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CHAPITRE II.— MALADIES DES SOURCILS ET DES PAUPIERES

caractères an ATOMIQUES et physiologioi.es.— (l'est surtout chez les entants, Cl, en général, entre un an et trois ou quatre ans, qu'il est fréquent de rencontrer l'impétigo et l'eczéma impétiginodes des voiles palpébraux. Les pustules, qu'accompagne un prurit plus ou moins ardent, se rompent, et l'humeur visqueuse qu'elles laissent échapper se dessèche en croûtes jaunâtres qu'on a comparées a du miel concret. Telle est la mélitagre d'Alibert; crusta lactea, cnista serpiginosa de plusieurs autres auteurs. Les pustules subissent souvent avec tant de rapidité la transformation croûteuse, qu'on a quelque peine à en découvrir l'existence, et quand les croûtes sont constituées, elles acquièrent de l'épaisseur par la concrétion de l'humeur que les surfaces excoriées continuent à exhaler sous elles. Les paupières sont fréquemment occupées par un gonflement considérable. 11 n'est pas rare que le système glandulaire s'engorge et se tuméfie dans la région parotidienne ou sous la mâchoire. Dans quelque cas, l'éruption est bornée aux voiles palpébraux; dans d'autres, elle envahit en même temps les tempes, le cuir chevelu, etc. Il arrive parfois enfin que les paupières participent à une dermatose qui couvre la figure d'une sorte de masque (porrigo larvalis). La rétraction, qui s'empare des téguments, donne très-fréquemment lieu à l'extroversion de la paupière inférieure. L'ectropion et le larmoiement qui en résulte disparaissent constamment, dès que l'enveloppe cuianée est revenue à son attitude primitive.

Dans l'éczéma non impéligineux, les vésicules contiennent un liquide moins épais comme séreux, la peau n'offrant presque pas de changement de coloration ou contractant une rougeur variable. Une desquamation se montre, par suite de la dessiccation des vésicules, ou bien celles-ci se déchirent, d'où des excoriations et un suintement plus ou moins abondant. J'ai vu la blépharite eczémateuse avoir pour source un écoulement irritant provenant de l'œil, de même qu'une leucorrhée chronique peut entretenir un éczéma dans les parties qui en subissent le contact.

Les docteurs Cazenave et Schedel décrivent sous le nom de psoriasis ophthalmique une dermatose caractérisée par l'apparition de petites squammes aux angles des yeux et aux paupières, qui deviennent tendues et éprouvent dans leurs mouvements de la gêne. Tantôt, disent ces auteurs, elle existe seule; tantôt elle accompagne une disposition semblable de la face, et l'inflammation conjonctivale,qui lui est associée, est habituellement assez rebelle. C'est surtout chez les sujets lymphatiques et à peau délicate et fine, que je vois souvent les bords palpébraux et la région cutanée qui les côtoie occupés par une teinte rosée sur laquelle se dessinent des pellicules écailleuses blanchâtres, des exfoliations furfuracées et farineuses comme celles du pityriasis.

traitement. — Si la brusque suppression des gourmes qui envahissent, chez les jeunes sujets, le cuir chevelu et les oreilles offre souvent des inconvénients graves, il y a par contre des avantages incontestables à les délivrer des éruptions dermaliques qui sont venues atteindre les voiles palpébraux. Les eclropions les conjonctivites opiniâtres, qui en dérivent, fatiguent l'organe visuel ainsi prédisposé à devenir le siège de lésions plus fâcheuses et que les complications existantes ne sauraient qu'entretenir et qu'aggraver.

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Quand les blépharites impétigineuses sont récentes, je recommande habituellement des lotions adoucissantes tièdes; je fais saupoudrer les surfaces excoriées avec la pondre d'amidon seule ou additionnée d'oxyde de zinc (15 grammes d'amidon pour 1 ou 2 grammes d'oxyde) et j'associe à ce traitement local quelques préparations dérivalives et dépuratives, un mélange, par exemple, de sirop de chicorée et de sirop de pensée sauvage. Les frictions derrière -les oreilles, avec une pommade irritante, peuvent solliciter une révulsion utile. Je réussis souvent mieux, dans l'espèce, avec ces moyens simples qu'avec les topiques conseillés par les auteurs. Les croûtes tombent après un temps variable, laissant à découvert une surface rouge, d'où suinte une sérosité moins épaisse et qui forme decroûtes plus minces que celles qui les ont précédées. Quand la maladie tend à la guérison, les croûtes ne se reproduisent plus, la rubéfaction de la peau s'évanouit graduellement et reprend enfin sa coloration primitive. Quelque défigura d'ailleurs qu'aient été les jeunes sujets porteurs de ce genre de désordres, on peut être rassuré par l'idée que ces excoriations superticielles ne laissent jamais de traces après elles.

La dermatose est-elle plus ancienne et plus tenace, les croûtes qui se détaj client par plaques, pour mettre à nu une surface ulcérée d'un rouge livide, sa reproduisent-elles avec constance, j'attaque plus énergiquement le mal, sans négliger les moyens les plus propres à améliorer la santé générale. Je mentionnerai comme topiques avantageux, dans de telles conditions, lecérat calaminaire ou de Turner, que je fais préparer avec 2 à 4 grammes de calamine en poudre pour 15 grammes de cérat ordinaire, et la pommade au précipité blanc (l uu 2 grammes de celui-ci pour 15 d'axonge). Les pommades à l'oxyde rouge de mercure (1 gramme de ce dernier pour 15 grammes d'axonge) ont été employées avec fruit contre ces dermatoses, que Biett a souvent combattues avec la pommade de Farnier (p. 167). -Il faut, avant leur application, faire tomber les croûtes à l'aide de cataplasmes ou en les ramollissant avec un corps gras : le beurre, le saindoux, la pommade de concombres, etc. Je suis parvenu à guérir plusieurs blépharites de ce genre en couvrant la paupière affectée d'une pale préparée avec le sous-nitrate de bismuth et quantité suffisante d'eau.

Dans les éruptions croûteuses des lèvres, du nez et de la face en général professeur Trousseau est dans l'habitude de faire pratiquer une ou deux fois pa jour des lotions avec de l'eau très-chaude, à laquelle on ajoute, par verre de liquide, d'une à trois cuillerées à bouche d'eau phagédMque *. J'ai' vu Aliherl prescrire, dans la période active de ces inflammations, une décoction de son, de feuilles de mauve et de têtes de pavot, et la remplacer plus tard par l'eau de Baréges affaiblie (une à deux cuillerées à bouche de celle-ci par verre de liquide).

S'agit-il, chez les adultes, de dermatoses palpébrales chroniques, on aura généralement recours aux remèdes dont l'efficacité contre les dartres a été vérifiée par l'expérience : lotions avec un mélange de 2 à i grammes de borax,

1 Le dosage, le plus habituel de l'eau phagédénique comprend 40 centigrammes de sublimé corrosif pour 125 grammes Veau de chaux. Il faut agiter le mélange avant de s'en servir.

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