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CHAPITRE I. — MALADIES DE l'oRHITF

daire, uniquement bornée au périoste orbitairej me paraît impossible dans l'état actuel de la science. Il y a lieu de penser que c'est à une ostéite superficielle que sont dus les décollements du périoste et les épanchements qui, s'accumulant sous lui, peuvent donner lieu à ces tumeurs, adhérentes à leur base, et qu'on a qualifiées de périostoses, d'hypérostoses, de nodus osseux.

Quelques observateurs admettent que c'esl plus particulièrement par le périoste orbitaire (périorbitis aiguë) que les érysipèles de la face se transmettent au cerveau; on a cité des faits de ce genre dans lesquels il a été trouvé phlogosé, décollé et en suppuration dans sa couche profonde (abcès sous-périostiques). fç'est à la périorbitis chronique qu'on a le plus souvent affaire. La syphilis en est peut-être la cause la plus commune (p. 704); l'exoph thaï mos, susceptible île se manifester chez les sujets entachés de vérole constitutionnelle, peut être dû en grande partie à cette complication. Il faut rechercher, dans de tels cas, s'il n'existerait pas en dedans des arcs supérieur et inférieur de l'orbite un gonflement dur et plus ou moins élastique. M. Hamilton fait observer que cette tuméfaction du périoste peut être assez considérable pour empêcher la paupière supérieure de se relever et de démasquer l'œil. Des douleurs, s'exaspérant par la chaleur du lit, sont susceptibles de s'associer à cet exorbitisme. Dans d'autres circonstances, et notamment chez les jeunes sujets lymphatiques de trois à quatre ans, beaucoup plus rarement chez ceux de douze à quatorze ans, d'après Jaeger, une ostéite à marche sourde est bornée seulement à une partie des surlaces osseuses.

La terminaison de l'ostéite orbitaire peut avoir lieu par résolution, par suppuration (carie), par mortification (nécrose) ou par induration permanente.

La possibilité de la résolution de ces tumeurs nous est surtout démontrée par les résultats merveilleux, dans l'espèce, du traitement antisyphilitique. Boyer parle d'un homme affecté depuis plus de dix années d'une exostose des parois du sinus maxillaire gauche; l'œil était repoussé en avant, le nez déjeté vers la droite, la narine bouchée, la voûte palatine un peu bombée; le mal était depuis longtemps stationnaire. Après avoir obtenu d'un homme de l'art une prescription pour une forte quantité de liqueur de Yan Swieten, il se servit buil lois, chez différents pharmaciens, de la même ordonnance, prit ainsi, sans être guidé par un médecin, et dans l'espace de moins de trois mois, 7 grammes de sublimé corrosif, et eut le bonheur de guérir. La rentrée du bulbe dans ses limites naturelles, et la cessation de tous les phénomènes qui dépendaient de la tuméfaction osseuse furent les résultats de lu disparition de celte dernière.

Bien qu'une carie puisse se développer dans une partie très-reculée de l'enceinte orbitaire, je l'ai plus souvent rencontrée dans la moitié antérieure de cette cavité et parfois le long de l'arc supérieur ou inférieur de l'orbite. La plupart des cas que j'ai notés avaient pour cause déterminante une contusion, et pour cause prédisposante une diatbèsc syphilitique, une constitution plus ou moins viciée. Par suite d'un coup de pied de cheval reçu à la face, un loueur de voitures fut atteint d'un abcès de l'orbite gauche, avec carie de la voûte de cette cavité. Quelques années auparavant, cet homme avait contracté une syphilis qui ava.t été tellement tenace que les maux de gorge, les douleurs osléocopes. etc.,

811 LIVRE lïl. — MALADIES DES ANNEXES DE l'(EIL.

H'âvàîërit dispàrii qu'au bout de trois ans. J'ai connu une jeune Mlle lymphatique qûi fut âttâquée d'une carie de l'orbite trois mois après qu'elle se fut heurté le front contre l'angle d'une chaise. La tumeur ayant été ponctionnée, tout allait bien du côté de l'œil, quand l'enfant succomba dans le marasme et avec un abcès par congestion à l'aine droite, que Sanson attribua à une carie de l'os des des. Lors de mon séjour à Vienne, Jaeger ouvrit une orbitocèlc purulente, accompagnée d'une carie de la paroi supérieure de l'orbite, chez un militaire d'un teint blême, d'une constitution éminemment cachectique, et qui, quelques mois auparavant, avait eu la gale, puis un impétigo du cuir chevelu. Quoi qu'il" en soit, la carie de l'orbite débute habituellement par une tumeur régnant le long de l'arc supérieur ou inférieur de l'orbite, tumeur circonscrite, plus ou moins élevée, élastique. Comme dans cette période du mal, elle est constituée par une saillie du périoste décollé et soulevé par un liquide sous-jacent, il n'est pas rare que des praticiens l'aient prise pour un kyste. Le globe est plus ou moins refoulé vers la partie opposée à celle qu'occupe la lésion osseuse. Chez la jeune fdle dont il a été précédemment question, cet organe était déprimé à 8! ou 10 millimètres plus bas que son congénère, et la moitié externe du sourcil était portée en haut , la maladie ayant envahi la paroi supérieure de la cavité. La paupière qui lui correspond est communément frappée d'un certain degré d'œdème. Si l'affection, dont la marche est lente, est abandonnée à elle-même, la peau, qui la limite en avant, devient rouge, parfois violacée; la protubérance contracte une fluctuation plus ou moins marquée et devient culminante; elle s'ouvre enfin, passe à l'état fistuleux et donne issue à un pus sanieux. mal lié. Un stylet mousse, engagé dans l'orifice, trouve l'os découvert et rugueux ; son extrémité traverse un mélange de parties molles et de parties dures qui forment la substance de l'os carié. Peu à peu la cavité se déterge, se couvre de granulations, se rétrécit et se cicatrise, le tégument externe de la paupière se rétractant en infundibulum vers l'os auquel il se soude. Ainsi se trouve souvent engendré l'ectropion ou le lagophthalmos, surtout quand l'abcès, abandonné à luimême, a détruit une partie considérable du tissu cellulaire et a décollé la peau dans une grande étendue. On a vu la collection purulente se frayer une route vers la narine, vers l'antre d'Hyghmore. Son irruption dans la cavité crânienne a plus d'une fois causé la mort, d'où le principe d'ouvrir ces tumeurs d'aussi bonne heure que possible.

Les portions d'os que l'exfolialion fournit dans la carie de l'orbite se présentent sous forme de minces esquilles, qui sortent avec le pus du sein de la plaie. Les fragments nécrosés de quelque importance n'existent habituellement que par suite de lésions traumatiques graves, et surtout produites par des armes à feu. En exerçant ses ravages sur le système osseux, la lèpre en engendre soment la nécrose, et c'est notamment à la face, et plus particulièrement à l'orbite, ' qu'on observe, d'après Carron du Villards, ces mutilations hideuses.

L'induration permanente des parois de l'orbite présente parfois la forme appelée eœostose éburnéè. Occupe-t-elle une partie rapprochée du rebord orbitaire, le toucher constate une saillie dure, arrondie, unie, parfois inégale, se continuant avec les surfaces osseuses limitrophes.

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