CHAPITRE XI. — MALAD1KS DE L ACCOMMODATION. 78S
suite pour une myopie assez intense pour se rapprocher presque de la cécité. On a proposé, contre les raccourcissements visuels de ce genre, l'extraction du cristallin, dans le but d'éliminer du sein du globe le milieu doué de la plus grande force de réfraction; mais, sauf le staphylôme pellucide (p. 342), je ne connais aucune observation où la soustraction de la lentille ait été sollicitée comme moyen d'augmenter la portée de la vue.
Traitement de Turnbull (de Londres.) — Il consiste dans des frictions sur le front avec une teinture concentrée de gingembre, et dans quelques, cas, avec celle de poivre. Ce moyen, d'après l'auteur, a été suivi des succès les plus signalés : des personnes dont la myopie était extrême auraient bientôt pu mettre de côté les verres concaves dont elles faisaient usage. M. Mackenzie, qui considère ces résultats comme éphémères, explique l'amélioration susceptible de se manifester dans cette condition par une forte contraction provoquée dans la pupille ; le myope voit mieux alors, comme s'il regardait à travers un trou d'épingle. Il suffirait, dit M. Mackenzie, pour obtenir le même phénomène, d'introduire une goutte de vm d'opium entre les paupières.
Verres concaves. Il est à peine utile d'ajouter que les myopes n'ont besoin de verres concaves que pour distinguer les objets éloignés. Convenablement choisis ils auront la propriété d'imprimer aux rayons lumineivx qui partent de ces objets la même incidence que s'ils émanaient de corps rapprochés. Or, l'œil pouvant s'accommoder pour la vue de ces derniers, le sommet du cône lumineux tombera sur la rétine et la perception sera nette.
PRESBYTIE (PRESBYOPIE, VUE LONGUE, VISUS SENILIS).
Si une trop forte réfringence des milieux de l'œil et un allongement anormal de son diamètre an téro-postérieur semblent les deux dispositions essentielles sous l'influence desquelles la myopie se développe, celles de la presbytie, qui est la condition inverse, sont communément rapportéesà une trop faible réfringence de ces milieux et à un raccourcissement du diamètre cornéo-rélinien. Les presbytes ne voient que confusément les petits objets rapprochés d'eux, parce que leurs globes sont dépourvus d'une puissance de réfraction capable d'en rassembler les rayonssur la rétine; le cône lumineux coupe cette membrane avant qu'ils se soient réunis à son sommet; les sujets éprouvent la nécessité d'éloigner les corps, pour que les rayons arrivent moins divergents à l'œil et que sa force de réfraction suffise à leur concentration régulière.
caractères anatomiques et physiologiques. — Les traits symptomatiques qu'on attribue généralement à la presbytie sont le peu de protubérance des globes oculaires, l'aplatissement de la cornée et l'amoindrissement de la capacité de la chambre antérieure. La pupille est habituellemenl contractée, el pourvue d<
•yyg LIVRE ». — MALADIES DU GLOBE OCULAIRE.
beaucoup de mobilité. Invitez-vous le presbyte à lire un caractère d'imprimerie, celui d'un journal, par exemple, il l'éloignera de ses yeux à une distance plus grande que celle de la portée de la vision normale. Quelques-uns placeront le livre aussi loin que leurs mains peuvent reculer; on en rencontre même qui portent en outre la tète en arrière. Un verre convexe grossira le caractère et le fera distinguer franchement et à une distance plus faible; souvent même il le rendra visible quand il est de petites dimensions, tandis que, sans ce secours, les lignes sont confuses et n'apparaissent que sous forme d'ombres vagues. U sujet ° d'ailleurs, continuera à apercevoir avec netteté les corps très-distants; il verrales heures aux cadrans des monuments publics et les clochers qui s'élèvent ans limites extrêmes d'un vaste horizon. Les presbytes sont fatigués par une concentration des yeux sur des objets petits et peu éloignés; ils recherchent les gros caractères d'impression, et montrent de la tendance à se rapprocher des ' endroits éclairés et à fuir ceux qui sfffiX obscurs. Ce vice fonctionnel, toutefois^ est sujet à des degrés variables : on peut établir, en thèse générale , qu'il augmente par les progrès de l'âge, tand1S que la myopie diminue avec les année,. Habituellement, au début de la presbytie, la lecture d'une impression de moyenne grandeur est surtout pénible le soir, tandis qu'elle s'accomplit encore avec facilité durant le jour et à côté d'une fenêtre. Peu à peu l'infirmité s'accroît et contraint le sujet à porter lunettes; celles-ci sont rendues plus tard de plus en plus fortes, à mesure que décline la puissance réfringente des globes
Itiologie.-II y a lieu de considérer l'approche de la vieillesse comme la cause la plus commune de la lésion qui nous occupe. C'est, en général, vers âge de quarante-cinq ou quarante-six ans, quelquefois plus tôt, que les sujets commencent à constater les modifications fonctionnelles précédemment signalées. Leur condition anatomique dépendrait, d'après M. Bouisson (p. 13) et beaucoup d'auteurs d'une insuffisance survenue dans la masse de l'humeur aqueuse d ou l'affaissement de la cornée, qui perd en partie sa convexité normale; quelquesuns admettent en outre une diminution de l'humeur vitrée ; d autres .moquent comme disposition principale un aplatissement du cristallin La dépression qui
urgit dans" la force contractile des muscles oculaires, ne doit-elle pa, encore jouer un rôle important dans la production delà presbytie des vieillards? Nous le croyons , et MM. Denonvilliers et Gosselin se montrent for exphetes a cet é*ard « On ne connaît pas, disent-ils, de causes anatomiques a ha presbytie. On avarié il est vrai, d'une diminution dans la réfringence des milieux, et en pu^ amoindrissement de la convexité du cristallin ou d une fluidité plus Grande du corps vitré; mais ces lésions n'ont pas été plus démontrées que les M-
ions n se^ inverse de la myopie. 11 nous parait rationnel 'admettre que la Tsl tle est due à un affaiblissement des muscles, qui ne leur permet plus
d'accommoder les yeux pour les visions à courte d.stance. p
On a cité par contre, des cas où la presbytie avait décru, s était mené eva
nome a: fr l'âge , de telle sorte que des
temps porté des lunettes, les abandonnaient pour apercevoir des ob et s tdjeux sans leur secours. On a interprété ce phénomène par l'allongement du diamètre ,ro-postéricurd* l'œil, sous l'influence d'une fonte partielle du t.ssu cellulo-