‹ Traité théorique et pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 36 sur 501 · CHAPITRE Ii DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

CHAPITRE Ii DIAGNOSTIC

numéro 1 trois qutfrts ou numéro 2, les papilles semblent moins volumineuses chez les myopes que chez les presbytes. Vous ne diagnostiquerez une atrophie de la papille dans un œil que quand vous en aurez comparé les dimensions avec celles de la papille congénère.

Ce corps a une configuration à peu près circulaire; on lui trouve souvent une forme verticalement ovalaire, bien moins fréquemment obliquement ovalaire. Parfois, il est côtoyé par un cercle noirâtre, plus souvent par un demi-cercle de même teinte, et plus souvent encore par un segment de cercle plus petit. Cette lisière n'est autre chose que du pigment accumulé sur les bords de la papille, et qui contribue à en accentuer l'éclat. Cette déviation, probablement physiologique, du pigment peut exister à un œil et ne pas être rencontrée sur l'œil opposé.

Les vaisseaux de la papille sont très - visibles à l'ophthalmoscope. Ils parlent tantôt du centre de sa surface, tantôt d'un point plus ou moins éloigné de la partie centrale, très-souvent un peu en dedans de cette dernière. Ils se divisent en éventail, principalement dans le sens vertical. L'œil les suivra de leur point d'émergence jusqu'à la périphérie de la papille, et, plus loin, sur le disque rouge qui l'entoure, et qui n'est autre chose que la choroïde vue à travers la rétine transparente La choroïde, il est vrai, est enduite d'un pigment qui lui communique une teinte noire; mais, par suite de sa structure éminemment vasculaire, elle paraît rouge; les rayons lumineux qui traversent les couches pigmen taire et vasculaire de la membrane choroïdienne sont réfléchis par la sclérotique susjacente et viennent ensuite traverser de nouveau la choroïde, qui leur fournit la teinte précédemment signalée.

L'observateur verra les vaisseaux qui émanent de la papille se diviser et se subdiviser à la manière de rameaux et de ramuscules. Il sera ainsi à même de les suivie jusque dans leurs sinuosités les plus petites. Ces vaisseaux appartiennent à la réline. L'œil, se familiarisant avec la perception de ces corps ténus , finira par reconnaître que, parmi eux, les uns sont pourvus d'une couleur plus foncée que celle des autres d'un aspect écarlate, les premiers montrant, en outre, un calibre plus fort que celui des seconds. Ce sont, d'une part, les veines, de l'autre, les artères. L'on parviendra à apercevoir si nettement les contours de ces vaisseaux que, pour peu que l'on exerce, à travers la paupière supérieure, sur le globe observé, une pression légère, avec l'extrémité de l'annulaire de la main chargée de la lentille, l'on assistera à un phénomène du plus saisissant intérêt : celui du pouls veineux. Fixez attentivement l'une des plus grosses veines, dans un point surtout où elle forme un angle avec sa direction primitive, et vous la verrez, dans cette partie, devenir successivement d'un rouge pâle et d'un rouge foncé. Ces mutations seront plus nettement constatables sur la papille, parce que la coloration des vaisseaux y est plus tranchée, par suite de la teinte blanchâtre du fond sur lequel ils reposent. Il faut, d'ailleurs, une

j La rétine jouit d'une diaphanéilé parfaite sur le vivant et dans les condilions physiques. Cette transparence est, après la mort, rapidement remplacée par une teinte opaline.

<>-4 L1VIIR I. — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.

grande habitude pour acquérir la perception «les battements qui viennent d'être mentionnés; on ne saurait les découvrir facilement chez un lion nombre de malades, tandis que les autres les offrent d'une manière manifeste. Le pouls artériel est sensible également dans la région rétinienne. Toutefois, le pouls veineux est celui que l'on distingue avec le plus de facilité, à cause du calibre plus gros des vaisseaux qui en sont le siège, et parce qu'il se produit plus aisément sous l'influence d'une compression faible. Tendant que l'observateur compte les pulsations qui se font dans les vaisseaux rétiniens, un autre, prenant Le pouls radial, peut contrôler les battements accusés par celui qui est chargé de l'examen de l'œil.

L'origine relative des vaisseaux n'est pas constamment identique. Dans certains cas, artères et veines procèdent du même point de la papille; dans d'autres, les points d'émergence des premières et des secondes sont séparés trèsnettement. Dans les conditions physiologiques, vous remarquerez que la moitié interne de la papille présente des vaisseaux transversaux filiformes. Ce sont les premiers qui s'effacent dans l'atrophie plus ou moins marquée de la papille, par une amaurose cérébrale.

Si, par suite d'une circonstance naturelle, comme l'absence congénitale du pigment, dans l'albinisme, ou par l'effet de la disparition pathologique de l'enduit pigmenteux, on vient à distinguer les veines de la choroïde, on remarquera qu'elles sont toujours pourvues d'un cours beaucoup plus irrégulier, plus tourmenté, pour ainsi dire, que ne l'est le trajet des vaisseaux rétiniens placés devant elles. Leur calibre procède en diminuant de la périphérie du champ d'ob-« servation vers le centre, c'est-à-dire vers le pourtour de la papille. C'est l'un des motifs pour lesquels on peut diagnostiquer la part qui appartient aux vaisseaux choroïdiens et celle qui doit être attribuée à ceux de la rétine. L'œil exercé ne pourra guère confondre les uns avec les autres ces deux ordres de vaisseaux.

Chez les albinos dont les yeux sont dépourvus de pigment, le fond du globe vous apparaîtra d'un rouge sanguin. Il sera plus foncé chez les bruns que chez les blonds, ce qui dépend du pigment choroïdien, plus noir et plus abondant chez les premiers que chez les seconds. Si, chez les bruns, les profondeurs du bulbe sont d'un rouge sombre et même d'un rouge noirâtre, au lieu d'offrir un aspect orangé, c'est qu'alors une sorte d'écran contrarie le passage des rayons lumineux vers les couches sousjacentes. On voit généralement moins bien, à l'ophthalmoscope chez les bruns que chez les blonds. Dans cette dernière catégorie de sujets, on pourra communément bien constater les vasa vorticosa, tandis qu'il n'en sera pas de même dans les yeux bruns, à moins d'une condition pathologique1.

• Un certain nombre d'animaux (lion, panthère, chat, etc.) offrent au fond de leurs yeux un tapis qui miroite d'une manière plus ou moins éclatante. Ce miroitage était considéré jadis comme le résultat d'un développement spontané de la lumière dans les profondeurs de l'organe, sous l'influence de la colère, d'une excitation quelconque; on le plaçait, en d'autres termes, sous la dépendance du système nerveux. Prévost (de Genève) démontra, en 1810, que le phénomène provenait de la réflexion de la lumière

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