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CARACTÈRES PHYSIOLOGIQUES

Article 1. — Altérations de la vue.— Sensations diverses.— Photophobie.

— Douleur.

Les mutations susceptibles de surgir dans l'acte de la vision peuvent être divisées en quatre groupes. Tantôt il y a diminution dans l'intensité des perceptions visuelles; tantôt des modifications se sont établies dans la portée de la

1 Je vois journellement, à mon dispensaire des médecins trouver la papille dès la première séance, tandis qu'ils s'étaient auparavant servis d'ophihalmoscopes a main fans pouvoir la découvrir.

CHAl'lTRK I. — DIAGNOSTIC, 73

vue. -Dans quelques cas, et qu'un sujet, d'ailleurs, soit myope ou presbyte, son champ visuel a subi, dans une certaine étendue, une limitation plus ou moins prononcée; dans d'autres, enfin, le malade voit, mais la fonction en souffrance offre des anomalies et des bizarreries de tout genre. Ces quatre éléments Slasso- Oient très-fréquenimenl l'un à l'autre.

La diminution de la vision, depuis un abaissement léger de cette fonction jusqu'à la cécité la plus complète, est un phénomène commun à un grand nombre de lésions optttbalmiques. La simple privation de la vue, dans laquelle le malade a conscience encore de l'existence de la lumière, ne doit pas être confondue avec son anéantissement radical, qui plonge le sujet dans des ténèbres épaisses, distinction importante eu égard au pronostic des entreprises chirurgicales. On a constaté que c elait surtout quand la cécité dérivait d'une amaurose cpic se manifestaient, chez l'aveugle-né, un état de calme et d'engourdissement et île l'inaptitude aux fonctions locomotrices. 11 y a communément plus de vivacité parmi les individus chez lesquels l'appareil oculaire a été mis hors de service par la variole, par l'ophthalmie purulente, que chez ceux dont le cerveau a été affecté. Les premiers, qui reçoivent encore une sorte d'impression de la lumière, ont avec nous plus d'affinité, eu égard à l'activité vitale. Ne pourrait-on pas en déduire, dit Mr Dufau, que le fluide lumineux, en déversant sur nous ses rayons, devient, par son action directe sur la rétine et indirecte sur le reste du système nerveux, uu stimulant qui excite l'organisme tout entier et provoque en lui le mouvement.

Le docteur Duchcsne a fait la remarque que les aveugles sont passionnés pour les feux d'artifice, et que non-seulement ils se plaisent à assister à ce divertissement, mais distinguent encore les diverses pièces d'artifice par les bruits variés qu'elles produisent. Cette observation justifie cette proposition de M. Bonnafont que, l'aveugle n'étant pas détourné par les impressions du sens de la vue, son attention se concentre sur celles que l'ouïe lui permet de recueillir.

Parfois, les désordres matériels sont faibles en apparence, et une altération considérable a envahi les perceptions visuelles. Dans d'autres circonstances, par contre, les mutations pathologiques semblent avoir acquis un haut degré de développement, et la vue reste bonne. Telles sont certaines choroïdites, dites atrophiques, dans lesquelles l'ophlhalmoscope nous révèle des bigarrures très-marquées au fond des globes, tandis que le sujet peut lire et distinguer les corps les plus minutieux. Mais, souvent aussi, les rapports existant entre les lésions fonctionnelles et les altérations matérielles d'où elles dérivent spnt constatâmes à l'observation. Quelques obstacles placés dans le champ pupillaire rentrent dans cette catégorie.

^ Dans un grand nombre de conditions pathologiques, le trouble des perceptions visuelles est permanent, bien qu'il soit susceptible d'être influencé par une foule de circonstances éventuelles qu'il serait trop long d'énumérer ici • dans d'autres, dans l'héméralopie, par exemple, il n'est que temporaire. Les ophthalmies qualifiées do catarrhales sont plus particulièrement associées à une perturbation de la vue qui survient au déclin du jour. Lorsque quelques sujet, se mettent à lire, ils distinguent bien les premières lignes, mais, au bout d'un

lmu': — C0NS1DÉUAT10N8 GENERALES.

certain temps, d'autant plus court, en général, (pie le mal s'éloigne de son- origine, les lettres s'embrouillent, les lignes dansent, tremblotent, se superposent les unes aux autres; un voile semble se placer entre les yeux et les caractères d'impression, et le malade ne peut plus continuer sa lecture. Prend -il cpiehptes moments de repos, vient-il même à exercer quelques frictions sur ses paupières fermées, la lecture, la couture deviennent possibles; un trouble nouveau succède rapidement à cette tentative. Telle est la kopiopie ou l'asthénopie, dans la production de laquelle on attribue aujourd'hui un rôle capital au muscle ciliaire. Le phénomène qui lui est opposé, celui dans lequel les objets ne sont distingués qu'après qu'ils ont été quelque temps fixés, est le visus increscens, disposition plus rare, qu'on ne rencontre guère que dans certaines amauroses torpides, invétérées, dans lesquelles quelques efforts semblent nécessaires pour que la rétine se relève de son inertie.

L'examen de la détérioration visuelle devra être fait et sur les deux organes en même temps et sur chacun d'eux en particulier. L'échelle de caractères d'imprimerie, qui sera produite à la fin de cet ouvrage, est tout aussi utile pour l'exploration dirigée dans ce but que pour la constatation de la force d'acconfmodation des yeux aux différentes distances.

Quand un œil est perdu depuis longtemps, son congénère, habitué à regarder seul, s'acquittera avec facilité de tous les actes de la vision. Montrez au malade l'anneau d'une clef, et invitez-le à y faire entrer rapidement l'index, ce doigt le franchira sans hésitation. Un œil, au contraire, est-il depuis peu hors de service, le globe sain sera souvent gêné dans l'exercice de la fonction qui lui est dévolue ; son accomplissement sera traversé par de l'incertitude, par des erreurs même, il est rare, dans de tels cas, que l'indicateur pénètre d'emblée dans l'anneau montré d'un peu loin; le doigt glissera presque constamment sur les côtés de ce corps. C'est pour le même motif qu'on voit de tels sujets se blesser les mains avec les instruments dont ils se servent pour leurs travaux, et trouver dans leurs propres yeux la source de toutes sortes de mécomptes. Ces phénomènes peuvent surgir encore dans la paralysie de la troisième ou de la sixième paire, et toutes les fois, en général, que le. manque d'assurance de la vision ne permettra pas au malade d'en régulariser l'exercice. « Quand je veux mettre un entonnoir dans une bouteille, me disait le marchand de vin Dupré, je le place à côté ; ma maladie semble avoir changé la situation des choses. »

Les modifications qui%surviennent dans la portée de la vue se rattachent à l'étude de la myopie et de la presbytie dont il sera question plus tard. Remarquez qu'elles ne sont pas toujours congénitales; des amauroses et même des maladies légères en apparence, comme une conjonctivite, les occasionnent quelquefois. On a vu la myopie s'établir à la suite d'une ophthalmie granuleuse, d'une fièvre intermittente, d'un bain froid, etc. J'ai été consulté par un menuisier, qui, devenu myope, il y avait six ans, dans l'espace de huit jours et sans cause appréciable, fut obligé, depuis lors, de faire usage de verres concaves. Chez certains sujets encore, chaque œil est pourvu d'une portée de vue différente.

Les conditions du champ visuel, en ce qui concerne la vision centrale et

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