‹ Traité théorique et pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 37 sur 501 · CHAPITRE 1. — DIAGNOSTIC. 6f · texte numérisé non relu

CHAPITRE 1. — DIAGNOSTIC. 6f

Nous signalerons ici un fait qui n'est pas sans importance dans les explora-^ lions ophthalmoscopiqUesJ II arrive très-souveat que, quand on examine un œil, on est considérablement gêné par des reflets très-brillants, dont l'éclat masque les parties soumises à l'investigation qui n'est plus praticable dans de telles circonstances. Pour se débarrasser de ces reflets, on n'a qu'à, incliner dans un sens ou dans l'autre, et suivant l'axe horizontal, la lentille dont la main gauche est armée. Comme ces spectres sont produits parla réflexion des rayons lumineux de la lampe sur la surface polie de la lentille, il est aisé de comprendre qu'en modifiant l'inclinaison de celle-ci, on modifie la direction des rayons qui la frappent, d'où l'abolition de ces reflets si incommodes pour l'exploration et si fatigants pour l'observateur.

Les dispositions qui précèdent ayant été constatées, on procède à la vérification des autres parties du fond de l'organe. Pour cela, on promène la lentille dans tous les sens, afin de bien explorer les divers points de la surface éclairée. Cette manœuvre est exécutée parle pouce et l'index qui tiennent l'instrument, les derniers doigts restant appuyés contre le front du malade. Le miroir, bien entendu, continuera à être appliqué contre l'œil droit de l'observateur. Ici, toutefois, il faut imprimer au réflecteur quelques mouvements qui coïncideront avec ceux delà lentille, pour que les surfaces que l'on étudie soient constamment aussi lumineuses que possible.

On devra s'efforcer de découvrir la macula lutea , pour l'examiner avec le plus grand soin. L'observation démontre que la plus petite lésion de cette partie peut engendrer des troubles sérieux dans les perceptions visuelles. 11 faut , d'ailleurs, beaucoup d'habitude de l'ophthalmoscope pour reconnaître la macula que l'on chercherait vainement chez certains sujets.

L'examen cadavérique démontre que la tache jaune correspond exactement à l'endroit où l'axe antéro-postérieur de l'œil, passant par le trou pupillaire, vient rencontrer la paroi postérieure du globe. Elle est donc située en dehors et un peu au-dessus de la papille; on doit conséquemment la chercher à la partie interne et un peu au-dessous de cette dernière, c'est-à-dire à une dislance de deux papilles environ, puisque nous avons dit que les éléments du fond de l'œil font, en avant de cet organe, une image renversée. 11 est, toutefois, un moyen beaucoup plus certain de la trouver, c'est d'inviter le malade à regarder le centre du miroir ; elle vient se placer alors directement sur le prolongement de l'axe visuel de l'observateur. La macula apparaît sous forme d'une petite plaque oblongue, qui a la môme couleur à peu près que le reste du fond de l'organe ; elle en diffère en ce qu'elle manque d'éclat, parait un peu mate, terne, grisâtre. On distingue parfois, à son centre, un point qui tranche par sa coloration plus foncée avec celle du reste de la plaque ; c'est le foramen cœctm, la fosse centrale de la rétine1.

venue du dehors. Ce miroilage avait été également constaté chez l'homme, mais seulement dans le fongus médullaire de la réline (œil de chat amaurotique) et dans quelques autres altérations assez rares du fond des yeux.

J La présence, au centre de la macula, d'un point brillant qui correspondrait au foramen cœcum est évidemment une erreur qui a été successivement reproduite dans plusieurs traités et mémoires d'ophthalmologie. Je ne l'ai jamais rencontré, et plusieurs observa-

Il est digne de remarque qu'on ne trouve pas de vaisseaux un peu volumineux au niveau de la tache jaune; on y rencontre seulcinenl de nombreux capillaires.

de l'étude a l'image droite. — Celle exploration, avons-nous dit, s'effeclueau moyen de lentilles biconcaves. Le verre sera enchâssé dans la pince placée derrière le réflecteur. On le choisira, parmi les lentilles destinées à l'observateur myope. On en prendra une dont le foyer sera d'autant plus court que l'observé sera plus myope ; car on sait que les verres concaves ne servent qu'à diminuer la convergence des rayons lumineux. Celte lentille sera, en outre, appropriée à la vue de l'observateur. 11 n'y a donc pas de données très-précises à fournir à cet égard; le numéro dont on fera choix sera réglé d'après les variétés individuelles. Il est, toutefois, permis d'établir que les quatre numéros ( verres biconcaves) , précédemment indiqués, pourront satisfaire à toutes les indications.

Pour se livrer à l'élude de l'image droite, l'ophthalmoscopisle devra se placer très-près du malade. Nous savons, en effet, que le miroir est percé d'un petit trou central qui ne laisse passer que peu des rayons lumineux venant du fond de l'œil. Or, ceux qui le franchissent seront d'autant plus abondants que l'observateur sera plus rapproché de l'observé ; il suit de là que, dans cette dernière condition, l'image perçue sera plus nette. La position que prendra le chirurgien ne devra pas nuire à l'incidence des rayons de la lampe sur le miroir. Cette attitude est fort gênante pour le praticien comme pour le patient, car leurs ligures se trouvent dans un contact presque immédiat l'une avec l'autre. On pare, jusqu'à un certain point, à cet inconvénient en inclinant la tète en avant sur celle de l'observé, également penchée dans le même sens. Si, alors, on vient à se toucher, ce ne sera plus que par la région frontale. Le miroir restera toujours appliqué contre l'arcade sourcilière de l'observateur, et incliné de manière à laisser pénétrer les rayons de lumière dans l'œil exploré. Le grand rapprochement du réflecteur, par rapport à ce dernier organe , amène la convergence de ces rayons très-près de la rétine, de façon qu'une petite surface est seule éclairée. Toutefois, on distingue bientôt et très-nettement les détails les plus fins et de beaucoup amplifiés du fond du globe.

Il existe un autre moyen de procéder à l'exploration à l'image droite ; elle se pratique comme dans le cas précédent; on supprime seulement le verre biconcave. On admet que , dans l'espèce , le cristallin de l'observé fonctionne comme une loupe par rapport à sa rétine. Cette théorie parait seule admissible, bien qu'elle laisse à désirer. Le cristallin , en effet, ne se trouve pas placé dans une distance convenable , eu égard à la surface rétinienne, pour agir à l'instar d'une loupe, si nous voulons assimiler les milieux réfringents de l'œil aux lentilles construites par l'art. On comprend , d'après ce qui précède, que ce procédé sera surtout applicable aux cas où l'observé est presbyte.

Ce point fort épineux de la physique médicale a été commenté de la manière suivante par le docteur Ciraud-Teulon1 :

« On peut, dit-il, sans le secours d'aucun verre interposé, se procurer une

leurs distingués, avec lesquels j'ai fait des recherches, oui vainement cherché à le découvrir,

1 G azi'lle médicale ; année i889, p. 1 0-'t .

Page 1