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CHAPITRE II.-7-MA1AD1ES DES SOURCILS F.T DES PAUPIÈRES

L cavité orbitaire cl donner lien à l'extrusion momentanée du globe, (p. 820). I o déchirement d'un des conduits lacrymaux par une vulnération de l'angle interne, et même, a-t-on dit, par suite d'un éternument violent ou de l'acte de se moucher, peut encore donner lieu au phénomène qui nous occupe.

Les cas du genre de ceux dont nous venons d'indiquer le mécanisme se présentent très-rarement dans la pratique, bien que tous les oculistes aient été appelés à on constater un certain nombre. Dupuytren donna des soins, à l'Hôtel- Dieu, à un homme, qui, frappé, à la poitrine et à la tête, par un éboulement de hu re, vit se développer subitement, en se mouchant un quart d'heure après, un emphysème palpébral au côté gauche. La tuméfaction était assez considérable pour que l'œil fût complètement couvert. Le professeur pensa qu'il y avait eu fracture de l'os unguis ou de la lame plane de l'ethmoïde, et que si l'infiltration n'avait pas immédiatement suivi l'accident, c'est que les parties molles qui tapissent ces os n'avaient point été déchirées, tandis qu'elles le furent plus tard par la colonne d'air que le malade refoula vers ces tissus en se mouchant. Dans une autre observation, extraite de sa pratique, il s'agit d'un jeune homme qui reçoit une forte contusion au nez et qui n'est pris d'un emphysème des deux paupières, à l'œil gauche, que quelques heures après, dans les efforts auxquels il se livre pour se moucher. Comme la turgescence emphysémateuse eut l'un des côtés du nez pour point de départ, Dupuytren présuma que le cartilage avait été décollé du bord inférieur de l'os carré correspondant, et qu'il y avait en même temps dans ce point déchirure de la membrane pi tui taire.

traitement. — L'emphysème des paupières s'est parfois évanoui en peu de jours, sous l'influence d'applications résolutives, du repos et du soin pris par les malades d'éviter les secousses violentes et de ne point se moucher avec force. Les deux sujets traités par Dupuytren étaient rétablis au bout de cinq jours. La gravité de la vulnération peut prolonger néanmoins la durée de la cure. Dans un cas d'emphysème des paupières, récemment publié par le docteur Igonnet (de Sainte-Foi), et qui était lié à une perforation du coronal \ il fallut six semaines pour obtenir l'oblitération de l'ouverture du sinus frontal.

Article 3.— Verrues et excroissances cornées des paupières.

caractères anatomiques et physiologiques. — Les verrues ou porreaux des paupières dépassent rarement les dimensions d'un pois-chichc ; élevées au-dessus de la paroi cutanée de ces voiles, elles suivent les mouvements de glissement qu'on lui imprime et ont habituellement la couleur de la peau. Elles occupent parfois les Lords palpébraux. .l'ai donné des soins à une jeune fille, chez laquelle un grand nombre de vernies surgirent aux paupières et sur la région du sac gauche, après que des excroissances semblables eurent envahi ses mains. Tantôt une verrue est fixée par un pédicule (verruca pensilis, verrue pendante) ; tantôt elle, repose sur une hase large (verruca sessilis, venue plate). Chez un homme observé par le professeur d'Ammon, une verrue, développée sur le milieu de la

1 Union médicale, année 1 857, p. .'502.

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paupière supérieure, avait la forme d'un plumet. Une petite éminence la consti, tuail au début; peu à peu les ('cailles épidermiques s'étaient allongéi ^'amincissant à leurs extrémités, au point de donner à l'ensemble de la tumeur l'aspect d'un panache. Son intérieur contenait des vaisseaux.

Comme Bcer, j'ai rencontré quelquefois, surtout chez des femmes blondes des verrues filiformes, blanches, tout à fait insensibles, et occupant plus particulièrement la paupière supérieure, vers le bord ciliaire. Le professeur de Vienne n'en a presque jamais observé chez les hommes. La variété de verrues décrites par M. Sichel au tome XX des Annales d'oculistique n'est peut-être que celle de Beer. M. Sichel, en effet, n'a constaté ce genre d'excroissances que dans le sexe féminin et chez les sujets lymphatiques; leur couleur est rosée, peu différente de celle de la peau, quelquefois un peu plus pâle; leur longueur est de 1 à 3 millimètres; elles procèdent par groupes de huit à vingt, qui se distribuent surtout aux paupières supérieures. Dans l'opinion de M. Sichel, quand des verrues isolées ou en petit nombre occupent les voiles palpébraux ou les parties voisines, " elles se composent d'épilhélium, de tissu cellulaire et de vaisseaux sanguins, et présentent les caractères généraux qu'elles offrent ailleurs, aucune cause générale ne pouvant en expliquer la production. Quand, au contraire, ces tumeurs se développent par groupes, elles se lient à une constitution lymphatique ou à une affection scrofuleuse; malgré plusieurs caractères qui leur sont communs avec les verrues proprement dites, elles en diffèrent en ce qu'elles sont le produit d'un développement anormal des follicules sébacés de la peau. Dans son état primitif, en effet, chacune de ces excroissances se montre sous forme d'une élévation jaunâtre ayant la configuration et la couleur d'un grain de millet ; la pression en exprime une véritable matière sébacée. À leur dernière période, elles présentent un ombilic d'une couleur sale, qui diffère de la coloration du reste de leur surface ; au bout de quelque temps, la substance, qui le constitue, se détache à son pourtour; la pression peut la faire sortir en prolongement cylindrique ou filiforme, de la même teinte grisâtre ou blanchâtre tirant sur le jaune. Plus tard enfin, ce filament s'échappe spontanément, la végétation contractant un aspect hérissé et inégal, ou bien encore le contenu de la tumeur se résorbe sans être éliminé. M. Sichel ajoute qu'il a souvent réussi, sans aucun traitement local, à opérer en deux mois environ, la guérison de ces fausses \ei rues, par l'emploi de moyens dirigés contre ladiathèse lymphatique.

Des excroissances cornées ont encore été constatées sur la paroi cutanée des paupières. Chez un malade, cité par M. d'Ammon, la corne, qui existait au voile supérieur, s'était contournée en bas et avait 6 millimètres de diamètre. On reconnut à la loupe, à la suite de l'extirpation de la tumeur, qu'elle consistai» en une masse homogène composée de lamelles juxtaposées. Le point où elle adhérait à la peau était occupé par une substance intermédiaire qui ressemblait à une glande sébacée épaissie.

traitement. — On employait autrefois les sucs acres et corrosifs de la joubarbe, delà grande chélidoine, le lait du figuier, etc., avec lesquels ontouchaitlasuper- (icie des vernies. On s'est encore servi de la poudre de sabine mêlée au miel, d'une solution concentrée de sublimé, de chlorhydrate d'ammoniaque, de. I û

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