CHAPITRE X. — MALADIES DES NERFS DE r/(ElL
mobile, c'est-à-dire ne suit pas les mouvements de circumrotation de son congénère.
3° Caractérisée par la superposition des deux images, la diplopie s'évanouit si l'on penche la tête du côté opposé à celui de la maladie. (Longet. Szokalski.)
etiologie. traitement. — Les causes et le traitement de la paralysie du trocbJéateur sont les mêmes que ceux des autres nerfs de l'œil. Un mal de ce genre, de nature vénérienne , céda, dans la pratique de M. de Graefe, à GO grammes d'iodure de potassium, qui furent administrés dans l'espace de deux mois.
Article 4. — Paralysie de la sixième paire.
caractères Xnatomiques et physiologiqi/es. — Le strabisme convergent, la diplopie et l'impossibilité ou la difficulté de porter l'œil dans l'abduction constituent les caractères pathognomoniques de la paralysie de la sixième paire, beaucoup moins commune que celle de la troisième. J'ai vu des exemples de ce genre, dans lesquels la cornée conservait la faculté de se placer au centre de l'écartement inter-palpébral, et de se porter même beaucoup plus loin, vers le petit angle, la paralysie du droit externe étant faible, et ce muscle étant peutêtre secondé dans ses efforts par les deux obliques, si l'on admet, sur le mode d'action de ces muscles, la théorie de Bonnet (p. 29). Peut-être aussi, et comme on l'a supposé, les digitations externes du droit supérieur et du droit inférieur, s'implantaut en dehors d'une ligne qui partagerait le globe en deux moitiés latérales, contribuaient parfois à en empêcher la face antérieure de rouler tout à fait vers la caroncule. Quoi qu'il en soit, la diplopie n'existait, dans ces cas, que quand les deux yeux étaient simultanément dirigés du côté du muscle frappé d'inertie, l'organe sain gagnant le grand angle, tandis que son congénère ne pouvait cheminer vers la commissure externe. Nous avons expliqué déjà (p. 392) la condition anatomique de la mydriase, qui peut exceptionnellement s'associer à la paralysie qui nous occupe.
etiologie. — Madame Lar, employée à la Régie des tabacs, fut atteinte de paralysie de la sixième paire droite, huit jours après une chute sur la queue du sourcil du même côté. Un militaire en fut soudainement attaqué, après avoir longtemps regardé à travers une lorgnette de spectacle. Une congestion, liée à un retard menstruel , lui donna lieu chez l'une de mes malades, dette circonstance pathogénique, ainsi que la suppression d'un flux hémorrhoïdal habituel, avait été notée déjà par Plenk et par Kortum.
Observation LXXVIII.— Chez M. T , paysagiste distingué, qui me fut adressé, en
mars 1849, par les docteurs Delarroque et Déramond, une paralysie de la sixième paire gauche avait une origine rhumatismale. Cet artiste habitait depuis quatre années, aux mansardes, un logement glacial dont il avait essuyé les plâtres; son lit était adossé à un mur humide et froid; il avait maintes fois éprouvé des douleurs aux membres inférieurs; avant l'invasion de la paralysie du droit externe, la région massélérine du côté droit avait offert une roideur douloureuse qui dura huit jours et faisait souffrir le malade "lans l'acte de la mastication.
Wgg LIVRE U, MALADIES DU GLOBE OCULA1UE.
M. Badin d'Hurtebise, auteur d'une dissertation assez complète sur la paralysie de la sixième paire, annonce que, "bien qu'il n'en possède pas d'observations, il croit devoir admettre que l'action d'un courant d'air, l'impression de l'air froid, qu'on a si souvent vus engendrer des paralysies de la septième paire, pourraient également donner lieu à l'affection qui fait l'objet de son travail. Le siège profond de la sixième paire, continue-t-il, et le peu d'étendue des parlies auxquelles elle se distribue, la rendent plus réfractaire que d'autres à l'inllnence de ce dernier ordre de causes.
Nous sommes en mesure d'ajouter la sanction des faits à l'opinion de l'auteur da cette dissertation.
Observation LXXÏX. — Leguay, qui nous consulta , le 8 novembre 1847, pour une paralysie de la sixième paire gauche datant de quelques jours, avait reçu sur la face l'air provenant d'un carreau cassé.
Observation LXXX.— Madame Masson, limonadière, était sujette à des douleurs i rhumatismales, mais sa vue avait toujours été bonne. Vers le milieu de juin 1849. le jour d'un grand orage, se trouvant en transpiration continuelle, par suite de la chaleur et d'un surcroît de travail , elle lut contrainte de descendre très souvent de sabouhque dans une cave humide. De la céphalalgie et du frisson survinrent le soir, et le lendemain elle voyait double Nous constatâmes une paralysie de la sixième paire gauche.
J'ai vu plusieurs malades chez lesquels cette même paralysie avait pour origine évidente une affection vénérienne. L'un d'entre eux, qui en était atteint, après avoir été soigné d'un chancre induré par le docteur Ricord, offrait encore r une adénopathic de la région cervicale postérieure, des plaques muqueuses a la face interne des lèvres et une syphilide papuleuse. U obtint un prompt rétablissement par la liqueur de Van-Swieten, suivie de l'emploi de l'.odure de po-
tassium. .
Traitement.— Il est subordonné aux principes formulés page /4o. La cauic risation conjonctivale vers l'angle externe (pages 746 et 753) peut recevoir ici une application utile.
Observation LXXXI. - Pendant le cours de 1 850, je traitai , à mes consultations publiques, Ary , teinturier, demeurant à Pu.eaux, et affecté d'une paralysie de la troisième parglche. Il guérit par les émissions sanguines etles autres éléments de la nied.ea-
îep^Lveao; le 1 9 août 185,, avec une paralysie de la sixième paire du même côté, datant de quatre semaines. Elle offrait le type congest.f Le m. la ^ i saisné et pur-é. Je conseillai les dérivatifs intest.naux et cutanés, les aff us ons refng "te leshydrargyriques, etc., et, comme tout travail congestif apprécie sen, . i:!!!, disparJle £J» je f"** * ^ m I» *»• pén-orbitaire avecuo mélange d'alcool de mélisse et de strychnine. - ^ s.ranisme
S que les conditions morbides fussent moins graves le 2 septembr le * s* convergent se maintenait. Je cautérisa, sur le trajet du muscle droit externe gauoj* C ite seule cauléris ilion guérit le malade. ,„ralvàe
Arv revint encore le 1 3 octobre 1 853, atteint cette fois depuis peu d une « incomplète de la sixième paire droite, dont l'invasion avait été précédée pendant q«W«
CHAPITRE \. — MALA1HKS DES NERFS DE 1,'tKIL. 759 on cinq jours d'une céphalalgie inlense. J'ordonnai les anliphlogistiques, le caloinel, etc., traitement qui n'eut aucun succès, car la paralysie était complète le 25 octobre. J'attribuai cette circonstance à ce que le malade s'était soigné avec négligence et avait continué ses travaux.
Les drastiques, les mercivriaux, les sangsues au fondement, les ventouses sur la réi>um vertébrale, les a (l'usions réfrigérantes, les bains de pieds et de jambes avec la moutarde et le savon noir, etc., furent conseillés infructueusement jusqu'au 3 novembre. Je passai alors à la cautérisation, qui fut réitérée le 19 du même mois et le 3 décembre L'œil, à celte époque, commençait à rouler assez largement vers la tempe droite.
Le 3 janvier 1851 , le strabisme avait disparu complètement; il n'y avait plus trace de diplopie, quelle que fût la direction des yeux.
Observation LXXX1I.— Le 1 o mars 1 853, mademoiselle Anna Mancy annonça qu'elle était atteinte depuis 1840 de rhumatismes qui avaient, dit-elle^ parcouru tout le corps. Elle souffrait surtout aux changements de temps.
La malade offrait un strabisme convergent à l'œil droit et de la diplopie. La déviation, dont l'origine remontait à six semaines, s'était établie peu à peu. La malade avait été saignée et purgée deux fois. Je diagnostiquai une paralysie rhumatismale de la sixième paire droite.
Le traitement, jusqu'aux premiers jours de mai, se composa des éléments suivants : tisane de bourrache, avec la teinture de semences de colchique; bains sulfureux; frictions au voisinage de l'orbite avec des mélanges stimulants; vaporisations ammoniacales et éthérées vers l'œil; infusion chaude de fleurs d'arnica , avec addition, au moment d'en faire usage , de sous-carbonate de soude et de chlorhydrate d'ammoniaque, pour fumigations vers le globe, etc. Tous ces moyens avaient été employés sans succès.
Le 7 mai, cautérisation avec la pierre infernale sur le trajet du muscle droit externe. Le 9 du même mois, la malade m'apprit que, dès le soir même du jour de la cautérisation, la cornée gagnait l'angle temporal des paupières. La guérison ne larda pas à avoir lieu d'une manière aussi complète que possible, et elle a persisté depuis lors.
Observation LXXXI1I. — Dans la nuit du 8 au 9 mars 1853, M. le baron T
diplomate hollandais, en congé à celte époque à La Haye, sortit d'un bal et se rendit à pied à sa demeure. Le temps était humide et froid. Le lendemain matin, M. T.... était atteint d'un strabisme convergent gauche et voyait double. Les émissions sanguines, les pediluves irritants, les purgatifs, etc., s' étant montrés sans effet jusqu'au commencement d'avril, le malade, alarmé de sa position, quilta la Hollande et vint à Paris demander mes conseils. Il me consulta pour la première fois le 12 avril 1853.
Les rhumatismes dont M. T.... est affligé depuis longues années, l'influence qui donna lieu à la lésion oculaire dont il était atteint, la résistance de celle même lésion aux anliphlogistiques, l'absence de signes de congestion cérébro-oculaire me portèrent à diagnostiquer une paralysie de la sixième paire gauche, de nature rhumatique. J'eus recours à quelques-uns des expédients relatés dans l'observation précédente ; aux douches de vapeurs, aromatiques d'abord, puis sulfureuses, à la pommade ammoniacale aux venions s sèohes, à l'électricité, etc. Tous ces moyens amoindrirent la difformilé mais furent impuissants à la guérir.
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Le 21 mai 1853 j'effectuai la cautérisation conjonclivale sur la région du muscle ■o,l externe gauche. Cette même opération fut réitérée le 8 juin, et trois fois encore des époques ultérieures. M. T...., qui a quitté Paris pour se rendre à uV^aS
-„q UVHK II. — MALADIES UC GLOBE OCULAIRE.
„ t ti,ermal , à cause des rhumatismes qui le tourmentaient, est aujourd'hui exempt de strabisme, et l'œil gagne largement l'angle externe.
C'est aux strabismes paralytiques, sans lésion cérébrale évidente, qu'est plus particulièrement applicable la cautérisation de % conjonctive scléroticale. Telle me parut être l'essence de la fonne pathologique que nous offrent les deux observations qui précèdent. Quant à d'autres faits de strabisme paralytique, dans lesquels la cautérisation a réussi, bien qu'il ait eu pour point de départ probabll une congestion vers le cerveau, resla-t-il dans l'encéphale, après la d.spantioa de la polyémic, quelque obstacle séreux ou plastique, d'où la persistance de l'inaction musculaire, et est-il permis de supposer que sa résolution s'est établie sous l'empire de l'excitation à lui transmise par les cordons nerveux ébranles? \dmettra-t-on qu'un tel produit ou quelque turgescence vascula.re n'ayant plus lieu les nerfs ne continuaient à être atteints de paralysie qu'à cause de 1 inaction où ils avaient été quelque temps plongés ? A ces questions il faut répondre, avec Sydenham, que ce n'est pas par la connaissance des causes qu on triomphe • de certaines affections, mais par la connaissance d'une méthode thérapeutique convenable. Or celle qu'a sanctionnée ici l'expérience consiste, en gênerai, dans les émissions sanguines, les révulsifs et les antiplastiques, en présence d un travail congestionnel évident; dans les excitants, les antiparal y tiques quand ce travail n Existe pas ou a paru s'éteindre. La cautérisation conjoncttvale mente, dans cette dernière catégorie, une large part.
La pratique du docteur Hille (de Dresde) vient confirmer 1 excellence de cette méthode ' . Deux de ses malades atteints d'une paralysie delà sixième paire lui durent une guérison complète.
Article 5.-Paralysie de la portion dure de la septième paire (nerf facial).
Caractères anatomkoues et PHYSiotoaiQUES.-Les travaux de Charles Bell et des nhvsiolo-istes modernes ont démontré sans réplique que la portion dure de la septième paire était l'élément meitateur des mouvements de la face. S. son eta pa- Xtique mérite de figurer dansle domaine del'oculisbque, c'est que un des» pr n ipaux symptômes a pour siège les voiles palpébraux. Lue perte d equ, hbie Ste en effetfde la paralysie de l'orbiculaire des paupières et de la persistan* de racUvité de l'élévateur du voile supérieur; les paupières ne se rapprochent nhis l'une de l'autre: l'œil reste largement ouvert. Soumise, des lors, a 1 1% £ce Quelle des agents extérieurs, la conjonctive peut s^nflannner ; on. même vu la cornée devenir le siège de désordres graves, -Inen qu un and nombre de malades échappent aux,acc.dents qui viennent d être s na et ojf servent, durant une longue série d'années, l'organe visue dans so , k gnU > peu près normale. Un larmoiement fort incommode les "^^ïfS far suite de l'abaissement plus ou moins marqué de la paupière Introversion de son point lacrymal et du trouble survenu dans la progressif régulière des larmes.
i Annales d'oculislique, l. XXV, p. 100.
CIIAPITKE X. — MALADIES DES NEUFS DE l'œU.. "7 fil
Les mouvements d'élévation et de froncement du sourcil, ceux de clignement, qu. rapprochent et éloignent alternativement les paupières l'une de l'autre, sont abolis dans la paralysie du nerf facial. Si, dans le sommeil, la pupille est cou- Evte par la paupière supérieure, c'est qu'alors le globe est dirigé en haut, mais la paupière inférieure continue à demeurer déprimée et pendanie. Quanta la. discordance des deux moiliés de la face, à l'obliquité delà bouche, à la dépression de la commissure des lèvres du coté malade, aux autres symptômes, en un mot, de la paralysie qui nous occupe, ils sont assez connus pour que nous nous dispensions de les décrire. Le sentiment est intégralement conservé dans la partie affectée ; l'impression des corps excitants, du froid, du chaud, etc., est sentie normalement, comme sur la moitié saine de la face.
On admet généralement que la rétraction de la luette, du côté non paralysé, indique la participation du voile du palais à la paralysie. On invoque, à cet égard, les rapports que le filet supérieur ou crânien du nerf vidien (grand nerf pétreux superficiel d'Arnold) établit entre le nerf facial et le ganglion de «teckel ou sphéno-palatin, lequel donne des filets aux muscles pciistaphylin interne et palato-slapbylin, élévateurs du voile du palais. Les partisans de cette théorie sont d'avis que, dans le cas de déviation de la luette, la cause matérielle de l'altération du facial se trouve dans l'aqueduc de Fallope, et avant l'endroit où ce nerf fournit des filets qui contribuent à animer les muscles de la luette, tandis que l'absence de distorsion de cette dernière indiquerait que le siège du mal existe en dehors du conduit osseux. La question dont il s'agit est loin encore d'être résolue '. Dans l'opinion du docteur Debrou, ladéviation de la luette, fait assez commun chez les personnes saines, n'est très-probablement qu'une coïncidence dans l'hémiplégie faciale. 11 semble même résulter d'expériences tentées sur les chiens par cet observateur que la septième paire reste étrangère aux mouvements du voile du palais, qui seraient, au contraire, sous l'influence du nerf glosso-pharyngien. 1
étiologie. — Quelques sujets ont été attaqués d'hémiplégie faciale à la suite d'une émotion vive, d'un transport de colère, d'un étourdissement accompagné ou non de perle de connaissance ou d'une chute. C'est plus particulièrement chez les vieillards que celte paralysie dénotera, avec quelques probabilités, une hémorrhagie du cerveau. Un ramollissement de ce viscère peut lui donner lieu, bien qu'il soit prouvé que l'hémiplégie centrale, limitée à la face, est infiniment plus rare qu'on ne le pensait autrefois. L'expérimentation clinique m'a démontré que souvent l'orbiculaire des paupières n'était pas paralysé dans l'hémiplégie de cause cérébrale; il résulte même des observations du docteur Dùchenne (de Boulogne) que toute hémiplégie faciale, dans laquelle l'orbiculaire des paupières est paralysé, ne doit point être rapportée à une lésion du cerveau, mais dépend uniquement d'un état pathologique du nerf facial. Celle supposition est infirmée par plusieurs de mes observations. Dans des faits publiés par M. Duplay %
i Consultez à cet égard le Mémoire du docteur Davaine sur la paralysie de la septième paire. (Gazelle médicale, année 1852.) * Union médicale, année 1854, p. 409V
il y avait également lagophthalmos paralytique, bien que l'autopsie eût révélé la présence d'altérations cérébrales.
Quelqiies-uns de mes malades, porteurs de cette paralysie, ont accusé uo degré plus ou moins élevé d'otorrhée. Un enfant de dix-sept mois, mort à l'hôpital Necker, avec une paralysie faciale gauche, qui existait depuis un mois montra à l'autopsie une carie du rocher, du côté gauche, les parties intérieures de l'os étant presque totalement détruites. Dans la pensée du docteur Deleau, la paralysie essentielle du nerf facial serait fort rare, et la cause prochaine de celte maladie résulterait le plus souvent d'un étranglement du tronc du nerf, dans son passage à travers l'aqueduc de Fallope. L'auteur en trdttVé la pteom dans la fréquence de l'hypercousie, symptôme qui appartient à l'otite interne ; de là l'indication de traiter activement ' cette otite. M. L. Ch. Roche professe également qu'à l'exception des cas où le nerf facial est comprimé, coupé ou détruit, après sa sortie du trou stylo-mastoïdien, la paralysie isolée des mouvements d'une joue a son point de départ dans une lésion anatomique de l'oreille interne, lésion dont elle n'est qu'un des symptômes et qui est presque toujours de nature phlegmasique. Si cette proposition, ainsi formulée, est vraie dans quelques cas, elle me parait par trop absolue, car j'ai donné des soins à un grand nombre de malades chez lesquels l'absence de douleurs d'oreille et la généralité des phénomènes symptomatiques indiquaient un manque de complication d'otite.
On me consulta en septembre 1856 pour Eugénie Valentin, âgée de neuf mois et demi, qui fut atteinte d'hémiplégie faciale gauche, deux jours après sa naissance, par suite du transport de l'enfant à la mairie de son arrondissement. Le temps était brumeux, et la femme, chargée du nouveau-né, dit à la mère que, dans la rue, elle en avait montré la figure découverte à un grand nombre de personnes. L'influence d'un courant d'air froid m'a paru la cause la plus commune de la paralysie dont il s'agit. Elle produirait probablement, suivant quelques auteurs, un gonflement inflammatoire de Tenveloppe du nerf, dans l'aqueduc de Fallope, d'où la compression de cet organe.
On a vu l'hémiplégie faciale avoir pour point de départ une tumeur, qui pressait le nerf entre l'apophyse mastoïde et la branche correspondante du maxillaire. Une dégénérescence cancéreuse de la glande parotide lui donna lieu dafirs une observation du docteur IL Bennett.
traitement. — La paralysie est-elle récente et non associée à la présence d'une tumeur ou à une complication syphilitique qui milite pour des indications spéciales, il y aura lieu de recourir à un traitement antiphlogistique (sangsues derrière l'oreille qui correspond à la partie malade; purgatifs, calomel à l'intérieur, cataplasmes sinapisés aux jambes). Atteinte, le 29 octobre 1853, d'une paralysie complète du nerf facial gauche, avec céphalalgie violente et bourdonnements d'oreilles, madame Delavaquerie; de l'hospice des Incurables, fut traitée par nous à l 'aide de ventouses scarifiées à la nuque, de sinapismes, d'affusions froides/de pilules d'aloès et de gomme-gutte. Le lagophthalmos avait à peu près cessé le 5 novembre, et la malade éprouvait une sorte de frémissement dans la joue gauche. Les mercuriaux et la continuation des anticongestifs triomphé-
rent de la paralysie, qui était dissipée à la fin de novembre. « Trois ou quatre l'ois, dit le docteur L. Ch. Roche1, j'ai vu disparaître très-rapidement la paralysie de la joue, à la suite d'une ou deux applications de sangsues sur l'apophyse mas- Ecnde. J'avais conseillé ces émissions sanguines bien pins pour combattre les douleurs d'oreilles, dont laparalysie était accompagnée, que dans l'intention et l'espérance de foire cesser cette paralysie elle-même; je m'y suis décidé surtout parce que j'en avais souvent éprouvé les prompts et bons effets sur moi-même. Le fait curieux, rapporté par M. Deleau, est venu me donner la clef de ces guérisons. Ce praticien distingué a fait disparaître quatre fois, chez la même malade, une paralysie des mouvements de la joue, au moyen de quelques ventouses scarifiées derrière l'oreille. 11 a vu là la preuve que cette paralysie dépendait, en ce cas, de la compression du nerf moteur. »
Les frictions sur la partie affectée avec des liniments contenant du camphre, de l'éther, de l'ammoniaque , les douches de vapeurs aromatiques, sulfureuses, etc., dirigées sur la face, pourront avoir de l'utilité à une époque ultérieure de la médication. L'application de la pommade de Gondret, celle de vésicatoires, qu'on pourra panser avec delà strychnine, seront surtout avantageuses si on les effectue dans le voisinage du trou stylo-mastoïdien, car, dans ce point, l'on a simultanément prise sur les parties crânienne, auriculaire et cervico-faciale du nerf. L'électricité a invoqué des succès. Carpentier, l'un de mes malades, guérit en quelques semaines, par l'usage du dernier moyen. Je constatai même, plusieurs mois après son rétablissement, que les paupières du côté jadis affecté étaient plus rapprochées que celles du côté sain, le sujet paraissant atteint d'un certain degré d'atrophie uni-oculaire.
Il sera prudent de soustraire l'œil, pendant la nuit, au contact de l'air, par le collement des voiles palpébraux à l'aide d'une ou deux bandelettes de taffetas d'Angleterre. Dans le lagophlhalmos très-prononcé et paraissant au-dessus des ressources de l'art, on a proposé de souder par la tarsoraphie une certaine partie du bord libre de la paupière inférieure à la partie correspondante du voile supérieur, vers l'angle externe, de produire; en un mot, une diminu- I ion de l'ouverture palpébrale béante, à la faveur d'un anchyloblépharon partiel. 2
Article 6. — Paralysie de la cinquième paire.
Cette paralysie peut être centrale.ou périphérique, totale ou partielle.
Caractères anatomiques et physiologiques. — Les phénomènes suivants signalent l'ancsthésie, quand elle est complète.
Si l'on piqué la peau du front, du côté affecté, on ne suscite aucune douleur, pourvu qu'on de dépasse pas la ligne médiane. Dans l'autre moitié du front, la sensibilité reste exquise. La peau des paupières, du nez, de la tempe, de la joue,
1 Union médicale, année 1858, p. 478.
* Voyez Eclropion (procédé de Joli n France).
des lèvres, du menton sont insensibles aux excitations les plus énergiques; certains sujets se sont coupés en tentant de se raser eux-mêmes. Si le malade se lave la ligure avec de l'eau froide, il éprouve la sensation du froid sur la joue saine, niais ne l'éprouve pas sur la joue paralysée.
La conjonctive ne sent ni le contact du doigt ni la piqûre d'une épingle. On peut, sans développer aucune sensation, promener sur elle les barbes d'une plume, y déposer des substances irritantes.
La pituitaire du côté affecté, ainsi que la muqueuse delà moitié compromise de la cavité buccale, sont frappées d'une insensibilité complète.
Les faces inférieure et supérieure de la moitié malade de la langue peuvent être piquées sans que le patient en ait la conscience, pourvu qu'on ne dépasse pas la ligne médiane.
À sa base, vers les papilles du V, là où se distribuent la branche linguale du glosso-pharyngien et quelques filets du pneumo-gastrique (nerf laryngé), la muqueuse de la moitié affectée de l'organe sent vivement dès qu'on la pique. La moitié lésée de la langue ne perçoit pas la saveur du sel, de l'aloès ou d'autres corps sapides; mais les saveurs sont perçues par la base de l'organe, vers les papilles du V. (Jacquart.)
étiologie. — La paralysie de la cinquième paire s'associe communément, quand elle est complète, à des affections généralement graves du cerveau. Quand elle est partielle et périphérique, elle reconnaît souvent pour cause une lésion traumatique, une contusion, par exemple, du nerf sous-orbitaire. Une influence rhumatismale a parfois encore été invoquée.
traitement. — Il se fonde sur les règles thérapeutiques qui président à la médication des paralysies en général. Une femme couchée dans le service du docteur Robert, à l'hôpital Beaujon, et qui était atteinte d'une paralysie complète de la cinquième paire droite, par suite d'un coup de pied reçu sur la partie correspondante de la tête, fut guérie, dans l'espace d'une vingtaine de joui s, par un traitement rigoureux, antiphlogistique et dérivatif. Chez un malade du professeur Andral, à l'hospice de la Charité, une paralysie complète de la cinquième paire droite, dont l'origine était probablement rhumatismale, céda à la galvano-puncture administrée par le docteur C. James, avec une pile à auges et des aiguilles en platine l. Le sujet distinguait à peine de l'œil droit la lumière des ténèbres. Après la quinzième séance, la vue avait recouvré ses conditions normales; à la suite de la trente-quatrième, la conjonctive, la pituitaire, etc., avaient récupéré leurs propriétés tactiles et la sensibilité se montrait aussi exquise du côté droit que du pôté gauche. Des frictions avec des substances excitantes ont encore été employées avec succès dans quelques cas de ce genre. C'est ainsi que, dans la pratique de M. Andral », un homme, qui avait perdu depuis longtemps la sensibilité de tout le côté gauche de la face, la recouvra avec rapidité par des onctions sur la peau avec l'huile de croton. Le sujet parvint
1 C. James, Observation de guérison d'une paralysie complète de la face, présentée à l'Académie de médecine le 20 octobre 4840.
» Bulletin de thérapeutique, t. I, p. 399, et t. Il, p. 39.
même, dit-on, à lire de l'œil gauche, tandis qu'il était auparavant inhabile distinguerles objets les plus grossiers.
Article 7. — Paralysies complexes. — Ophthalmoplégie.
Les documents précédemment exposés vendent facile la détermination des cas où plusieurs neffs sont simultanément frappés de désordres paralytiques. La i nexistence, par exemple, d'un ptosis et d'un strabisme convergent dénote une paralysie partielle de la troisième paire et une paralysie de la sixième. Une moitié de la face est-elle privée de sentiment et de mouvement, l'on a affaire à une paralvsie de la cinquième paire et de la portion dure de la septième. A la suite d'une chute sur la tète et d'un violent étourdissement qui en fut le résultat, Jaquemet, l'un de mes malades, m'offrit les symptômes suivants, localisés seulement du côté droit : blépharoplégie, strabisme divergent, dépression de la commissure buccale, perte de sensibilité de la moitié de la face, surdité. Qui ne reconnaît dans ces désordres une paralysie des troisième et cinquième paires eL une affection semblable des éléments moteur et acoustique de la septième paire? On a vu, dans quelques cas, un malade atteint d'une paralysie de la troisième paire, d'un côté, et de la portion dure de la septième, de l'autre, le sujet, dans cette circonstance, ne pouvant ouvrir un œil ni fermer l'autre.
L'ophthalmoplégie consiste dans la propulsion du globe par suite de la paralysie de toutes ou presque toutes ses cordes motrices. Cette affection est tellement rare que beaucoup d'oculistes paraissent ne l'avoir jamais rencontrée; il n'en est même pas question dans plusieurs traités d'ophthalmologie. Elle se borne presque toujours à un œil. Une apoplexie, une affection grave des centres nerveux est susceptible de lui donner naissance; sa cause, toutefois, parait avoir été le plus souvent de nature rhumatismale. J'ai connu une dame qui fut frappée d'ophthalmoplégie double, par suite d'un refroidissement de la face, après avoir dormi, pendant la nuit, près d'une croisée ouverte d'une diligence. Les anticongestifs, l'électro-puncture, les antiparalytiques de toute sorte avaient été impuissants à la soulager et la malade y avait renoncé depuis six mois, quand son infirmité diminua, puis disparut tout à fait. Ses yeux, jadis fixes et hagards, sont aujourd'hui dans les conditions les plus normales. Dans l'espèce, la médication doit être basée sur les principes précédemment établis. Les heureux résultats qu'a fournis la cautérisation de la conjonctive, contre les slrabismes paralytiques, doivent engager les praticiens à en tenter l'essai dans certains cas d'ophthalmoplégie opiniâtre.