‹ Traité théorique et pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 380 sur 501 · CHAPITRE r. — MALADIES DE l'qRBITE · texte numérisé non relu

CHAPITRE r. — MALADIES DE l'qRBITE

Observation LXXXVIII ». — Josépliine Bouquin, âgée de deux ans et demi, fut conluiie à mes consultations cliniques le 22 novembre 1848. L'œil gauche, chez elle, élait iué de ses propriétés physiologiques. L'œil droit proéminail assez pour ne pouvoir être mpléiement masqué par les paupières; il était dévié vers la tempe. La conjonctive moniraii à peine quelques traces d'injeciion. Bien que la vision fût conservée, la jeune malade avait un air étonné et hagard, par suite , bien certainement, delà diplopie, qui devait provenir de la désharmonie des axes visuels.

Justement alarmée de cetélat, pour lequel une opération chirurgicale avait été proposée, la mère annonça que, dans la première semaine de novembre, sa fille avait été atteinte d'une scarlatine, qui avait parcouru ses périodes sans inspirer d'inquiétude. Sors de la desquamation , la face se gonfla, et Ton constata la protubérance du globe, après la cessation à peu près complète de cet œdème. Diagnostiquant un exophthalmos pâr infiltration du tissu cellulo-adipeux de l'crbile, je conseillai des bains de vapeurs a domicile, des frictions derrière les oreilles avec une pommade additionnée d'huile de croton, des onctions sur le front avec l'onguent napolitain camphré et les poudres de Plummer. Je prescrivis qu'on prît toutes les précautions nécessaires pour que l'enfant fût tenue chaudement.

Le Ti, le globe paraît moins saillant ; le strabisme divergent persiste, bien que plu? faible peut-être. La cornée droite semble gagner sans obstacle le grand angle, quand l'autre œil se porte du côlé de la tempe qui lui correspond.

Des éléments thérapeutiques analogues à ceux que nous avons précédemment cités, la tisane de bourrache, avec addition de teinture de semences de colchique, quelques ffliuoralifs, etc., composèrent la suite de la médication jusqu'au 12 décembre suivant, époque à laquelle j'eus la satisfaction de constater une guérison radicale.

La disposition récemment décrite sous le nom de cachexie exophthalmique ou t'exophlhalmie cachectique a donné lieu, il faut en convenir, à de Lien étranges «^positions. Le docteur Stokes y voit une forme spéciale de névrose cardiaque ffans son opinion, la maladie consisterait dans une altération fonctionnelle caractérisée par une excitation permanente du cœur et des artères du cou à laquelle se joignent, comme épiphénomènes, l'extrusion des globes et le gonflement de la thyroïde ». M. Aran invoque une affection primitive du grand sympathique, théorie vers laquelle incline le professeur Trousseau". Nous croyons que, dans les conditions qui nous occupent, l'exorbitisme doit être rapporté tantôt a une stase sanguine vers le réseau vasculaire de l'orbite, chez les sujets enclins aux congestions céphaliques ou sous l'influence d'une lésion quelconque capable de gêner la circulation de cette cavité, tantôt à un engorgement œdémateux de son tissu cellulaire, tantôt enfin à ces deux conditions réunies et en vertu desquelles l'enceinte orbitaire devient insuffisante à loger les parties

xTPa"ZCn exop™ttlmos sur-em après ,a searlaUne

'Demours cite le fait d'une jeune fille, âgée de onze ans, dont l'œil gauche proémi m de «ro.s ou qua.re millimètres environ depuis trois années « Elle a dit S Y naissance une prédisposition a un engorgement de la thyroïde Sa m e qti ' IT " . «a même prédisposition, a un goitre depuis première 2lï >Y n ^

» cl- ; ; MvaT' el a acquis le volume d',me po™. » 8

Gazelle hebdomadaire, année 1860, p. 834.

820 UVUK m. MALADIES II ES ANNEXES DE l'(E1L.

qu'elle contient flans son état habituel. 11 y a lieu de remarquer, d'ailleurs, que plusieurs des malades de ce genre ont éjé trouvés atteints de désordres organiques du système circulatoire; d'autres étaient sous l'empire d'une ehloro-anéinie poussée àses dernières limites, d'où l'expression à'epcophthalmie anémique adoptée par quelques observateurs. Or, ces maladies ne sont-elles pas celles qui donnent lieu le plus souvent à des suffusions séreuses, tant générales que locales? A la longue, les graisses orbitaires s'hyperlrophienl, et s'épaississent dans une région plus ou moins étendue. C'est ce qui, d'ailleurs, a été vérifié par l'autopsie.

M. Robert Taylor, qui s'est livré à quelques recherches sur la l'orme pathologique dont il s'agit, a posé les corollaires suivants qui se rapprochent des données précédemment exposées. Elle serait liée, d'après lui : 1» à des maladies débilitantes où un grand épuisement a été engendré par des héraorrhagies; 2e à | l'anémie; 3e à un état particulier du système nerveux, dans lequel il y a tendance aux spasmes des muscles du cou. Le résultat de tels spasmes serait un empêchement au retour du sang de la tète, qui produirait l'hypérémie de la glande thyroïde et la dilatation des veines de l'orbite, d'où l'exophlhalmos. M. Taylor signale une circonstance digne d'être notée. Sur vingt-quatre cas, les i femmes figuraient pour vingt et les hommes pour quatre. L'affection chez ces • derniers était associée aux désordres les plus graves du cœur.

traitement.— Quelle que soit la base delà médication mise en œuvre, il*' aura souvent avantage à seconder la résorption de la sérosité épanchée dansAsM mailles du tissu cellulaire de l'orbite par l'établissement d'une eompressiojJ douce et méthodique sur les paupières et le globe. On peut n'y avoir rertjH que pendant la nuit. L'on y renoncerait si elle fatiguait le malade, si elle para* sait, en un mot, plus nuisible qu'utile.

Article 3. — Emphysème de l'orbite.

Constituées par l'introduction et le séjour de l'air dans le tissu cellulaire de l'orbite, les tumeurs gazeuzes de cette cavité reconnaissent pour point de dé- ' part les causes qui peuvent donner lieu à l'emphysème palpébral dont nous parlerons dans le chapitre suivant et qui leur est associé à des degrés variables. Les symptômes de cette infiltration sont, outre le boursouflement et la crépitation des paupières, un exophthalmos plus ou moins prononcé, et qui s'exaspère sous l'empire de toutes les conditions qui font affiner l'air dans l'orbite. La principale d'entre elles est l'action de se moucher, en comprimant fortement les narines, quand une communication anormale s'est établie entre la cavité nasale

et la cavité orbitairc.

Bénigne par elle-même, cette affection, fort rare d'ailleurs, n'empruntes gravité qu'à celle des désordres qui l'accompagnent. 11 y aura lieu, dans que ques eus, d'ouvrir les téguments avec la lancette, pour livrer passage à lair. jusqu'à ce qu'on ait obtenu la guérisou de la maladie principale.

CIIÀPITRB I. — MALADIES DE l'ORBITE

TUMEURS ENKYSTEES , L1POMATEUSES , CANCEREUSES ET SANGUINES

Page 1