 16 grammes d'huile d'olives a été conseillé par le docteur Campanella. Jùngken recommande de faire un mélange exact de parties égales d'emplâtre diachylon simple et de tartre stibié, puis d'en couler une couche épaisse sur un morceau de toile ou de peau fine ; on coupe de ce sparadrap une pièce large de 3 centimètres environ et longue de 7 centimètres, et on la colle horizontalement sur la région qui con-espond à l'arc supérieur de l'orbite, les sourcils ayant été préalablement rasés avec soin. Cet auteur insiste sur la nécessité de maintenir le remède en place jusqu'à ce que la peau soit profondément attaquée, précaution sans laquelle, dit-il, il ne serait d'aucune utilité; on panse ensuite avec du cérat simple. Jùngken , qui accorde une grande confiance à ce moyen dans le ptosis paralytique seulement, car dans celui par allongement des téguments, c'est à l excision de ces derniers qu'il donne la préférence, affirme qu'une simple application a parfois complètement triomphe du prolapsus, même dans les cas les plus uM térés. Les sourcils croissent de nouveau après laguérison de la plaie.

J'ai souvent employé contre la blépharoplégie la pommade ammoniacale que je place non-seulement sur la région du sourcil qui correspond au voile parai j se, mais encore sur la paupière elle-même. L'appli.-ftjfli doit être réitérée plusieurs

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