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NÉVRALGIES, -t- AFFECTIONS SPASMODIQUES .
Article 1. — Névralgies faciales. — Névralgie ciliaire.
Les névralgies qui ont pour siège la cinquième paire cérébrale se présentent souvent à l'observation. Le tic douloureux de la face et les autres phénomènes pathologiques qui s'y rattachent ne demandent ici que peu de détails, car on les trouve décrits dans tous les traités de pathologie. La branche ophthalmique de Willis et la branche maxillaire supérieure du trifacial sont fort souvent plus particulièrement compromises. Les crises douloureuses se font-elles sentir dans le nerf frontal, la névralgie est qualifiée de frontale ou de sus-orbitaire ; sévissent-elles dans les ramifications du nerf maxillaire supérieur, qui prend le nom du conduit osseux qu'il traverse, la névralgie est appelée sous-or!>>taire.
Dans la première, la douleur part du trou sourcilier et se propage au sourciL, au front, à la racine du nez, à la paupière supérieure; elle s'irradie, dans la seconde, du trou sous-orbitaire vers la paupière inférieure, l'aile du nez, la joue et la lèvre supérieure. Fréquemment ces névralgies sont périodiques. Le type de l'intermittence s'est montré quotidien dans la plupart des cas très-nombreux qui se sont offerts dans ma pratique. La conjonctive, du coté affecté, est injectée pendant les crises; les paupières sont contractées; le larmoiement est abondant et la photophobie intense.
L'éréthisme de l'organe visuel, qui s'associe à ces souffrances franchement intermittentes de la cinquième paire, est un type de la forme pathologique dite névralgie ciliaire ; cet éréthisme s'établit, en effet, en même temps que les perturbations du trifacial, n'existe que durant les paroxysmes et cesse avec les accès. On a décrit encore une névralgie ciliaire bornée à l'œil, c'est-à-dire n'affectant que les filets nerveux qui se rendent du ganglion ophthalmique au cercle ciliaire et à l'iris (ophthalmodynie, migraine ophthalmique, ophthalmie nerveuse de Lisfranc); la photophobie et des douleurs, parfois atroces, de l'organe visuel, sans inflammation appréciable, si ce n'est un léger degré de conjonctivite, en sont les traits caractéristiques. Dans ces cas, d'ailleurs, comme dans tous les désordres analogues de l'innervation, les phénomènes morbides sont sujets à des exacerbations et à des rémissions plus ou moins prolongées. Bien que l'existence d'une névralgie ciliaire pure ou idiopathique, qu'on rencontre surtout chez les sujets nerveux et les femmes hystériques et chlorotiques, ne paraisse pas devoir être révoquée en doute, je crois que celte forme pathologique, ainsi isolée, est infiniment plus rare qu'on n'a bien voulu le dire. I* névralgie ciliaire est presque constamment symptomalique «l'une congestion des tissus internes de l'œil, d'une hypérémie, par exemple, de la choroïde et de la rétine, chez les sujets qui abusent de leurs yeux, font usage de lunel tes trop
tories, etc. Plusieurs malades, chez lesquels on avait, diagnostiqué cette névralgie, m'ont présenté îles synéchies postérieures dénotant une iritis à marche insidieuse et lente. Des adhérences anciennes de l'iris, antérieures ou postérieures, peuvent encore donner lieu à des phénomènes de ce genre, par suite du tiraillement des nerfs ciiiaires (p. 386). Quelques ophthalmies qualifiées d'intermittentes (p. 314), certaines perturba tions visuelles désignées sous le nom d'amauroses périodiques, ne sont autre chose que des névralgies ciiiaires.
traitement. — Je ne saurais assez recommander, contrôles névralgies faciales, les pilules du docteur Tournié (p. 298). Je formule souvent 50 centigrammes de valérianate de zinc et 5 centigrammes de sulfate de morphine pour dix pilules ; la dose est de deux ou trois par jour. J'ai réussi à calmer plusieurs malades à l'aide de frictions avec un liniment composé de 30 grammes de baume tranquille et de 4 grammes de chloroforme, ou avec un autre dans lequel on fait entrer le laudanum de Rousseau, le camphre, le. chloroforme et l'extrait de belladone, de chaque 1 gramme pour 50 grammes d'huile de jusquiame. La formule suivante m'a été utile : cyanure de potassium, 45 centigrammes, huile d'amandes amères. 2 grammes, cérat, 15 grammes. Je prescris parfois une pommade composée de 2 grammes de chloroforme, 5 centigrammes de cyanure de potassium et 15 grammes d'axonge. On a préconisé avec juste raison les vésicatoires ammoniacaux dont on fait suivre l'application du transport sur le derme dénudé de 1 à 15 centigrammes de sulfate ou de chlorhydrate de morphine. Nous mentionnerons encore les heureux effets obtenus par MM. Béhier, Hérard et plusieurs autres praticiens, à l'aide des injections sous-cutanées d'une solution de sulfate d'atropine (injections hypodermiques). La dose du sulfate généralement employée dans cette solution est d'un centigramme par gramme d'eau.
L'électricité s'est montrée salutaire dans plusieurs lésions de ce genre (p. 627). La résection des nerfs frontal et sous-orbi taire, résection à laquelle M. Jobert associe la cautérisation de la plaie avec un petit cautère chauffé à blanc, * invoqué quelques succès dans les cas rebelles. Souvent, d'ailleurs, les souffrances ne se calment on ne s'évanouissent définitivement que par l'amendement ou la guérison de la maladie soit générale (chlorose, syphilis, etc.), soit locale (iritis, choroïdite) qui les tient sous sa dépendance.
La médication des névralgies intermittentes est celle qui donne le plus «le satisfaction au médecin, car il arrive presque constamment à en triompher, avec la plus grande rapidité, à l'aide des antipériodiques. Le succès des pilules suivantes m'a pour ainsi dire paru infaillible :
Sulfate de quinine 1 gramme.
Extrait de valériane 2
— gommeuv d'opium . . . 10 centigrammes Mêlez et divisez en 20 pilules. La dose est de 5 ou 0 dans l'intervalle des
accès. On prend la dernière pilule nue heure avant le „ eut où | accès doit
venir. 3 uuu
Le traitement de la névralgie ciliaire sera en harmonie avec les conditionsqui
7t>8 L1VKE II. MALADIES DU GLOBE OCULAIRE.
dominent la souffrance nerveuse, d'où la nécessité de recourir, suivant les circonstances, aux antiphlûgistiquès, aux anlichlorotiques, aux antisyphilitiques aux antipériodiques, etc. Le choix des moyens est quelquefois fort embarrassant, dans les cas où aucune indication bien déterminée ne se présente à l'homme de l'art qui se borne alors à conseiller banalement les antispasmodiques etquelques ressources tirées de l'hygiène. C'est plus particulièrement contre ces conditions mal définies qu'on a récemment proposé la section du cercle ou muscle ciliaire, suivant le procédé de M. Hancock (p. 048).
Article 2.— Nystagme.— Tétanos de l'œil.— Clignotement. — Blépharospasme.
Dans le nystagme, le globe oscille sous l'influence de mouvements involontaires et parfois désordonnés de ses muscles. Se porte-t-il alternativement et avec rapidité de droite à gauche et de gauche à droite (balancement latéral), les muscles droits, interne et externe, sont plus particulièrement le siège delà perturbation nerveuse ; roule-t-il de haut en bas et de bas en haut sur son axe antéro-postérieur, le nystagme atteint surtout les obliques. Les conditions principales dans lesquelles cette vacillation se produit ont été-déjà précédemment signalées (p. 40). Je l'ai rencontrée chez les albinos, quand leurs >eu\ étaient exposés à une vive lumière. On l'a observée dans la chorée et dans d'autres maladies nerveuses, dans l'aliénation mentale, dans quelques Gèvres typhoïdes associées à des accidents cérébraux. Plusieurs sujets, porteurs de nystagme et atteints, d'ailleurs, d'un certain degré d'amblyopie, m'ont offert une atrophie et une anémie des papilles (p. 659). Le nystagme est fort souvent congénital.
Dans le tétanos, dans le trismus, dans les affections convulsives des enfants, on voit quelquefois les globes frappés d'immobilité par suite d'une contraction spasmodique, d'une sorte de crampe de leurs cordes motrices. C'est ce qui a été appelé tétanos ou fixité tétanique de l'œil.
Dans le clignement exagéré des paupières, celles-ci se ferment et s'ouvrent alternativement et avec rapidité par une série de mouvements de contraction et de relâchement de leurs muscles. Une simple conjonctivite, la présence d'un cil, d'un corps étranger quelconque, peuvent donner lieu à ce phénomène. Des femmes nerveuses et hystériques, des enfants tourmentés par des vers sont sujets à ces mouvements désordonnés des voiles palpébraux. Le clignotement, qui dérive d'une conformation native, porte le nom de tic congénital des paupières.
Les voiles palpébraux sont convulsivement contractés dans le blepharospasnu . de telle sorte que les yeux sont fermés aussi longtemps qu'il dure. Nous avons vu qu'il s'associait à la photophobie qui accompagne un bon nombre d ophtalmies et surtout la kératite. Dans d'autres cas, il n'est que symplomat.que d uni simple conjonctivite (p. 78), point de départ qui a souvent été méconnu, ce qu a donné lieu à de nombreuses erreurs de thérapeutique.
tiuitement. - Quelques sujets, atteints de nystagme, ont été soumis a a» sections ténotomiques; la plupart d'entre eux ont plus perdu que gagne .