‹ Traité théorique et pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 357 sur 501 · CHAPITRE XI. — MALAXEES DE [/ACCOMMODATION. Ht · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. — MALAXEES DE [/ACCOMMODATION. Ht

presbytie doii résulter de conditions contraires, c'est-à-dire du relâchement musculaire. C'est ainsi qu'on peut expliquer celle qui surgit parfois chez les convalescents de maladies de longue durée. Nous citerons l'exemple d'une de nos malades, qui, frappée d'une amblyopie asthénique par l'effet d'hénïovrhagies qui Suivirent ses couches, et par l'effet aussi de sangsues nombreuses qui lui furent appliquées à la môme époque sur les parois abdominales, ne pouvait encore, quatre mois après, distinguer les objets avec quelque netteté que quand elle les éloignait beaucoup de ses yeux, ce qui n'avait pas lieu auparavant. On a même vu dans ce cas la myopie se convertir en presbytie. M. Frestel dit avoir observé des phlbisiques qui, à leur entrée à l'hôpital, se servaient de lunettes concaves d'un fort numéro ; à mesure que le mal faisait des progrès et que les forces musculaires diminuaient, ils employaient des numéros de moins en moins forts ». La presbytie, associée à la paralysie de l'oculo-moteur, trouve dans ce qui vient d'être dit une interprétation facile.

Chez un bon nombre de myopes qui avaient subi la section d'un ou de plusieurs muscles oculaires, la portée de la vue a augmenté dans les premiers temps au moins, ce qui s'explique par une expansion plus facile du globe, moins bridé par ses cordes motrices, d'où la diminution de son diamètre antéro-postérieur. Bonnet a surtout publié à cet égard des résultats fort curieux. Le 21 juin 1841, par exemple, on coupe les deux muscles petits obliques chez un séminariste myope, qui ne pouvait lire à plus de 38 centimètres, et ne reconnaissait point les personnes à plus de vingt-cinq pas. Le 6 août suivant, il lisait à 61 centimètres et avait récupéré la faculté de reconnaître une personne à soixante pas. Un huissier myope, qui avait subi la même opération, ne pouvait lire à plus de 13 centimètres de distance, tandis que, trois semaines après cette tentative, il lisait à 61 centimètres.

Considérez un ouvrier livré à la contemplation de corps petits et rapprochés de ses yeux, ne voyez-vous pas , surtout s'il est presbyte, qu'ils sont en proie à tous les phénomènes qui dénotent l'étranglement de l'organe par les cordes sersées qui l'enlacent? Les paupières sont fortement contractées, les globes sont tendus et rénitents. Vient-il à les détourner de l'objet de son travail, les voiles palpébraux s'écartent largement l'un de l'autre, et le sujet regarde, instinctivement au loin, pour donner aux muscles oculaires un degré élevé de relâchement, seul remède au degré élevé de contraction qui motivait sa souffrance. Or, si les individus qui s'adonnent à ce genre d'occupations les continuent longtemps, leur vue se détériore par la concentration du sang que les contractions musculaires sollicitent dans les parties internes de l'œil ; ils aperçoivent des étincelles, des mouches; ils deviennent finalement amaurotiques. Telle est la maladie accommodative dite athénopie, kopiopie; nous avons vu (p. 600) pourquoi les

1 Taillant un jour, dans un amphithéâtre d'hôpital, un lambeau kératique sur le cadavre d'une femme morte phthisique, j'ai constaté que les cornées avaient subi chez elle un amincissement extrême; elles avaient pour ainsi dire l'épaisseur d'une feuille de papier. Cet amincissement de la cornée ne peui-il pas rendre compte de la diminution de la myopie dans certains cas?

presbytes y étaient plus particulièrement disposés. Les rétines, d'ailleurs, ne sauraient avoir chez les divers sujets une énergie vitale identique. De même que certains estomacs sont inhabiles à -digérer certains aliments, de même que tel homme ne peut soulever un fardeau que tel autre, plus faible quelquefois en apparence, lèvera avec la facilité la plus grande, il est des yeux qui se refusent à Fcxécution de certains labeurs exigeant de la part de ces organes une contention soutenue sur des corps petits et rapprochés. Nous avons connu des jeunes gens qui, voulant entreprendre un art mécanique qui les forçait d'exereffl- leur vue sur des objets ténus, étaient contraints, au bout de peu de temps, de 'renoncer à la profession, à cause de la fatigue à laquelle elle les condamnait. La vision se troublait chez eux par une assiduité plus ou moins longue; un brouillard venait l'obscurcir; les conjonctives s'injectaient, les yeux devenaient larmoyants; parfois même desdouleurs se manifestaient au-dessus des orbites; force était de cesser le travail. J'en ai rencontré pour lesquels celui-ci était un vrai supplice; plusieurs heures étaient nécessaires, chez quelques-uns , pour que les yeux fussent remis de leur lassitude; d'autres, en se réveillant le maiïn, se ressentaient encore de la fatigue de la veille. Ayant souvent engagé des individus pourvus de cette disposition à adopter une profession exemptant d'une application soutenue, je les ai observés s'en acquittant sans aucune gêne, et conservant dans la suite les perceptions visuelles intactes aussi longtemps que ceux qui, primitivement, avaient joui d'une vue plus solide.

échelle typographique de jaeger. (Voir la fin de cet ouvrage.) Elle se coin] de vingt caractères d'impression, depuis le spécimen le plus petit, désigné par le n° 1, jusqu'à un modèle très-fort, qui porte le n° 20. Elle est utile à plus d'un titre. Elle sert à faire juger de l'intensité de la vision, de sa portée, et à fournir au praticien la faculté de préciser les modifications en bien ou en mal qui >e produisent chez les sujets en traitement. Elle est en outre un précieux élément d'appréciation pour s'entendre entre ophthalmologistes. Quand on dit, par exemple, qu'une personne lit à une distance donnée le n° 4 de Jaeger. on est bien certain d'être compris par tous. C'est donc avec juste raison que l'échelle de Jaeger, que son auteur a construite en français, en allemand et en anglais, est devenue réglementaire parmi les oculistes. Les opticiens peuvent également y avoir fructueusement recours.

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