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CHAPITRE II. — MAI.xniKS DES SOURCILS ET PF,S PAUPIERES

ISO gi-ammes .l'eau distillée et 50 centigrammes d'essence de Portugal (Cazefeve); eau de son additionnée, pour 230 grammes de liquide, de 2 a 6 grammes de sous-carbonate de soude. Rien n'est salutaire comme des lotions effectuées soir et matin, et après la chute préalable des croûtes, avec une solution de 15 centigrammes de bichlorure de mercure, 125 grammes d'eau distillée et 3 ou 4 grammes d'alcool de citron. Je recommande parfois encore, pour cette même destination, une liqueur composée de 10 centigrammes de sublimé, 25 centigrammes de chlorhydrate d'ammoniaque et 250 grammes de lait d'amandes. Les pommades ci-dessus mentionnées ou d'autres, dans lesquelles- on fait entrer l'alun, le sulfate de fer, etc., peuvent être indiquées. J'ai vu chez une femme un vaste impétigo de la paupière inférieure complètement disparaître sous l'influence de cautérisations avec le nitrate acide de mercure. L'ectropion qui lui était associé s'évanouit; le voile ne subit aucune déformation; huit années après, la guérison durait encore. Il est à peu près superflu d'ajouter qu'un grand nombre de cas de ce genre peinent militer pour la prescription d'une médication interne.

Article 7.— Affections syphilitiques des paupières.

Les ulcères syphilitiques qui envahissent les voiles palpébraux s'y montrent tantôt comme accident primitif, tantôt comme accident secondaire de la vérole. Chez une malade âgée de vingt-quatre ans, dont l'observation a été recueillie à ma clinique par le docteur Dupré' , un ulcère, qui occupait presque toute la longueur de la paupière supérieure droite et la moitié environ de sa hauteur, se montrait sous forme d'une plaque d'une telle dureté que je crus tout d'abord que la paupière était retournée et qu'on voyait là le cartilage tarse. Cette plaque, d'un rouge grisâtre, fournissait une mucosité sanieuse et était côtoyée en bas par le bord palpébral, dégarni de cils. Sous l'influence de l'usage interne du sublimé, qui fut prescrit pour la première fois le 2 mai 1857, et de quelques moyens locaux, la cicatrisation était complète le 4 juillet suivant; quelques croûtes adhéraient seules au bord libre; les cils repoussaient, et toute trace de la maladie avait peu à peu disparu. Un autre malade m'offrit sur la région du sac droit un ulcère syphilitique nettement circonscrit, à fond comme libro-cartilagineux, et présentant l'aspect d'un petit médaillon circulaire.

Les accidents du genre de ceux dont il vient d'être question ont pour origine le transport direct du virus contagieux sur la région où ils siègent. Un baiser d'une personne infectée en a été parfois la source; ce sera, dans d'autres cas, une serviette, une éponge ou la main entachée du même principe. M. Ricord a relaté l'histoire d'un avocat qui présentait à la paupière inférieure, vers le grand angle, une tumeur dure, rénilenlc, élastique, à surface rouge et granulée. Les ganglions péri-auriculaires et cervicaux postérieurs étaient tuméfiés; des taches exanthémateuscs couvraient la surface du corps. Au grand étonnement du praticien qui accompagnait le consultant, M. Ricord établit ce diagnostic : chancre

1 Dupré, Dp* affeeli on* syphilitiques du globe oculaire, Paris, 18-!>7.

SiC» LIVRE III. — MALADIFS DES ANNEXES DE l'cKIL.

induré du grand angle de l'œil ; adénopatliie secondaire cervicale; roséole syphilitique. Or le malade se rappela qu'élanl couché avec une femme, et après cer. tains attouchements, il fut pris d'une vive démangeaison à l'œil, vers lequel il dirigea la main, et qu'il frotta pendant un temps assez long. La paupière n'était devenue malade que depuis cette époque.

On a vu des chancres contracter les allures des ulcères phagédéniques et dévorer graduellement la peau, le cartilage, la conjonctive, la paupière devenanj la proie d'une destruction complète. Dans plusieurs des cas de ce genre, le péril ne fut conjuré que par l'appréciation judicieuse du mal et la prescription d'un traitement approprié. L'aspect extérieur de ces plaies étant essentiellement variable, c'est moins à leurs caractères propres qu'aux symptômes concomitant* qu'on reconnaîtra la nativre de la maladie.

C'est généralement sur l'enveloppe cutanée des voiles palpébraux, et assez communément vers leur bord libre, que surgissent les ulcères vénériens'. Je n'en ai jamais constaté l'origine sur la paroi conjonctivale, comme Lawrence paraît l'avoir observé. Un aegylops syphilitique a eu parfois pour résultat l'éros sion du sac et la formation d'une fistule.

La paroi palpébrale externe peut être le siège de syphilides papuleuses, pustuleuses ou autres. On a encore mentionné une forme vénérienne qui semble fort rare : les condylomes des paupières, excroissances du bord libre, molle- ou dures, et parfois sèches et crevassées.

traitement. — Les ulcères syphilitiques des paupières réclament impérieusement l'administration des hydrargyriques à l'intérieur; nous prescrivons presque toujours le bichlorure de mercure dans des circonstances pareilles. Si lu plaie est indolente, il peut devenir utile de la cautériser avec la pierre infernale, de la panser avec l'eau phagédénique affaiblie ou pure, avec la teinture d'iode iodurée (teinture d'iode et eau distillée, de chaque, 8 grammes; Lodure de potassium, 50 centigrammes). Le vin aromatique, le vin au tannin d gramme de celui-ci pour 30 grammes de vin), un mélange de parties égales d'onguent napolitain et de cérat seconderont parfois avec avantage la cicatrisation de l'ulcère.

Si l'on rencontrait des condylomes palpébraux analogues à ceux qu'on trouve décrits dans les auteurs, rien ne serait plus indiqué que d'associer à un traitement spécifique l'excision des excroissances, avec des ciseaux courbes, et la cautérisation de leurs racines avec la pierre infernale.

iOn lit dans le t. XL1V des Annales d'oculislique (document extrait delà pr3iique de M. Hulchinson) : « Quand la lima tarsi a pour origine la syphilis, soit héréditaire, soit acquise, on peut d'ordinaire la reconnaître à celte circonstance, que de petites plaques ulcérées, à bords abrupts, s'étendent à partir des cils vers la surface cutanée des paupières. Ces ulcérations ont une forme irrégulière, et s'observent le plus ordinairement près des angles. Il résulte de leur présence que les paupières paraissent le siège d'une grande irritation et d'une grande altération. La linea tarsi syphilitique est très-rebelle au traitement, à moins que l'on n'ait recours aux remèdes spécifiques. »

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